Galliano avoue une triple addiction à l'alcool, aux somnifères et au valium

le 22 juin 2011 à 05h00 , mis à jour le 22 juin 2011 à 20h50

Dossier : John Galliano

Le procès pour injures antisémites de l'ancien couturier de la maison Dior, John Galliano, s'est ouvert devant le tribunal correctionnel de Paris. Il encourt une peine pouvant aller jusqu'à six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende.

[Expiré] galliano © AFP/J. DEMARTHON

On en oublierait presque que ce n'est pas lui la victime. Comme c'était attendu,  John Galliano a plaidé l'addiction pour justifier sa conduite. Devant le tribunal correctionnel de Paris où il comparaissait pour injures à caractère antisémite, il a avoué une triple dépendance à l'alcool, aux somnifères et au valium. Il encourt en théorie une peine pouvant aller jusqu'à six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende, même si la jurisprudence prévoit plutôt des amendes simples. 
  • Le couturier John Galliano reconnu coupable d'injures antisémites

    L'ex-couturier vedette de Dior a été condamné jeudi à 6000 euros d'amende avec sursis pour avoir proféré des injures antisémites au cours d'un incident survenu le 24 février 2011 dans le bar La Perle, à Paris.

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  • John Galliano fixé sur son sort ce jeudi

    Six mois après son départ de Dior, le couturier britannique va savoir ce jeudi si la justice choisit de le pénaliser pour les injures antisémites qu'il aurait prononcées dans un bar parisien fin 2010 et début 2011.

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  • Galliano : l'homme qui a porté plainte ne croit pas "qu'il soit raciste, ni antisémite"

    Philippe se dit "convaincu" que les mots du couturier poursuivi pour injure raciale à Paris "ont dépassé sa pensée", dans un entretien au Parisien, jeudi. "C'était pour lui, avant tout, une provocation", observe le plaignant.

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  • En pleine polémique, un mini-défilé John Galliano sans Galliano

    La marque "John Galliano" a présenté dimanche une mini-collection très applaudie dans le cadre intimiste d'un salon parisien, dans un climat apaisé après l'effroi suscité par les propos antisémites présumés de son créateur.

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  • Dérapage : John Galliano suspendu par Dior

    Le couturier britannique, interpellé à Paris après une altercation avec un couple l'accusant d'insultes antisémites et racistes, a été suspendu de ses fonctions par la maison de couture, "dans l'attente des résultats de l'enquête".

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  • Nouveaux soucis pour Galliano

    A la suite de l'altercation qui a valu au styliste une plainte pour propos antisémites la semaine dernière, une nouvelle plaignante se serait manifestée. Elle veut poursuivre John Galliano pour des faits similaires, survenus un an plus tôt dans le même café, selon Le Parisien. Une vidéo publiée par The Sun fait également polémique, lundi.

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  • John Galliano nie tous propos antisémites ou sexistes

    Le couturier de Dior accusé d'insultes antisémites et les plaigants seraient restés sur leur position, lundi, lors d'une confrontation. Aucun témoin du bar n'aurait entendu d'insultes racistes ou antisémites, lors de l'altercation de jeudi.

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  • Dior se sépare de John Galliano

    La maison de couture a réagi au "caractère particulièrement odieux du comportement" du créateur "dans une vidéo rendue publique lundi", en engageant à son encontre une procédure de licenciement.

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  • Galliano s'excuse pour sa conduite

    Le styliste britannique, accusé d'avoir tenu des propos antisémites et racistes, s'est excusé, mercredi, de "sa conduite qui a pu choquer", mais nie tout antisémitisme, dans un communiqué publié à Londres par ses avocats.

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  • John Galliano très attendu jeudi pour l'ouverture de son procès

    L'ancien couturier de Dior sera présent à l'audience jeudi après-midi pour l'ouverture de son procès au tribunal correctionnel de Paris. Une centaine de médias internationaux couvre l'évènement.

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Costume sombre et cravate bleue, l'air tendu, flanqué d'un garde du corps, le Britannique de 50 ans a du suivre un chemin réservé pour fuir des dizaines de journalistes et arriver dans une salle d'audience bondée deux heures avant le procès.

"J'avais des crises d'angoisse, de panique"

Interrogé sur les insultes dont l'accuse une jeune femme juive, Géraldine Bloch, il a déclaré qu'il ne se souvenait de rien et a livré un récit de ce qu'il a présenté comme une descente aux enfers, au temps de sa gloire. "J'ai commencé à boire de manière cyclique en 2007, la maison Dior marchait bien et je buvais pour récupérer de chaque euphorie créative", a-t-il dit en anglais, les yeux baissés. "J'avais deux enfants, Dior et ma propre maison. La charge de travail augmentait sans cesse, très vite", a-t-il poursuivi. L'addiction s'est aggravée, a-t-il dit, quand il a perdu son ami en 2007. "Il me protégeait de tout. Quand il est mort, on est allés au crématorium, puis je suis tout de suite retourné à mes essayages". Il est alors passé aux barbituriques et aux somnifères, puis au valium, puis à tout en même temps, avec l'alcool. "J'avais des crises d'angoisse, de panique. Ce n'est qu'après ce qui s'est passé que j'ai réalisé que ce mélange était mortel". Il a ajouté qu'il venait de suivre une cure de désintoxication de deux mois aux Etats-Unis, suivie d'une autre en Suisse et qu'il était toujours sous traitement.


Le tribunal a accepté de visionner une vidéo révélée le 28 février par le site internet du tabloïd britannique The Sun où on voit un John Galliano, ivre, insulter des personnes assises à table à côté de lui. Il leur lance: "J'adore Hitler. (...) Des personnes comme vous seraient mortes. Vos mères, vos pères seraient tous des putains de gazés". "Ce ne sont pas des opinions auxquelles j'adhère", "je n'ai jamais eu ces convictions", a réagi John Galliano, avant de s'excuser "pour l'émoi que toute cette affaire a suscité". "Sur la vidéo, je vois quelqu'un qui a besoin d'aide, qui est très vulnérable. (...) Cet homme sur la vidéo n'est pas John Galliano. (...) C'est la coquille de John Galliano, c'est quelqu'un qui a été poussé à bout", a-t-il ajouté. "Toute ma vie, j'ai combattu les préjugés, l'intolérance et la discrimination", a-t-il poursuivi, d'autant que lui-même, en tant qu'homosexuel, dit avoir subi cette discrimination.

"Il m'a dit qu'il fallait que je dégage de son territoire"

De son côté, la plaignante a dressé un portrait peu flatteur du créateur. demandant sans raison de se taire et de partir alors qu'elle était assise à la terrasse du café La Perle le 24 février. Devant son refus, il l'avait injuriée pendant 45 minutes sur ses habits, son physique, sa judaïté, sans que le personnel ne réagisse et avec quelques tentatives d'interposition de son chauffeur. "Ça a été une litanie d'insultes de toutes sortes. A un certain moment il m'a dit qu'il était quelqu'un d'important et qu'il fallait que je dégage de son territoire", a-t-elle raconté. Il lui aurait aussi touché les cheveux en critiquant leur aspect et exprimé le souhait qu'elle meure. Le couturier aurait notamment lancé en anglais : "Je suis Galliano le créateur"  et aurait, selon elle, employé une vaste gamme de mots injurieux, dont des insultes antisémites.
   
Le procès devait se terminer dans la soirée et le jugement doit être mis en délibéré jusqu'au mois de septembre. Au total, trois personnes accusent John Galliano d'injures, Géraldine Bloch et son ami deux le soir de février 2011, ainsi qu'un Asiatique qui dit également avoir subi des injures racistes et une autre personne qui affirme avoir subi le même sort un autre soir d'octobre 2010 au même endroit. John Galliano ne sera en revanche pas jugé pour une vidéo diffusée sur internet où on le voit déclarer qu'il adore Hitler et injurier une interlocutrice. Ce document a joué un rôle dans son licenciement, Dior l'évoquant dans ses communiqués.

le 22 juin 2011 à 05:00
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7 Commentaires

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  • clairelaure19, le 22/06/2011 à 22h07

    Curieux, j"allais lu que Géraldine Bloch n'était pas juive et que d'ailleurs aucun des 3 plaignants n'est juif. Moi j'ai vu sur la vidéo un homme perdu et ivre que faisaient parler des gens qui avaient l'air de prendre beaucoup de plaisir à ce jeu ; D'ailleurs ces gens dont on ne sait rien, ont beaucoup gagné d'argent en la vendant ... Les médias ont créé un précédent en la diffusant... En tout cas pour moi dans cette affaire la vraie victime c'est effectivement John Galliano, licencié même de sa propre marque et ayant au moment des faits subi un lynchage médiatique rarement égalé....

  • francaisdeparis, le 22/06/2011 à 17h33

    L'un n'excuse pas l'autre et vice versa.

  • zrep, le 22/06/2011 à 16h49

    Rien n'est une excuse.

  • untitideparis, le 22/06/2011 à 12h48

    C'est sûr c'est plus grave que la délinquance et la violence

  • urbacircus, le 22/06/2011 à 12h43

    S'il veut plaider la dépendance à l'alcool et aux médicaments, ça devrait être assez facile. Quand on sa tête y a pas trop de doute la dessus. Une bonne petite cure de désintox et vivre d'une façon moins zinzin devrait lui remettre les idées en place.

  • humanoide56, le 22/06/2011 à 12h17

    Il a raison de le faire, l'alcool ou drogue,est aggravant, multiplier par deux !

  • dur6200, le 22/06/2011 à 10h12

    En principe lorsque l'on est connu,on doit faire attention à ses paroles,la notoriété n'autorise pas le laisser aller,c'est comme pour certains hommes politiques...l"exemple vient "d'en haut"! délicat..!

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