Raymond D., salarié de Renault, mort à cause de son travail

Par C.M. , le 09 juin 2011 à 12h32 , mis à jour le 09 juin 2011 à 18h04

La reconnaissance comme accident du travail du suicide, en février 2007, de ce salarié du Technocentre Renault à Guyancourt, a été confirmée jeudi par la cour d'appel de Versailles. Les juges ont souligné le "stress professionnel intense" auquel était soumis le salarié.

Technocentre Guyancourt de RenaultTechnocentre Guyancourt de Renault © LCI

Raymond D., salarié du Technocentre Renault à Guyancourt dans les Yvelines, s'était pendu à son domicile le 16 février 2007. Dans une lettre, il écrivait : "Je ne peux plus rien assumer, ce boulot c'est trop pour moi, ils vont me licencier et je suis fini".

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La reconnaissance du suicide de ce technicien de 38 ans comme accident du travail a été confirmée jeudi par la cour d'appel de Versailles. Dans l'arrêt de la cour d'appel, les juges ont relevé que les supérieurs hiérarchiques du salarié "ont constaté que celui-ci était très affaibli et surtout évoquait pour la première fois son incapacité à résoudre des points techniques mineurs malgré l'aide apportée (...), tous ces éléments traduisant à l'évidence un stress professionnel intense".

"Lutter contre l'indifférence au sein de l'entreprise"

"L'accident du travail est reconnu en raison de l'absence de contrôle des horaires de travail et de la charge de travail, qui étaient tous deux excessifs", a déclaré Me Emmanuelle Boussard-Verecchia, l'avocate de la famille du salarié. Elle a estimé que cette décision "lutte contre l'indifférence au sein de l'entreprise". "Les hiérarchies doivent savoir et la justice ne participe pas au déni dans lequel se trouve Renault", a-t-elle poursuivi.

Le suicide de Raymond D. était le troisième d'un salarié du Technocentre en l'espace de quatre mois, entre fin 2006 et début 2007. En mars 2010, le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Versailles avait déjà estimé que le suicide à son domicile de Raymond D. était "survenu par le fait du travail". La décision de la cour d'appel est intervenue trois semaines après la reconnaissance, par la même juridiction, de la faute inexcusable de Renault dans le suicide d'Antonio B., qui s'était jeté d'une passerelle du Technocentre en octobre 2006.

Par C.M. le 09 juin 2011 à 12:32
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