Les parents de Gilad Shalit ont porté plainte à Paris

le 06 juin 2011 à 17h28 , mis à jour le 06 juin 2011 à 17h58

Les parents de ce jeune soldat franco-israélien détenu depuis près de 5 ans dans la bande de Gaza ont porté plainte lundi pour enlèvement et séquestration. Une action en justice qui s'ajoute aux négociations internationales restées infructueuses.

Gilad Shalit, en 2009. Gilad Shalit, en 2009. © LCI

La France était le dernier recours des parents de Gilad Shalit, du moins sur le terrain judiciaire. C'est donc à Paris qu'ils se sont rendus lundi, pour porter plainte pour enlèvement et séquestration. Leur fils a été capturé à la lisière de la bande de Gaza le 25 juin 2006 par un commando de trois groupes armés palestiniens de Gaza, dont l'un relevant du Hamas. Noam et Aviva Shalit se constituent partie civile et font également valoir, comme circonstances aggravantes, qu'il est "retenu en otage" et a pu "subir des actes de tortures ou de barbarie".

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"Nous sommes contraints de saisir la justice française car les ravisseurs de mon fils ont ignoré les appels répétés de la communauté internationale en faveur de sa libération". a déclaré Noam Shalit, sur les marches du palais de justice de Paris. Déposée auprès du doyen des juges d'instruction, cette plainte devrait aboutir à la désignation d'un ou plusieurs juges chargés de l'enquête. La plainte n'est pas déposée explicitement contre le Hamas mais elle identifie clairement le mouvement islamiste comme ravisseur du jeune soldat, capturé alors qu'il faisait son service militaire obligatoire en Israël.

Contacts de Paris avec le monde arabe
 

Pour l'un des avocats des parents de Gilad Shalit, Me Patrick Klugman, "la justice française est la seule qui puisse opérer au Moyen-Orient". "Ce n'est pas un juge israélien ou un procureur israélien qui a la moindre chance de succès d'avoir une coopération dans le monde arabe", a-t-il ajouté. L'autre avocat de la famille, Me Pierre-François Veil, a cependant reconnu que l'on ne pourrait pas "intervenir sur le champ de bataille". Pour les avocats, Gilad Shalit n'est pas un prisonnier de guerre mais un otage : "s'il était un soldat il serait traité selon la Convention de Genève, il aurait les droits d'un soldat prisonnier et il aurait été relâché depuis bientôt cinq ans", estime Me Veil.
  
"Depuis son enlèvement il y a cinq ans, les ravisseurs n'ont permis ni à la Croix-Rouge internationale ni à aucune autre organisation indépendante de lui rendre visite et de vérifier son état de santé", a dit Noam Shalit sur Europe 1. Les proches de Gilad Shalit estiment toutefois que "la voie diplomatique n'a pas encore échoué". "Elle n'a pas dit son dernier mot" et la "démarche judiciaire n'est pas une démarche alternative" à la négociation, a dit Me Klugman.

Pas de "percée" dans les négociations

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a démenti la semaine dernière qu'il y ait eu une "percée" dans les négociations pour le libérer à la suite d'informations en ce sens en provenance d'Egypte. Toutefois, selon des sources palestiniennes à Ramallah, des représentants de l'Allemagne, de la Turquie et du Qatar ainsi que du Hamas (y compris, selon des sources palestiniennes, des chefs de la branche armée du Hamas) se sont récemment retrouvés au Caire pour discuter de l'affaire.
  
Sa libération a paru proche à l'automne 2009, après des négociations indirectes menées via l'Egypte et un médiateur allemand sur l'échange du soldat contre un millier de détenus palestiniens. Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré jeudi à Jérusalem que Paris était "mobilisé" pour Gilad Shalit et "déterminé à faire tout son possible pour oeuvrer" à sa libération. 

le 06 juin 2011 à 17:28
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4 Commentaires

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  • pascalcaen, le 07/06/2011 à 09h28

    Et bien non, on n'abandonne pas son autre nationalité. Ce combat pour la nation sent le moisi. Franchement y'a d'autres sujets qui sont beaucoup plus choquants. Un français a été enlevé, je ne trouve pas très digne de relancer les thèses fumeuses du FN sur la double nationalité.

  • elksam, le 06/06/2011 à 19h02

    Ingrid bettancourt était une militante politique et aussi de nationalité Colombienne, cela ne nous a pas empecher de militer pour sa libération de cette francaise d'abord

  • pateau4, le 06/06/2011 à 18h01

    Bonjour,d'où la nécessité de mettre fin à la double nationalité !Il faut savoir ce que l'on est :Français ou quoi que ce soit d'autre ;pas les deux ! Les parents de ce jeune homme n'ont rien à demander ni à reprocher à la France :ce n'est pas la France qui l'a enrolé dans son armée ,et envoyé se battre en Israël .

  • phil_grenoble, le 06/06/2011 à 18h00

    Je pensais que lorsqu'on choisissait un uniforme, on abandonnait sa double nationalité pour opter pour la nationalité de l'uniforme, ce qui semble plutôt logique. Quelqu'un a une réponse?

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