Les confrontations ont commencé vendredi matin entre l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt et des ex-membres du personnel de maison de l'héritière de l'Oréal, dans le bureau d'un juge de Bordeaux, pour s'achever vers 17h. Une enquête qui pourrait menacer Nicolas Sarkozy, alors que le statut de l'immunité présidentielle de l'ancien chef de l'Etat expire le 15 juin prochain.
L'ancien majordome des Bettencourt, Pascal Bonnefoy, et l'ancienne comptable Claire Thibout sont arrivés au palais de justice dans la matinée, ainsi que les avocats de Patrice de Maistre. Patrice de Maistre doit encore être confronté plus tard dans la journée dans le bureau du juge Jean-Michel Gentil à une ancienne secrétaire, Chantal Trovel, et une ex-femme de ménage, selon les précisions données à une audience de la cour d'appel mardi dernier. Une autre confrontation par visioconférence est aussi programmée par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil le 14 juin avec René Merkt, avocat suisse impliqué dans des retraits d'espèces, a-t-on appris à l'audience.
L'enquête vise un éventuel abus de faiblesse sur la milliardaire, qui est selon une expertise médicale en état de démence depuis 2006 au moins, mais concerne aussi un possible financement illégal en espèces, sur sa fortune, de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. L'immunité présidentielle de l'ancien chef de l'Etat expire le 15 juin. Il est susceptible d'être ensuite auditionné.
Deux retraits de 400.000 euros
Patrice de Maistre, écroué depuis le 23 mars dernier, s'est vu refuser mardi dernier une troisième demande de remise en liberté. Mis en examen pour "abus de faiblesse, abus de biens sociaux et escroquerie aggravée", il a admis avoir reçu dans son bureau de l'argent retiré en espèces en Suisse sur les comptes Bettencourt, quatre millions d'euros au total en 2007-2009, mais assure l'avoir ensuite remis aux Bettencourt et dit ignorer ce qu'ils en ont fait. "J'ai répété tout ce que j'avais dit depuis le début", a déclaré Claire Thibout à sa sortie. Elle a ainsi maintenu la version qu'elle avait déjà livré aux magistrats, à savoir que de Maistre "a pris l'argent et c'est tout".
Le juge d'instruction s'interroge notamment sur des retraits d'espèces opérés avec la coopération de René Merkt, notamment deux de 400.000 euros chacun au moment de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Ces retraits coïncident dans le temps avec une rencontre entre Patrice de Maistre et Eric Woerth, alors trésorier de la campagne Sarkozy, et aussi avec une possible visite de Nicolas Sarkozy chez les Bettencourt à Neuilly.









