L'instruction de l'affaire de proxénétisme présumé qui frappe actuellement le Carlton de Lille doit-elle être dépaysée ? Dit plus simplement, doit-elle être menée par d'autres juges que les juges lillois ? La question sera ce mercredi après-midi au menu de la Cour de cassation. La haute juridiction devrait rendre sa décision très rapidement, peut-être le soir même.
Affaire Carlton : le chef de la police du Nord muté
Entendu jeudi dans le cadre de l'affaire de proxénétisme liée à l'hôtel Carlton de Lille, le commissaire Jean-Claude Menault n'est "ni suspendu ni mis à la retraite d'office, mais va se voir proposer une nouvelle affectation", a affirmé vendredi l'Intérieur, démentant des informations de presse faisant état d'une mise à la retraite.
Publié le 28/10/2011
Affaire du Carlton : fin de garde à vue pour le chef de la police du Nord
Le patron de la sécurité publique du Nord a été entendu jeudi par la police des polices qui souhaitait notamment l'interroger sur un voyage à Washington pour y rencontrer DSk, ainsi que sur ses relations avec d'autres mis en examen dans cette affaire de proxénétisme présumé.
Publié le 27/10/2011
Proxénétisme à Lille: le Carlton restera ouvert
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai a infirmé mardi l'ordonnance de fermeture du Carlton de Lille et d'un autre hôtel, impliqués dans l'enquête sur des faits de proxénétisme instruite à Lille. Par ailleurs, le parquet a demandé le dessaississement des juges en charge de l'instruction.
Publié le 25/10/2011
Carlton de Lille : le parquet demande le dessaisissement des deux juges
Dans l'affaire du Carlton de Lille, le parquet demande le dépaysement du dossier. En clair, il veut qu'un autre tribunal prenne l'affaire en charge. Les avocats des mis en examen dénoncent une volonté d'enterrer l'enquête.
Publié le 26/10/2011
Les magistrats dessaisis du dossier lillois : levée de bouclier des avocats
Le parquet de Douai a demandé mardi à la cour de cassation le dessaisissement des deux juges lillois qui instruisent l'affaire de proxénétisme dans laquelle huit personnes ont été mises en examen. Demande qui s'appuie sur l'implication dans ce dossier d'un policier et d'un avocat lillois.
Publié le 26/10/2011
Arguant de l'implication supposée d'un avocat lillois et de responsables policiers de la ville, le parquet général de Douai avait demandé fin octobre que les trois juges de Lille soient dessaisis de l'enquête afin de préserver "l'impartialité et la sérénité de la justice". Une demande vivement critiquée par les syndicats de magistrats et plusieurs avocats du dossier qui voient dans cette démarche une "atteinte à l'indépendance de la justice" ou une "décision politique" dans un dossier dans lequel le nom de DSK est cité.
L'affaire, qui a éclaté début octobre, vise à des titres divers des dirigeants de ces établissements, des entrepreneurs, un avocat, et un exploitant français de maisons closes en Belgique. Plusieurs policiers dont un commissaire divisionnaire et le chef de la police du Nord sont également visés. Le nom de DSK a également été cité à plusieurs reprises, notamment par une prostituée qui a évoqué "une virée dans un club échangiste belge" en 2009, incluant DSK, et quatre voyages à Washington, entre décembre 2010 et mai 2011, juste avant que n'éclate l'affaire de l'hôtel Sofitel de Manhattan. Dénonçant des "insinuations et extrapolations hasardeuses" et "malveillantes", l'ex-patron du FMI a demandé à être rapidement entendu par les juges.
Huit mises en examen
A ce jour, huit personnes ont été mises en examen par les trois juges lillois chargés de l'instruction et six sont écrouées. Après les mises en examen pour proxénétisme aggravé des responsables du Carlton - René Kojfer, le propriétaire de l'hôtel Hervé Franchois et le directeur Francis Henrion -, puis de dirigeants d'entreprises nordistes - David Roquet, patron d'une filiale d'Eiffage, Fabrice Paskowski, entrepreneur et son ex-compagne Virginie Dufour - ce sont les hauts responsables de la police du Nord qui ont été visés.
Premier mis en cause : Jean-Christophe Lagarde, chef de la Sûreté départementale du Nord, notamment soupçonné d'avoir organisé des déplacements de prostituées lors de "parties fines" à Paris et Washington. Il a été mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée et recel d'abus de biens sociaux et suspendu de ses fonctions. L'enquête est ensuite remontée plus haut, avec le placement en garde à vue par l'inspection générale de la police nationale (IGPN) du chef de la police nordiste, Jean-Claude Menault, soupçonné d'avoir participé à un voyage à Washington. Il a aussitôt fait l'objet d'une mutation à Paris, une sanction selon son entourage.
Autre révélation : selon David Roquet, plusieurs élus locaux auraient eux aussi participé à des "soirées chaudes" à Paris en marge du congrès annuel des maires de France, financées par son employeur, le groupe Eiffage. Dans un entretien au JDD, le patron d'Eiffage, Pierre Berger, a révélé qu'un audit interne fait état de onze "parties fines" et de voyages indûment payés pour un montant total d'"environ 50.000 euros depuis 2009", les initiales de DSK apparaissant sur certaines de ces factures. Eiffage a engagé une procédure de licenciement contre David Roquet, mis à pied, et porté plainte avec constitution de partie civile pour abus de biens sociaux.
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