Affaire Karachi : un démenti de l'Elysée qui fait polémique

le 23 septembre 2011 à 07h16 , mis à jour le 23 septembre 2011 à 10h09

Dossier : Affaire Karachi : scandale d'Etat ?

Réagissant à la mise en cause de deux proches du chef de l'Etat, l'Elysée a assuré que le nom de Nicolas Sarkozy n'apparaissait "dans aucun des éléments du dossier". Les magistrats s'insurgent : comment le savoir... sans violation du secret de l'instruction ? A gauche aussi, les critiques fusent.

Palais de l'élysée élysée

 
  • Affaire Karachi : Léotard sort du silence

    Des commissions ? Il y en a eu lors de la signature du contrat avec le Pakistan, mais elles étaient légales, affirme l'ex-ministre. Mais y a-t-il eu aussi des rétrocommissions ? Si c'était le cas, elles seraient "illégales" et "il faut qu'il y ait des sanctions", affirme François Léotard.

    Publié le 15/10/2011 Affaire Karachi : Léotard sort du silence
  • Attentat de Karachi : Guéant privilégie toujours la piste islamiste

    La piste islamiste a toujours été privilégiée par le ministère de l'Intérieur dans l'enquête sur l'attentat qui fit 15 morts à Karachi en 2002, dont onze Français de la DCN, a déclaré dimanche Claude Guéant.

    Publié le 09/10/2011 Attentat de Karachi : Guéant privilégie toujours la piste islamiste
  • Takieddine met en cause Villepin dans le dossier Karachi

    Entendu mercredi par le juge sur son intervention dans le contrat Sawari II avec l'Arabie Saoudite, l'intermédiaire en armement Ziad Takieddine a dénoncé jeudi sur Europe 1 "un complot" contre Nicolas Sarkozy.

    Publié le 06/10/2011 Takieddine met en cause Villepin dans le dossier Karachi
  • Karachi : retour chez le juge pour Takieddine

    La justice maintient la pression sur les protagonistes de cette affaire de financement présumé occulte de la campagne présidentielle de 1995 d'Edouard Balladur. Ce mercredi, elle a réentendu l'intermédiaire libanais, déjà mis en examen dans ce volet.

    Publié le 05/10/2011 Karachi : retour chez le juge pour Takieddine
  • Hortefeux-Sarkozy : un couple "inoxydable" ?

    Sans contact avec le chef de l'Etat depuis la publication du "verbatim" de ses appels téléphoniques à Thierry Gaubert en marge de l'affaire Karachi, Brice Hortefeux assure dans le JDD que ses "liens avec le président de la République sont inoxydables".

    Publié le 02/10/2011 Hortefeux-Sarkozy : un couple "inoxydable" ?
  • Takieddine affirme avoir agi "en mission" pour Sarkozy

    L'homme d'affaires, mis en examen dans l'affaire Karachi, affirme dans Libération que chacune de ses interventions "correspondait à une mission officielle", précisant être allé en Libye et en Syrie sur "demande express" de Nicolas Sarkozy et Claude Guéant.

    Publié le 01/10/2011 Takieddine affirme avoir agi "en mission" pour Sarkozy
  • Affaire Karachi : Hortefeux a eu "une intuition"

    Invité vendredi soir de France 2, l'ex-ministre de l'Intérieur a dénoncé les "pseudo-révélations" dans les affaires qui n'auraient comme objectif que d'"atteindre Nicolas Sarkozy". Quant à l'appel passé à l'un de ses amis en garde à vue ? Une "intuition", assure-t-il.

    Publié le 30/09/2011 Affaire Karachi : Hortefeux a eu "une intuition"
  • Karachi : Takieddine en appelle à Sarkozy... et vise Chirac

    L'homme d'affaires franco-libanais, acteur-clé de l'affaire Karachi, où deux proches de Nicolas Sarkozy sont poursuivis, en appelle publiquement au chef de l'Etat pour faire la lumière sur ce dossier et reconnaître son rôle.

    Publié le 30/09/2011 Karachi : Takieddine en appelle à Sarkozy... et vise Chirac
  • Affaire Karachi : Hortefeux "soulagé" d'avoir témoigné

    L'ex-ministre de l'Intérieur a été entendu vendredi matin comme témoin par la police dans l'enquête ouverte pour violation du secret professionnel après la révélation de ses conversations téléphoniques avec un protagoniste du dossier Karachi, Thierry Gaubert. Il se dit "soulagé".

    Publié le 30/09/2011 Affaire Karachi : Hortefeux "soulagé" d'avoir témoigné
  • Hortefeux cité en correctionnelle en marge de l'affaire Karachi

    L'ancien ministre de l'Intérieur va être cité en correctionnelle à l'initiative de l'avocat des victimes de l'attentat de Karachi qu'il aurait menacé dans des propos au Nouvel Observateur.

    Publié le 29/09/2011 Hortefeux cité en correctionnelle en marge de l'affaire Karachi
  • Plaintes croisées dans l'affaire Karachi

    Brice Hortefeux a annoncé mardi qu'il allait porter plainte pour diffamation contre l'avocat des familles de victimes de l'attentat de Karachi, qui venait lui même de déposer plainte contre lui pour "complicité de subornation de témoins".

    Publié le 27/09/2011 Plaintes croisées dans l'affaire Karachi
  • Karachi : règlement de comptes en famille chez les Gaubert

    Une fille d'Hélène et Thierry Gaubert a accusé lundi sur Europe 1 sa mère, qui a mis en cause son père dans le scandale Karachi, d'être animée par un désir de vengeance et de vouloir l'"emmerder".

    Publié le 24/09/2011 Karachi : règlement de comptes en famille chez les Gaubert
  • Karachi : la gauche dénonce, Guaino au secours de Sarkozy

    <b>Réactions - </b>Les appels à des "explications" se multipliant, l'entourage du président monte au créneau. Conseiller spécial du président de la République, Henri Guaino a affirmé samedi sur France2/France3 que Nicolas Sarkozy "n'était en rien concerné" par le volet financier de l'affaire Karachi.

    Publié le 25/09/2011 Karachi : la gauche dénonce, Guaino au secours de Sarkozy
  • Karachi: la République "irréprochable" devient "irrespirable"

    <b>Revue de presse - </b>Après la mise en examen de deux proches de Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur le volet financier du dossier Karachi, c'est Brice Hortefeux qui se retrouve dans la tourmente. Pour nombre d'éditorialistes, le président est "directement touché".

    Publié le 24/09/2011 Karachi: la République "irréprochable" devient "irrespirable"
  • Affaire Karachi : Hélène Gaubert parle

    La princesse Hélène de Yougoslavie, l'épouse de Thierry Gaubert, a confirmé samedi sur Europe 1 que son mari, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, faisait "des voyages, surtout à l'étranger" et revenait "avec des sacoches" dans lesquelles "il y avait de l'argent".

    Publié le 24/09/2011 Affaire Karachi : Hélène Gaubert parle
  • Karachi: enquête ouverte pour violation du secret professionnel

    Brice Hortefeux a demandé vendredi "à être entendu par la justice" après sa mise en cause dans des révélations sur une conversation téléphonique entre lui et Thierry Gaubert, mis en examen dans l'affaire Karachi. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire.

    Publié le 23/09/2011 Karachi: enquête ouverte pour violation du secret professionnel
  • Affaire karachi : Hortefeux veut être entendu par la justice

    L'ex-ministre de l'Intérieur a demandé vendredi soir "à être entendu par la justice" après avoir été mis en cause dans l'affaire Karachi. Il menace d'attaquer en diffamation.

    Publié le 23/09/2011 Affaire karachi : Hortefeux veut être entendu par la justice
  • Karachi : Hortefeux a alerté Gaubert

    L'ex-ministre de l'Intérieur a confirmé vendredi avoir prévenu par téléphone son ami Thierry Gaubert, qui vient d'être mis en examen dans le cadre du volet financier du dossier Karachi, que sa femme "balançait tout". Mais il nie avoir eu accès au dossier.

    Publié le 23/09/2011 Karachi : Hortefeux a alerté Gaubert
  • Karachi : l'Elysée dénonce "calomnie et manipulation politicienne"

    L'Elysée a démenti, jeudi, dans un communiqué, tout lien entre Nicolas Sarkozy et le financement de la campagne électorale d'Edouard Balladur en 1995, après la mise en examen de deux de ses proches : Thierry Gaubert et Nicolas Bazire.

    Publié le 22/09/2011 Karachi : l'Elysée dénonce "calomnie et manipulation politicienne"
  • Karachi : un deuxième proche de Sarkozy mis en examen

    Après Thierry Gaubert mercredi, Nicolas Bazire, l'ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur et proche de Nicolas Sarkozy a lui aussi été mis en examen jeudi pour "complicité d'abus de biens sociaux".

    Publié le 22/09/2011 Karachi : un deuxième proche de Sarkozy mis en examen
  • Affaire Karachi : la presse évoque "l'étau" autour de Sarkozy

    <b>Revue de presse - </b>Alors que la justice s'intéresse de près à deux proches du chef de l'Etat dans l'affaire Karachi, la presse voit déjà l'ombre du Pakistan se profiler sur la campagne présidentielle.

    Publié le 22/09/2011 Affaire Karachi : la presse évoque "l'étau" autour de Sarkozy
  • Karachi: deux proches de Sarkozy dans le collimateur de la justice

    Thierry Gaubert, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen mercredi dans l'enquête sur le financement de la campagne présidentielle de 1995. Parallèlement, Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur, a été placé en garde à vue.

    Publié le 21/09/2011 Karachi: deux proches de Sarkozy dans le collimateur de la justice
  • Takieddine mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi

    L'intermédiaire franco-libanais été mis en examen mercredi pour abus de biens sociaux, dans le volet financier du dossier. Selon nos informations, l'enquête aurait repéré des mouvements de fonds entre ses comptes suisse et parisien au même moment où Edouard Balladur recevait de l'argent liquide sur ses comptes de campagne.

    Publié le 14/09/2011 Takieddine mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi
  • Nicolas Bazire, de la politique aux affaires

    Directeur général de Groupe Arnault depuis 1999, Nicolas Bazire, en garde à vue dans l'enquête sur le financement de la campagne présidentielle de 1995, a été le très jeune directeur du cabinet du Premier ministre Edouard Balladur de 1993 à 1995.

    Publié le 21/09/2011 Nicolas Bazire, de la politique aux affaires
Plus d'infos

Le communiqué de l'Elysée était censé contrer la polémique naissante autour de Nicolas Sarkozy : il ne fait que l'alimenter. La présidence de la République a démenti jeudi tout lien entre le chef de l'Etat et le financement de la campagne électorale d'Edouard Balladur en 1995, dénonçant "calomnie et manipulation politicienne" après la mise en examen de deux de ses proches dans le volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi. L'Elysée a ajouté que le nom de Nicolas Sarkozy "n'apparaît dans aucun des éléments du dossier". C'est précisément cette dernière phrase qui a fait bondir les magistrats. Car en vertu du principe de séparation des pouvoirs, l'exécutif ne peut avoir accès aux pièces d'un dossier d'instruction. L'article 11 du code de procédure pénale stipule que le procureur de la République est le seul magistrat habilité à révéler des éléments du dossier.

Dans un communiqué, l'Union syndicale des magistrats (USM - majoritaire) s'est étonnée "que les services de la présidence de la République fassent aussi clairement référence au contenu des pièces d'une procédure judiciaire, montrant qu'ils ont pu en avoir connaissance, dans l'irrespect apparent du secret de l'instruction." Le président de l'USM, Christophe Regnard, s'est exclamé : "C'est assez incroyable que l'Elysée reconnaisse aussi benoîtement qu'il a eu accès à des pièces". Tout en reconnaissant : "Il ne faut pas être naïf. On sait que les informations remontent. Mais d'habitude cela demeurait caché." Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (classé à gauche) estime aussi qu'il "y a manifestement des incursions scandaleuses de l'exécutif, en particulier de l'Elysée, dans le cours de la justice". Ce qu'il juge "totalement inacceptable au regard de ce que devrait être un fonctionnement démocratique normal".

"Ça sent mauvais"

Les magistrats n'ont pas été les seuls à réagir : le communiqué de l'Elysée n'est pas davantage passé inaperçu chez les politiques. A gauche, Ségolène Royal se dit "très étonnée que l'Elysée ait déjà eu communication des auditions, qui sont couvertes normalement par le secret de l'instruction. Il faut que ces intrusions cessent, parce que c'est une atteinte très grave au fonctionnement des institutions et à l'autorité judiciaire dont le président de la République est normalement le garant." 

Mais au-delà de cette polémique, sur le fond même de l'affaire, les partis socialiste et communiste ainsi que le Front national ont eu des mots très durs contre ce qu'ils considèrent comme un démenti de la "République irréprochable" promise par le chef de l'Etat lors sa campagne électorale en 2007. "Ça sent mauvais. Il y a quand même des accusations extrêmement précises", a dit l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius sur RMC, avant de noter que "ça se rapproche de ce qu'on appelle dans les journaux 'la Sarkozie'". "J'ai le sentiment que ce quinquennat qui a commencé avec un argent qui ruisselle se finit avec un argent de poubelle", a ajouté ce soutien de Martine Aubry pour la primaire du PS. Cette dernière a estimé que ce dossier était "peut-être l'une des affaires les plus graves de la Ve République".

"La République n'est pas un cloaque !"

Un autre prétendant à l'investiture PS pour la présidentielle de 2012, François Hollande, a dénoncé "les affaires qui reviennent, ces intermédiaires que l'on découvre, ces mallettes qui auraient circulé, ces personnages qui sont maintenant entendus par la justice et qui révèlent finalement des systèmes de financement que l'on pensait depuis longtemps éloignées de la vie politique". Et d'ajouter : "Tout cela abîme la République, tout cela blesse les valeurs que nous portons, tout cela éloigne les citoyens de l'enjeu démocratique".

"La République n'est pas un cloaque !", écrit le PCF dans un communiqué, fustigeant "la vie en 'Sarkoland', où c'est désormais dans les pages judiciaires que se chronique la fin de règne du pouvoir en place". A l'extrême droite, Marine Le Pen pense que le "kärcher devrait être en premier lieu dans les allées du pouvoir avant même d'être utilisé dans les allées d'un certain nombre de quartiers difficiles". La présidente du FN, qui se dit persuadée de l'existence de rétrocommissions, demande que tout le monde soit entendu par la justice, y compris l'ancien Premier ministre Edouard Balladur. Autant de flèches auxquelles la ministre Chantal Jouanno a répondu vendredi matin sur Canal+ en parlant de "manipulation" dans une période électorale où "on fait amalgame de tout".

le 23 septembre 2011 à 07:16
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15 Commentaires

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  • gael7513, le 23/09/2011 à 12h16

    En politique nous avons quoi d'autre a part des critiques et des attaques. A quand un parti qui construit quelques chose? ils passent telement de temp à regarder la bête noir de leur voisin qu'ils font rien pour le pays. Marre de l'embition personnelle qui coule notre pays . Pas un parti pour rattraper l'autre

  • roubene, le 23/09/2011 à 12h05

    C'est donc de la faute du magistrat...et non des accusés qui disposent de tous les pouvoirs...???

  • credirec, le 23/09/2011 à 11h44

    Incroyable! Mon commentaire est paru ! Mais bon, ça ne répond pas à mon interrogation ! Pourquoi cet article a-t-il déjà été relégué tout en bas de la page de garde des infos de lci.fr ?

  • credirec, le 23/09/2011 à 11h28

    Et la liberté de la presse, vous en faites quoi ?

  • bernieride, le 23/09/2011 à 11h27

    Avant de critiquer la justice il faut savoir ce qu'imposent les lois qui ne sont pas faites par les juges mais par nons élus députés et sénateurs

  • bernieride, le 23/09/2011 à 11h25

    Le magistrat instructeur a sans doute un coffre mais la procédure pénale lui impose de remettre des copies aux avocats des parties civiles, aux mis en examen et de communiquer son dossier au parquet. A partir de là, outre le fait que les policiers qui enquêtent pour le juge d'instruction ont également accès au dossier, cela fait du monde pour permettre à des informations de sortir du dossier

  • credirec, le 23/09/2011 à 10h53

    Bizarre que cet article soit déjà relégué aus petites infos de bas de site sur lci.fr, non ? Enfin, de toute façon, mon commentaire ne paraitra jamais !

  • michalowice, le 23/09/2011 à 10h48

    Pourquoi ne pas dire la vérité ? au lieu de tourner autour du sujet et alimenter la chronique?

  • michalowice, le 23/09/2011 à 10h30

    Une ex plication vaudrait mieux !!!

  • bernieride, le 23/09/2011 à 10h13

    En droit francais seuls les personnes qui participent à l'enquete sont tenues au secret de l'instruction (policiers, parquet juge d'instruction) ls autres n'y sont aps tenues, sauf à retenir la violation d'un secret professionnel donc l'Elysée ne peut pas être tenu à un quelconque secret de l'instruction mais pourquoi dispose t il des pV tout simplement parce que les PV lui remontent par deux canaux, - le premier, le ministère de l'intérieur, les policiers tenus par leur hiérarchie leur transmettent la copie des PV et cette hiérarchie les fait remonter au ministre qui les donne à l'Elysée, - le secon, le ministère de la justice, les parquets donnent toutes les informations au parquet général qui lui les transmet ensuite au ministre ce dernier les remettant ensuite à l'Elysée dans ce système tout a fait anormal ce sont les policiers de base et les parquets qui violent le secret de l'instruction et qui pourraient être les seuls à en rendre compte c'est la raison pour laquelle nombre de magistrats notamment revendiquent la coupure du lien hiérarchique des parquets qui ne permettra plus le passge d'informations vers le haut et au milieu de tout cela le juge d'instruction essaie d'avancer en conservant le maximum de spontanéïté dans ses opérations

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