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Affaire Karachi : un nouveau témoin entendu par Van Ruymbeke


le 06 juillet 2012 à 10h41 , mis à jour le 06 juillet 2012 à 10h43.
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3min
L'attentat perpétré à Karachi le 8 mai 2002 a fait 15 morts, dont 11 Français employés de la DCN.

L'attentat perpétré à Karachi le 8 mai 2002 a fait 15 morts, dont 11 Français employés de la DCN. / Crédits : AGENCE FRANCE PRESSE

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JusticeDans le tentaculaire dossier Karachi, mêlant un attentat commis au Pakistan à des soupçons de financement politique illicite de la campagne présidentielle de Balladur en 1995, le juge Van Ruymbeke a entendu à Genève un homme soupçonné d'avoir été un intermédiaire financier.

L'information est venue jeudi du journal Le Temps : un témoin dans l'affaire Karachi, titulaire d'un compte sur lequel étaient retirées d'importantes sommes en liquide, a été entendu mercredi à Genève par le juge français Renaud Van Ruymbeke dans le cadre de l'entraide judiciaire avec la Suisse. Cet homme, Mustapha El Jundi, homme d'affaires résidant en Angleterre, avait fait spécialement le voyage pour cette audition et s'est présenté de son plein gré, selon le quotidien helvétique. Il s'agit d'un ami d'Abdulrahmane el-Assir, ancien associé de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, visé par un mandat d'arrêt français dans l'affaire Karachi, qui a été retrouvé en Suisse, entendu par les enquêteurs et mis en examen. Abdulrahmane el-Assir a demandé le report de son audition pour avoir le temps de consulter le dossier ; elle devrait se tenir à la mi-septembre.

Mustapha El Jundi est soupçonné d'avoir utilisé un compte à la banque SCS Alliance en avril 1995 (devenue depuis Compagnie bancaire helvétique) pour faire transiter des sommes d'argent qu'il retirait en liquide et remettait à Abdulrahmane el-Assir, selon les informations du Temps. Ces liasses de billets neufs de 500 francs français étaient ensuite remises par El Assir à Ziad Takieddine lors de rendez-vous dans des grandes hôtels de Genève, toujours selon le quotidien.

Ce que les juges soupçonnent

Alors que l'affaire Karachi mêle un attentat commis au Pakistan en mai 2002, dans lequel onze Français ont été tués, à des soupçons de financement politique illicite, Abdulrahmane el-Assir a été mis en examen dans le cadre de l'enquête sur le volet financier de l'affaire, à la demande de la justice française, par le procureur suisse Jean Bernard Schmid. Selon plusieurs témoins, Abdulrahmane el-Assir et Takieddine ont été imposés en 1994 in extremis dans deux contrats d'armement conclus avec le Pakistan et l'Arabie saoudite par le cabinet de François Léotard, alors ministre de la Défense.

Les juges instruisant le volet financier de l'affaire Karachi soupçonnent que des rétrocommissions en marge de ces contrats puissent avoir servi à financer la campagne à l'élection présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Les magistrats soupçonnent que les virements bancaires sur le compte d'el-Assir ont donné lieu à des retraits d'importantes sommes en liquide, en 1994 et 1995.

Dans ce dossier tentaculaire, l'ex-ministre Renaud Donnedieu de Vabres a également été mis en examen, de même que deux proches de l'ancien président conservateur Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert. Les juges font une hypothèse : des commissions- légales jusqu'en 2000 - générées par deux contrats d'armement scellés en 1994 avec l'Arabie saoudite et le Pakistan pourraient avoir contribué - via des rétrocommissions qui sont, elles, illégales - au financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.

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