Pourquoi Jacques Viguier s'est-il débarassé du matelas de son épouse ?

le 11 mars 2010 à 11h24 , mis à jour le 11 mars 2010 à 16h31

Dossier : Affaire Viguier : le second procès

La cour d'assises d'Albi s'est interrogée jeudi sur les raisons qui ont poussé Jacques Viguier à jeter le matelas où dormait sa femme, juste après la disparition de celle-ci.

Procès Viguier : l'amant en accusationReprise du procès de Jacques Viguier à Albi après le rebondissement de mardi où la baby-sitter, un témoin clé, a reconnu avoir menti sous l'influence de l'amant de Suzie Viguier, Olivier Durandet. © TF1/LCI

Le matelas. C'est l'une des pièces à conviction de l'affaire Viguier. Un élément à charge contre Jacques Viguier. Et pour autant, personne ne sait vraiment ce qui lui est arrivé. Jacques Viguier dit l'avoir jeté une dizaine de jours après la disparition de sa femme dans une déchetterie. Déchetterie où s'est déclaré un incendie criminel par la suite... Pourquoi le professeur de Droit s'est-il ainsi débarrassé du matelas du canapé clic-clac sur lequel dormait sa femme depuis plusieurs mois, le couple connaissant des turbulences liées à leurs liaisons extraconjugales ? C'est l'un des mystères qu'a tenté de percer jeudi la cour d'assises d'Albi. 

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"Tous ces hommes qui défilent ça commençait à m'énerver" 

L'accusation estime que des traces de sang auraient peut-être pu y être retrouvées. "Ce qui est gênant lorsqu'on lui demande pourquoi il a fait disparaître ce  matelas c'est qu'il va fournir des explications différentes et qui vont changer  au fil du temps", observe Me Francis Szpiner, avocat d'une partie civile. Durant ses différentes auditions devant les enquêteurs, le professeur de droit toulousain a tour à tour indiqué avoir jeté le matelas car il était inconfortable puis parce qu'il symbolisait l'infidélité de son épouse.

Avant de jeter le matelas "saviez-vous que M. Durandet était l'amant de votre épouse?", l'interroge Me Szpiner. "Non", lui répond Jacques Viguier. "Un amant inconnu serait alors venu avoir des relations sexuelles sur ce matelas", reprend l'avocat. "Oui, je suis souvent absent, ma maison est un moulin et tous ces hommes qui défilent ça commençait à m'énerver", rétorque  Jacques Viguier, entraînant un moue dubitative de Me Szpiner. "M. Viguier pris d'accès de vertu et brusquement pourfendeur de l'adultère,  discipline qu'il a beaucoup pratiqué, je trouve que ça n'est pas très  convaincant", dira après coup l'avocat.

Me Guy Debuisson, autre avocat des parties civiles, s'étonne de son côté que  M. Viguier "en sortant d'un dépôt de plainte pour enlèvement, où il dit penser que quelque-chose de grave est arrivé à son épouse, son premier souci est de laver les draps et de jeter le matelas". "Mettez-vous à ma place", implore Jacques Viguier. "Tout se bouscule en moi, c'est un mélange d'inquiétude et de colère, et comme tout être humain je n'ai  pas un caractère rationnel absolu", se défend-il.

Erreur de matelas ?

Le président de la cour Jacques Richiardi demande ensuite aux huissiers d'apporter devant les jurés deux matelas, à l'évidence totalement différents. L'un correspond au modèle du clic-clac, dont l'original n'a jamais été retrouvé car un incendie est survenu dans la déchetterie le lendemain où Jacques Viguier a jeté le matelas. L'autre, que le professeur de droit dit "reconnaître" est semblable à celui que les enquêteurs lui ont présenté en mars 2000, un fin matelas de mousse retrouvé à la déchetterie. "Vous saviez pourtant comment il était ce matelas, vous l'avez manipulé", s'étonne le président Richiardi. "Sur le moment cela me paraît être une évidence, je fais confiance à la police", répond Jacques Viguier. "Après, quand je vois les deux, ils sont effectivement différents", admet-il. Me Szpiner propose comme explication que Jacques Viguier "sait pertinemment  que ce n'est pas le bon, mais il sait aussi que ce matelas là ne peut pas être compromettant pour lui".

Souvent hésitant, Jacques Viguier se défend par moments avec conviction : "s'il n'y avait pas eu cet incendie dans la déchetterie, je ne serais pas là", dit-il. "Et puis le traversin trouvé dans le coffre du clic-clac et qui n'a pas été lavé prouve mon innocence", lance-t-il encore. Qu'importe pour Me Szpiner, "les explications de Jacques Viguier ne sont pas claires". Pour l'avocat, laver les draps et jeter le matelas "s'inscrit dans la logique de faire disparaître les preuves du crime".
 

le 11 mars 2010 à 11:24
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6 Commentaires

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  • l5e6o, le 11/03/2010 à 23h20

    Génial, vous savez donc que l'accusé n'est pas coupable mais alors vous savez qui est le coupable...

  • stelmaria0, le 11/03/2010 à 20h13

    J'ai comme l'impression qu'il leur faut a tout prix un bouc emissaire....

  • sue34, le 11/03/2010 à 18h04

    Oui, on a bossé toute la nuit sur la question mais on attendait votre opinion. On n'est pas plus avancés avec vous. Merci d'avoir donné votre avis.

  • obeone1976, le 11/03/2010 à 16h05

    Non, on a bossé dessus toute la nuit, on vient juste de se réveiller.

  • Kevin, le 11/03/2010 à 14h17

    Bien compliqu�ette affaire...

  • antilopejaune, le 11/03/2010 à 14h13

    Tiens? Plus de personnes qui refont l'enquête aujourd'hui? Le ridicule aurait-il tué???

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