En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Amiante : pourquoi Martine Aubry risque une mise en examen


le 08 octobre 2012 à 16h53 , mis à jour le 08 octobre 2012 à 18h58.
Temps de lecture
3min
Martine Aubry le 12 mai 2012 à l'Elysée

Martine Aubry le 12 mai 2012 à l'Elysée / Crédits : AFP

À lire aussi
JusticeMartine Aubry est convoquée pour une possible mise en examen dans le cadre d'une enquête sur les dégâts provoqués par l'amiante dans les années 80, lorsqu'elle était au ministère du Travail. Retour sur cette affaire.

Le caractère cancérogène de l'amiante est connu depuis les années 50, mais son interdiction en France ne date que de 1997. En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l'Etat pour sa "gestion défaillante" de l'amiante. Utilisée massivement en particulier dans le secteur de la construction, l'amiante est jugée responsable de 10% à 20% des cancers du poumon et pourrait provoquer 100.000 décès d'ici à 2025, selon les autorités sanitaires.

La juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy cherche à déterminer si toutes les mesures de précaution ont été prises par les pouvoirs publics au regard desrapports dont ils disposaient dans les années 1970-80. Martine Aubry, actuellement maire PS de Lille,  sera entendue prochainement car elle était directrice des relations du travail au ministère du Travail entre 1984 et 1987 (lire notre article >Amiante : vers une mise en examen de Martine Aubry ?). Son rôle était notamment de faire respecter la sécurité des salariés dans les entreprises. Certains de ses proches  au ministère ont déjà été mis en examen dans ce dossier pour homicides et blessures involontaires.

Un comité de lobbying influent

La France a mis quatre ans à transposer une directive européenne de 1983 visant à abaisser les seuils d'empoussièrement dans les usines, et donc limiter les risques pour les salariés. Or la juge s'intéresse en particulier à l'influence du comité permanent amiante (CPA), considéré par les victimes comme la structure de lobbying qui a retardé l'interdiction du matériau. Plusieurs responsables du CPA ont récemment été mis en examen. 

Le CPA, qui a fonctionné de 1982 à 1995, était une structure réunissant industriels, fonctionnaires, scientifiques et syndicats. Mais pratiquement tous les hauts fonctionnaires entendus par la justice ont affirmé que les industriels de l'amiante ne cherchaient pas à les influencer, selon une source proche du dossier. "Je ne connaissais pas l'existence du CPA ni à mon arrivée en 1984 ni à mon départ en 1987", avait affirmé Martine Aubry aux enquêteurs, quand elle avait été entendue comme témoin comme des dizaines de hauts fonctionnaires depuis 2009.

François Desriaux, vice-président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva), décrit ce comité comme "une structure de lobbying (...) qui était vraiment là pour retarder la mise en œuvre de mesures de prévention plus sévères, avec une vraie stratégie de communication, de désinformation". 

Commenter cet article

  • morob... : Surtout qu'elle devrait être mise en examen depuis longtemps pour avoir détruit la France avec ses 35h !

    Le 09/10/2012 à 08h42
  • the-mimits : En ces temps de crise, ne gaspillons pas des sous pour rien. On connait la chanson, autant passer directement au refrain : responsable mais pas coupable, pas de Kinder jusqu'à noel.

    Le 09/10/2012 à 06h46
      Nous suivre :
      Sarkozy, le retour ? Mais il n'est jamais vraiment parti... 2 minutes 30 pour vous le prouver

      Sarkozy, le retour ? Mais il n'est jamais vraiment parti... 2 minutes 30 pour vous le prouver

      logAudience