Charles Pasqua/Image d'archives © ABACAL'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua et l'homme d'affaires Pierre Falcone se sont montrés combatifs mercredi au premier jour du procès en appel de l'Angolagate, sombre affaire de trafic présumé d'armes vers l'Angola dont ils sont les prévenus vedettes.
Angolagate : Pasqua s'attaque à Juppé et Villepin
Charles Pasqua affirme dans France Soir qu'il va porter plainte contre Alain Juppé et Dominique de Villepin dans l'affaire de l'Angolagate pour réparer son "préjudice", et demander une enquête notamment sur le magistrat Philippe Courroye.
Publié le 09/05/2011
Angolagate : relaxe pour Pasqua, peine allégée pour Falcone
L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua a été relaxé vendredi par la cour d'appel de Paris dans l'Angolagate. L'homme d'affaires Pierre Falcone a vu sa peine diminuée de 6 ans à 30 mois ferme.
Publié le 29/04/2011
Angolagate : retour de l'affaire devant la justice
La cour d'appel de Paris se penche mercredi sur l'"Angolagate", une vente d'armes doublée d'un imbroglio politico-financier, avec Pierre Falcone et Charles Pasqua en prévenus vedettes deux ans après le premier procès.
Publié le 19/01/2011
Pour Charles Pasqua, 83 ans, qui s'affirme victime depuis le début de basses manoeuvres politiques, il est même "injurieux" de penser qu'un homme de sa trempe ait pu s'abaisser à monnayer son soutien pour l'octroi d'une médaille. En première instance, il a été condamné à un an de prison ferme pour ce type de "trafic d'influence" au profit de l'homme d'affaires franco-israélien d'origine russe Arcadi Gaydamak, 58 ans, décoré de la médaille du Mérite. Ce dernier a quant à lui été condamné à six ans ferme pour avoir organisé, avec Falcone, la vente à l'Angola d'armes et équipements militaires provenant de l'ex-bloc communiste pour 790 millions de dollars, dans les années 90, en pleine guerre civile. Il a fait appel mais, en fuite, ne s'est pas présenté à la justice.
"Il n'y a jamais eu de trafic d'armes"
Pour Charles Pasqua, Arcadi Gaydamak a été décoré de l'ordre du Mérite parce qu'il a aidé la France à faire libérer fin 1995 deux de ses pilotes otages en Bosnie. Jacques Chirac le sait, "il avait donné les instructions nécessaires", égratigne au passage l'ancien ministre, debout au micro dans son costume bleu marine, le dos voûté mais semblant de bien meilleure humeur que dans la matinée. Jacques Chirac était parmi les personnalités politiques citées comme témoins par la défense. Mais il a fait savoir à la Cour qu'il ne viendrait pas, invoquant l'immunité couvrant les actes accomplis par un chef d'Etat dans le cadre de sa fonction et la séparation des pouvoirs.
En résumé, Charles Pasqua nie en bloc. Une stratégie adoptée par son co-accusé : "Je conteste tous les faits qui me sont reprochés", avait auparavant affirmé lui aussi Pierre Falcone, 56 ans, ajoutant que les 11 dernières années n'avaient été pour lui et sa famille que "torture et humiliation". "Il n'y a jamais eu de trafic d'armes", a lancé l'homme d'affaires franco-angolais, incarcéré à Fleury-Mérogis depuis sa condamnation à six ans de prison ferme.
Jean-François Mitterrand témoin
Pour l'accusation, la vente d'armes à l'Angola était illicite, car pilotée depuis la France mais non autorisée par les autorités. Falcone et Gaydamak affirment en revanche qu'elle n'avait pas à recevoir d'autorisation, puisque les armes ont été vendues par une société slovaque et n'ont pas transité par la France.
Outre les appels formés au pénal, une association de lutte contre la corruption a fait appel au civil de l'ensemble du jugement, amenant la Cour à convoquer mercredi tous les prévenus présents au premier procès, relaxés ou condamnés. Parmi eux figurait Jean-Christophe Mitterrand, condamné à 2 ans de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende, qui n'a pas fait appel. Le fils et ex-conseiller de François Mitterrand devrait revenir devant la Cour dans les prochains jours, comme témoin, ainsi que Jean-Bernard Curial, ancien conseiller Afrique du PS.
L'audience devrait reprendre jeudi matin, avec les cas de nullité et autres questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) que compte soulever la défense.
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