L'attentat perpétré à Karachi le 8 mai 2002 a fait 15 morts, dont 11 Français employés de la DCN. © AGENCE FRANCE PRESSEGilles Sanson, 50 ans, a témoigné mardi durant 3 heures et demie devant la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), chargée de l'enquête préliminaire ouverte après une plainte déposée en octobre 2011 par six employés de la Direction des constructions navales (DCN), rescapés de l'attentat de Karachi en 2002. Les cinq autres salariés ayant déposé plainte doivent également être entendus cette semaine, a indiqué leur avocat Me Thibault de Montbrial.
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A sa sortie, Gilles Sanson a indiqué à la presse avoir évoqué les "graves manquements à la sécurité" pour protéger les 23 salariés de la DCN qui participaient à la construction d'un sous-marin, dans le cadre du contrat d'armement Agosta conclu entre la France et le Pakistan en 1994.
Aucun renfort de protection malgré les menaces
Les salariés, qui ont porté plainte pour coups et blessures volontaires, reprochent à la DCN de ne pas avoir tenu compte d'une "menace explicite contre la France", dont avait été informée l'ambassade de France à Islamabad dès février 2002, ainsi que d'autres menaces contre des Occidentaux. "Ils n'ont pas pris les mesures qui auraient permis d'éviter que le bus soit la cible de l'attentat", selon la plainte, dont l'AFP a eu copie, qui dénonce "une faute caractérisée" qui a exposé les salariés "à un risque d'une particulière gravité que ne pouvaient ignorer" les responsables de la DCN. Plusieurs alertes avaient été lancées avant l'attentat qui a fait 15 morts, dont 11 salariés de la DCN, le 8 mai 2002.
Or, selon les rescapés, aucun changement n'avait été apporté au dispositif de sécurité, que ce soit l'itinéraire ou les horaires de transport, identiques chaque jour entre leur hôtel et le chantier naval. "Ils nous ont mis délibérément en danger", a réaffirmé Gilles Sanson, en faisant part de sa "colère" et de sa "détermination" pour que "la lumière soit faite" sur cette affaire qui "dérange jusqu'au plus haut niveau de l'Etat".
M. Sanson a ainsi mis ainsi directement en cause le chef de l'Etat, estimant que Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et porte-parole d'Edouard Balladur lors de la campagne présidentielle de 1995 était "nécessairement au courant" des commissions et rétrocommissions liées aux contrats d'armement. "Pourquoi avoir créé la société écran Heine au Luxembourg si tout était légal?", s'est-il interrogé.
Chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi, le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic travaille sur l'hypothèse d'un attentat en représailles après l'arrêt, par la France, du versement de ces commissions.
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