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DOSSIER : Explosion AZF

AZF : Grande Paroisse et l'ex-directeur condamnés en appel

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le 24 septembre 2012 à 14h32 , mis à jour le 24 septembre 2012 à 17h00.
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3min
Nouvelle piste dans l'affaire AZF

Crédits : TF1/LCI

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JusticeLa justice a estimé en appel, lundi, que l'explosion de l'usine AZF était bien dûe à un accident chimique provoqué par des négligences et a condamné l'exploitant de l'usine Grande Paroisse et son ex-directeur Serge Biechlin pour homicides involontaires. Le groupe Total a, quant à lui, était mis hors de cause.

Cette fois-ci, ils n'ont pas eu droit au bénéfice du doute. La cour d'appel de Toulouse a estimé lundi que la catastrophe AZF qui a fait 31 morts et 2.500 blessés le 21 septembre 2001 était bien un accident chimique dû au mélange de deux produits incompatibles.  En conséquence, la Cour a jugé l'exploitant de l'usine AZF Grande Paroisse, filiale du groupe Total, et son ex-directeur Serge Biechlin coupables "d'homicides involontaires" par négligence ou imprudence. 

"La cour déclare Serge Biechlin et la société Grande Paroisse coupables d'avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou en commettant une faute caractérisée qui exposait autrui à un risque (...) involontairement causé la mort" des victimes, a déclaré à l'audience le président de la Cour, Bernard Brunet. Et de prononcer une condamnation de 3 ans de prison, dont 2 avec sursis, et 45.000 euros d'amende à l'encontre de Serge Biechlin. Une peine, supérieure au réquisitoire, que ce dernier effectuera sous le régime de la semi-liberté. Le groupe Grande Paroisse devra quant à lui payer 225.000 euros d'amende. Leur avocat, Me Daniel Soulez-Larivière a aussitôt annoncé qu'il allait déposer un pourvoi en cassation (lire AZF : les associations soulagées, la défense forme un pourvoi) .
 
En première instance le tribunal avait été sévère pour l'organisation de la sécurité dans l'usine mais il avait relaxé les prévenus, faute d'avoir la preuve matérielle qu'un produit chloré (DCCNa) avait été malencontreusement apporté sur le tas de nitrate d'ammonium, piste retenue par les experts judiciaires. Cette fois la cour n'a pas affiché les mêmes scrupules judiciaires. Elle a écarté toutes les autres pistes criminelles ou accidentelles et a suivi les experts judiciaires.

En revanche, les magistrats ont estimé irrecevable la demande de poursuites contre le groupe Total et son ancien PDG Thierry Desmarest. Plusieurs parties civiles avaient demandé que le groupe et son ancien patron soient poursuivis pour qu'une éventuelle sanction ne se limite pas aux "lampistes", l'industriel exploitant l'usine et l'ancien directeur de l'usine.

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