AZF: la piste criminelle refait surface en appel

le 03 novembre 2011 à 05h00 , mis à jour le 03 novembre 2011 à 14h50

Dossier : Explosion AZF : 10 ans

Dix ans après la catastrophe et deux ans après le premier procès qui s'était soldé par une relaxe générale, la justice se penche de nouveau sur l'explosion de l'usine AZF qui avait fait 31 morts en 2001 à Toulouse. La cour étudiera notamment la piste criminelle, écartée en première instance.

AZF Toulouse usineLe cratère, conséquence de l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001 © REUTERS/J.P. Arles

Repartir de zéro pour lever le doute. Dix ans après l'explosion à Toulouse de l'usine chimique AZF et deux ans après la relaxe du directeur et de l'industriel Total, la justice va tenter à nouveau de faire la lumière sur la catastrophe. Le procès en appel démarre jeudi, pour quatre mois. La cour d'appel va tout réexaminer : la sécurité de l'usine, la piste chimique, mais aussi celle de l'acte volontaire, écartée par le tribunal en première instance.
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La thèse privilégiée en première instance par la justice est celle d'un accident chimique favorisé par des négligences. La société Grande Paroisse, filiale de Total et Serge Biechlin, le directeur de l'usine, sont poursuivis pour homicides involontaires comme lors du premier procès. Dès leur relaxe, le parquet avait fait appel, au nom des 31 morts et des milliers de blessés du 21 septembre 2001. Il a été suivi par 2.700 des 3.100 parties civiles.

La pire catastrophe industrielle en France depuis 1945 divise. D'un côté, il y a la majorité des associations de victimes qui pourfendent une "usine poubelle". Jean-François Grelier, président des "Sinistrés du 21 septembre" explique que "l'ignorance de l'industriel est déjà une mise en danger de la vie d'autrui". De l'autre, les anciens salariés, regroupés dans "Mémoire et Solidarité". Leur président, Jacques Mignard, réfute absolument la thèse des experts judiciaires qui mettent en cause le mélange malencontreux une demi-heure avant l'explosion de deux produits incompatibles, le DCCNA (composé chloré), avec du nitrate d'ammonium, utilisé comme engrais ou explosif minier. Jacques Mignard partage la position du défenseur de l'industriel, qui estime n'avoir "aucune explication crédible" de l'explosion.

Un juge anti-terroriste cité comme témoin. Certains ex-salariés proches de la défense feront valoir que la piste criminelle a été trop rapidement écartée. Ils feront venir à la barre l'ancien juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, porteur d'un rapport sur les "lacunes de l'enquête". Sa venue pourrait être la principale nouveauté du procès d'appel. Par ailleurs, la défense opposera une cinquantaine de témoins dont 11 "témoins-experts" aux 31 experts judiciaires.

Relaxe faute de preuve. En première instance, le tribunal avait expliqué la relaxe par l'absence de "preuve de la présence du DCCNA dans la benne" déversée sur le tas de 300 tonnes de nitrate d'ammonium qui a explosé, car "en matière pénale, il faut un lien de causalité certain" entre la faute et le dommage. Une benne jamais retrouvée au coeur d'une autre bataille. Deux associations dénoncent des "entraves à l'enquête" de la commission d'enquête interne de Grande Paroisse.

La première passe d'armes devant la cour portera sur une citation directe de parties civiles visant à faire aussi juger Total et son président de l'époque Thierry Desmarest. Le tribunal l'avait estimée irrecevable car le juge d'instruction avait refusé leur mise en examen. Mais la décision avait été repoussée en fin de procès, et Total avait dû participer auparavant à tout le procès avec les prévenus.

le 03 novembre 2011 à 05:00
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5 Commentaires

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  • erleg71, le 03/11/2011 à 20h18

    J'habitais Toulouse alors, et j'étais près de la place du Capitole ce jour-là : je suis absolument certain de n'avoir entendu qu'une seule explosion, comparable à un bang supersonique.

  • al38240, le 03/11/2011 à 13h44

    Une autre piste est celle d'un incident dans un transformateur de la Société Nationale des Poudres jouxtant AZF ; des courants induits auraient circulé à travers la terre et provoqué, par étincelle, l'explosion du nitrate d'ammonium. D'après les enregistreurs, il y aurait eu deux explosions à 2 ou 3 secondes près. Mais là aussi, c'est l'Etat qui est en cause et devrait aussi payer les dégats. Il est donc évident que Total fait un excellent coupable.

  • jghttc1, le 03/11/2011 à 11h37

    Il est certain que la catastrophe aurait eu comme origine un attentat . On peut parier qu'on y trouvera non seulement la main d'Al-Quaïda, mais même celles d'un certain Oussama Bin- Laden, d'autant plus que l'intêressé n'est plus de ce monde pour pouvoir contredire... Ouf ! La face ( surtout celle de Total) est sauvée !

  • bebert59560, le 03/11/2011 à 11h22

    Qu'est-ce qu'un expert ? en dehors de ceux des séries télévisées bien sur!

  • djimn509, le 03/11/2011 à 08h33

    Djimn509, et si tous les experts disaient LA VERITE, qu'il s"agit d'un ATTENTAT et non d"un accident, cela simplifierait les choses sauf pour l'ETAT , car dans ce cas c'est a lui de payer les degats , donc nous les contribuables, mais pourquoi vouloir absolument se voiler la face, TOUT LE MONDE veut LA VERITE ,apres on peut toujours faire des arrangements

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