Carlos : "je suis révolutionnaire de profession"

Par , le 07 novembre 2011 à 15h28 , mis à jour le 07 novembre 2011 à 23h33

C'est ainsi que Carlos s'est présenté lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris, qui le juge jusque'à mi-décembre pour quatre attentats qui ont fait en France 11 morts et quelque 150 blessés il y a 30 ans.

Carlos de retour aux assisesCarlos, figure du terrorisme international, devant la cour d'assises spéciale de Paris. © TF1/LCI

"Je suis révolutionnaire de profession". C'est ainsi qu'Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, s'est présenté lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris, qui le juge pour quatre attentats qui, il y a près de 30 ans, ont fait en France 11 morts et quelque 150 blessés. Ventripotent, front dégarni et barbe blanche, l'homme qui s'attribue "1.500 à 2.000 morts" avait plus l'air, dans son box, d'un retraité tranquille que d'un dangereux révolutionnaire. Tantôt accoudé à la vitre du box, tantôt en discussion avec son escorte, tantôt assis en toute décontraction, le Vénézuélien de 62 ans donnait l'impression d'être à la cour d'assises comme d'autres sont au spectacle. Un indéfectible sourire aux lèvres, il semblait être le maître des lieux.
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Reconnaissant des soutiens au fond de la salle, il les a salués discrètement, brandissant le poing de la Révolution. Un mot sur "l'Etat raciste" d'Israël et les "sionistes exploiteurs" a soulevé une salve d'applaudissements. Dès lundi, les deux conseils de Carlos ont dénoncé "un procès inéquitable". Jugeant qu'ils ne pouvaient "se mettre en faillite" en défendant gratuitement Carlos, abandonné par le Venezuela, Mes Isabelle Coutant-Peyre et Francis Vuillemin ont déclaré qu'ils se retiraient du procès. Bien décidé à mener jusqu'au bout cette audience à risque, le président Olivier Leurent a immédiatement commis d'office les deux avocats, les  contraignant à rester. Face à toutes ces manoeuvres, les parties civiles ont gardé leur calme.

"Ca se passe exactement comme on nous l'avait dit", réagit avec distance et  philosophie Philippe Rouault à la suspension. Cet éducateur sportif a été  grièvement blessé lors de l'attentat de la rue Marbeuf en 1982. "Il est joueur, il est révolutionnaire", dépeint-il, tout en assurant être "psychologiquement prêt à ça", d'autant qu'"il va nous en montrer d'autres". L'avocat de plusieurs parties civiles, Me Paul-Albert Iweins, a brocardé devant la cour les discours révolutionnaires "un peu dépassés" de Carlos et de Bernard Ripert, l'avocat de l'accusée allemande Margot Frohlich. A présent, a-t-il averti, "il va falloir que Carlos prenne conscience qu'il n'est pas ici pour faire la révolution mais pour répondre de ses actes." 

Ilich Ramirez Sanchez, qui a revendiqué dans un entretien publié dimanche dans un quotidien vénézuélien plus d'une centaine d'attaques qui auraient fait entre "1.500 et 2.000 morts", conteste les quatre attentats qui lui sont imputés par la justice française. Interpellé au Soudan en août 1994, il a été condamné en 1997 par la France à la prison à vie pour le meurtre en 1975 à Paris de trois hommes, dont deux policiers. Le défenseur de la cause palestinienne est accusé d'avoir orchestré quatre attentats afin d'obtenir la libération de sa compagne allemande Magdalena Kopp et du Suisse Bruno Bréguet, deux membres de son groupe arrêtés à Paris en février 1982 avec armes et explosifs. Verdict attendu le 16 décembre.

Par Alexandra Guillet le 07 novembre 2011 à 15:28
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3 Commentaires

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  • gilkayo, le 08/11/2011 à 08h13

    Tout à fait d'accord avec vous !!!

  • mberle, le 08/11/2011 à 03h52

    Il est un surtout un effroyable salaud .. a l'ego identique de celui des dictacteurs ..qui dans son mepris de la vie Humaine.. n'exprime rien d'autre que narcisisme..volonte de domination et mediocrite monstrueuse .

  • yannickatl, le 07/11/2011 à 17h35

    Ca place est dans un trou. Que l'on rouvre les portes des bagnes et que ce genres d'individus (et autres tueurs d'enfant) crevent dans ces prisons.

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