Clearstream : sa condamnation requise, Villepin accuse

Par A.Gu. et D.H. (avec agences), le 23 mai 2011 à 20h04 , mis à jour le 23 mai 2011 à 23h46

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Le parquet général de la cour d'appel de Paris a demandé lundi 15 mois de prison avec sursis contre Dominique de Villepin pour complicité de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream. L'ex-Premier ministre, relaxé en première instance, a aussitôt critiqué un parquet sous l'autorité de Nicolas Sarkozy.

Pour ses avocats, Villepin est "in-no-cent"Lors de leur plaidoirie mercredi, les avocats de Dominique de Villepin ont réclamé la relaxe de leur client, dénonçant encore une fois un procès politique. © TF1/LCI

Sera-t-il relaxé, comme en première instance, ou condamné ? Dominique de Villepin devra encore patienter probablement jusqu'à l'automne pour connaître la réponse de la Cour d'appel de Paris. Ce lundi, le parquet général a requis  à son encontre une peine de 15 mois de prison avec sursis pour complicité de dénonciation calomnieuse dans l'affaire de la manipulation menée en 2004 avec de faux fichiers bancaires de la société de compensation Clearstream et qui aurait visé plusieurs personnalités du monde industriel et du monde pollitique, dont Nicolas Sarkozy. En première instance, le parquet avait requis une peine plus sévère - 18 mois avec sursis et 45.000 euros d'amende-, mais le tribunal correctionnel de Paris avait décidé de le relaxer en janvier 2010.
  • Clearstream: l'heure du réquisitoire sonne pour Villepin

    Après trois semaines de procès, l'accusation va prendre la parole lundi pour demander à la cour d'appel de Paris de condamner Dominique de Villepin qui, selon elle, s'est rendu complice de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream.

    Publié le 23/05/2011 Clearstream: l'heure du réquisitoire sonne pour Villepin
  • Clearstream : place aux témoins

    L'ancien patron de la DST Pierre de Bousquet de Florian et le juge d'instruction Renaud van Ruymbeke figurent parmi les témoins très attendus qui vont s'exprimer à partir de ce lundi au procès Clearstream.

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  • Clearstream : quand Villepin s'emporte

    Alors que le général Rondot a tenu bon jeudi, réaffirmant avoir averti Dominique de Villepin de la falsification des listings dès l'été 2004, ce que nie l'ancien Premier ministre, ce dernier est sorti de ses gonds.

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  • Villepin arrondit les angles face au général Rondot

    C'est avec un aplomb plus affirmé qu'en première instance que le général Philippe Rondot a contredit mercredi Dominique de Villepin à propos de plusieurs épisodes de l'affaire Clearstream devant la cour d'appel de Paris.

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  • "Quelqu'un d'autre ici sait comment fonctionnent les renseignements"

    <b>Sur place - </b>Auditionné comme témoin par la cour d'appel de Paris, le général Rondot est revenu mercredi matin sur les raisons pour lesquelles il a rédigé ses fameuses notes sur l'affaire Clearstream et n'a pas manqué d'adresser, au cours de son monologue, une première pique à Dominique de Villepin.

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  • Clearstream : Villepin à l'épreuve du général Rondot

    <b>TF1 News, en direct du procès Clearstream - </b>Suivez, minute par minute, le procès en appel de l'affaire Clearstream avec notre envoyée spéciale. La journée de mercredi est essentiellement consacrée à l'audition très attendue du général Philippe Rondot.

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  • Clearstream : "Cette affaire, c'est un cauchemar"

    <b> Sur place -</b> L'audience de lundi matin était notamment consacrée à l'audition de l'épouse d'Imad Lahoud. Cette dernière a confirmé devant la cour d'appel de Paris que Dominique de Villepin avait demandé à ce que le manuscrit de son mari sur l'affaire Clearstream soit modifié pour ne pas le mettre en difficulté. TF1 News était présent.

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  • "Ne vous moquez-vous pas de la Cour, monsieur Lahoud ?"

    <b>TF1 News, en direct du procès Clearstream - </b>Suivez, minute par minute, le procès en appel de l'affaire Clearstream avec notre envoyée spéciale. La journée est consacrée à la poursuite de l'examen des faits et à l'audition de l'épouse d'Imad Lahoud.

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  • Clearstream : second round

    Le procès en appel de l'affaire Clearstream s'ouvre ce lundi à Paris, avec en prévenu vedette Dominique de Villepin. La Cour aura 4 semaines pour notamment tenter de déterminer à partir de quand l'ex-Premier ministre a su que les listings étaient faux.

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  • Clearstream : le procès en appel s'ouvre dans un climat apaisé

    Le procès en appel de l'affaire Clearstream s'est ouvert lundi à Paris, avec en prévenu vedette Dominique de Villepin. La Cour aura quatre semaines pour notamment tenter de déterminer à partir de quand l'ex-Premier ministre a su que les listings étaient faux.

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La réaction de Dominique de Villepin n'a pas tardé et a été virulente. S'exprimant devant les journalistes après ce réquisitoire de six heures, il a critiqué un parquet sous l'autorité de Nicolas Sarkozy. "Après six années d'un lynchage politique, médiatique et judiciaire, après avoir été déclaré innocent en première instance, le ministère public persiste et signe", a-t-il dit. "Tout ceci serait incompréhensible si on oublait que le ministère public est représentant du garde des Sceaux placé lui-même sous l'autorité du président de la République Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté. "Vous me permettrez en ces circonstances de vous réaffirmer mon souci de me battre pour la justice, la vérité mais bien plus ma détermination à combattre au service des Français", a-t-il conclu.

Prison ferme requise contre Lahoud et Gergorin

Concernant les deux autres protagonistes de l'affaire, le parquet général a requis 30 mois d'emprisonnement, dont 12 mois ferme,  ainsi que 45 000 euros d'amende contre l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin. C'est moins qu'en première instance où le procureur avait requis 3 ans de prison dont la moitié de prison ferme. Lors du premier procès, l'industriel avait écopé au final de 15 mois ferme et 40 000 euros d'amende. 

Concernant le mathématicien Imad Lahoud, le parquet général a requis 30 mois d'emprisonnement, dont 15 mois de prison ferme, et 45 000 euros d'amende. Là aussi, le réquisitoire est légèrement plus clément qu'en première instance où le procureur avait requis à son encontre deux ans de prison dont 18 mois ferme et 40 000 euros d'amende. Lors du jugement il avait finalement écopé de 18 mois de prison ferme et 40 000 euros d'amende.

Six heures de réquisitions

Villepin "complice par abstention"
Lors de son réquisitoire à l'encontre de Dominique de Villepin, l'avocat général Jean-Louis Perol a maintenu lundi que l'ex-Premier ministre s'était rendu coupable de "complicité par abstention" dans l'affaire Clearstream, en d'autres termes qu'il aurait dû stopper l'instigateur de la calomnie, Jean-Louis Gergorin. Il y avait "une convergence d'intérêts entre Dominique de Villepin et Jean-Louis Gergorin, l'un au sein d'EADS, l'autre au sein de l'UMP", a affirmé  l'avocat général. Le premier cherchait à écarter Nicolas Sarkozy de la route de l'Elysée, tandis que l'ancien vice-président d'EADS tentait de faire de même avec ses rivaux au sein du groupe aéronautique. Pour le ministère public, Dominique de Villepin, qui avait été relaxé en première instance, a "adhéré au dessein délictuel de Jean-Louis Gergorin". Selon lui, en janvier 2004, lors d'une réunion avec Jean-Louis Gergorin et le général Philippe Rondot au Quai d'Orsay, le Premier ministre "acquiert la connaissance des listings", sur lesquels ont été ajoutés des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, que l'on cherche à discréditer. Le 2 mars 2004, a-t-il poursuivi, "M. de Villepin acquiert la connaissance de la source", Imad Lahoud, et "apprend qu'elle est en délicatesse avec la  justice puisqu'elle est en garde à vue". Enfin, en juillet 2004, "il acquiert la connaissance de la fausseté des listings, c'est-à-dire du caractère calomnieux de la dénonciation et pourtant s'abstient d'intervenir auprès de Jean-Louis Gergorin" et "au contraire, s'engage dans une stratégie de dissimulation". Pour M. Perol, Dominique de Villepin avait le pouvoir d'arrêter la calomnie.
 
"Sans Gergorin, il n'y aurait pas d'affaire Clearstream"
"Malgré quatre ans d'instruction, je ne suis pas sûr que nous aurons des réponses à toutes nos questions, notamment la première : pourquoi cette manipulation, dans quel but, au profit de qui ?" avait averti quelques instants plus tôt Dominique Gaillardot, l'autre avocat général de la Cour d'appel de Paris. "Il y a cependant des éléments tangibles, des évidences, a-t-il poursuivi : oui, il y a bien eu une dénonciation et cette manipulation est à l'instigation de Jean-Louis Gergorin et de Jean-Louis Gergorin seul". Selon l'avocat général, la piste de la vengeance politique, privilégiée en première instance par Nicolas Sarkozy, dont le nom figurait sur les listings Clearstream, ne peut être à l'origine de la manipulation.

La manipulation aurait trouvé son origine dans "une rivalité industrielle", puis, "dans un second temps", elle aurait eu des conséquences politiques. L'ancien vice-président d'EADS a tenté de "déstabiliser tous ceux qui ne partageaient pas sa vision de l'avenir du groupe". Cette dénonciation calomnieuse, visant plusieurs de ses ennemis au sein d'EADS, était "une manière de garantir sa capacité d'influence et tout simplement sa place au sein du groupe". "Non seulement, Jean-Louis Gergorin est de mauvaise foi, mais plus prosaïquement, sans Gergorin, il n'y aurait pas d'affaire Clearstream", a  estimé le représentant du ministère public, pour qui "sans Gergorin, il n'y a  pas de Lahoud" non plus. "Le couple improbable Lahoud-Gergorin, c'est la rencontre de  deux intelligences, l'une scientifique et l'autre stratégique, mais de deux intelligences perturbées". Selon lui, "les listings sont bien la résultante des obsessions de l'un et des manipulations de l'autre". Soulignant sa "volonté de nuire hors du commun", l'avocat général estime que croire que Jean-Louis Gergorin s'est laissé manipuler par Lahoud, "ce serait faire offense à son intelligence". Et de conclure : "Ne vous laissez pas abuser par la fable du corbeau qui veut se faire passer pour un pigeon".
  
Lahoud : "menteur", "manipulateur", "rouage essentiel de cette manipulation"
Cette responsabilité de Jean-Louis Gergorin ne gomme pas pour autant celle de l'informaticien Imad Lahoud, a poursuivi Dominique Gaillardot. Selon lui, "indéniablement, Lahoud est un menteur, un affabulateur, un manipulateur". "Nous avons affaire à un escroc, un vrai", a-t-il affirmé. "Ne vous laissez pas abuser par sa position d'aujourd'hui, celle d'un modeste professeur de mathématiques", a-t-il encore mis en garde. Car "il est un rouage essentiel de  cette manipulation. Sans lui, les fichiers n'auraient pas été récupérés, transformés ni transmis." 

Par A.Gu. et D.H. (avec agences) le 23 mai 2011 à 20:04
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15 Commentaires

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  • pingouinux, le 24/05/2011 à 23h23

    Avez-vous lu l'article ?

  • __camille__, le 24/05/2011 à 17h01

    J'espère qu'après ce nième jugement on n'entendra plus jamais parler de ce dandy.

  • phil92210, le 24/05/2011 à 13h29

    3%, 3%... Tant que ça ?

  • henri_bambelle, le 24/05/2011 à 05h51

    Monsieur de Villepin n'est pas très cohérent : il a affirmé à plusieurs reprises qu'il a confiance en la justice de son pays.

  • fredjol, le 24/05/2011 à 01h59

    @franky37 : alors NS n'est pas derrière tout ca, car c'est bien le seul qui fait de la politique, de la vraie, actuellement. Alors que les Villepin (jamais elu), Borlo, Bayrou, Hollande, Aubry, etc. font de la choregraphie politicienne

  • clementine1218, le 23/05/2011 à 23h24

    Calimero le retour !

  • franky37, le 23/05/2011 à 23h02

    Et pourquoi pas ? Tous les coups sont permis, du moins, certains se permettent tous les coups même les plus bas.Quand on n'est pas capable de faire de la politique, de la vraie, c'est tout ce qu'il reste.

  • butineuse, le 23/05/2011 à 23h02

    Présomption de culpabilité?

  • asnieres22, le 23/05/2011 à 22h34

    Sans Villepin cette affaire n'aurait jamais vu le jour.La prison ferme aurait été normale

  • trunk69100, le 23/05/2011 à 22h16

    Il n'a qu'a faire appel si il est vraiment innocent dans l'histoire.

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