Clearstream : "Cette affaire, c'est un cauchemar"

Par , le 09 mai 2011 à 12h44 , mis à jour le 09 mai 2011 à 18h38

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Sur place - L'audience de lundi matin était notamment consacrée à l'audition de l'épouse d'Imad Lahoud. Cette dernière a confirmé devant la cour d'appel de Paris que Dominique de Villepin avait demandé à ce que le manuscrit de son mari sur l'affaire Clearstream soit modifié pour ne pas le mettre en difficulté. TF1 News était présent.

[Expiré] Anne-gabrielle Heilbronner, épouse d'Imad Lahoud, au palais de justice de Paris © AFP

TF1 News a suivi en direct, lundi matin, les débats au procès Clearstream.  Après une longue salve de questions adressées par la Cour d'appel de Paris et les avocats à Imad Lahoud, puis une brève suspension (cliquez ici pour lire la première partie consacrée à Imad Lahoud), les débats ont repris vers 11h30 avec l'audition très attendue d'Anne-Gabrielle Heilbronner, son épouse.

  • Clearstream : "votre robe, ce n'est pas le tablier de boucher"

    Les trois avocats de Dominique de Villepin ont demandé mercredi à la cour d'appel de Paris de prononcer à l'égard de leur client "une relaxe franche et sans équivoque".

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  • Clearstream : la défense de Villepin à la manoeuvre

    Après le réquisitoire de lundi, qui avait suscité l'ire de Dominique de Villepin, place à la défense : les avocats de l'ancien Premier ministre vont tenter de démonter les accusations qui pèsent contre leur client.

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  • Clearstream : sa condamnation requise, Villepin accuse

    Le parquet général de la cour d'appel de Paris a demandé lundi 15 mois de prison avec sursis contre Dominique de Villepin pour complicité de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream. L'ex-Premier ministre, relaxé en première instance, a aussitôt critiqué un parquet sous l'autorité de Nicolas Sarkozy.

    Publié le 23/05/2011 Clearstream : sa condamnation requise, Villepin accuse
  • Clearstream: l'heure du réquisitoire sonne pour Villepin

    Après trois semaines de procès, l'accusation va prendre la parole lundi pour demander à la cour d'appel de Paris de condamner Dominique de Villepin qui, selon elle, s'est rendu complice de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream.

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  • "Quelqu'un d'autre ici sait comment fonctionnent les renseignements"

    <b>Sur place - </b>Auditionné comme témoin par la cour d'appel de Paris, le général Rondot est revenu mercredi matin sur les raisons pour lesquelles il a rédigé ses fameuses notes sur l'affaire Clearstream et n'a pas manqué d'adresser, au cours de son monologue, une première pique à Dominique de Villepin.

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  • Clearstream : Villepin à l'épreuve du général Rondot

    <b>TF1 News, en direct du procès Clearstream - </b>Suivez, minute par minute, le procès en appel de l'affaire Clearstream avec notre envoyée spéciale. La journée de mercredi est essentiellement consacrée à l'audition très attendue du général Philippe Rondot.

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  • "Ne vous moquez-vous pas de la Cour, monsieur Lahoud ?"

    <b>TF1 News, en direct du procès Clearstream - </b>Suivez, minute par minute, le procès en appel de l'affaire Clearstream avec notre envoyée spéciale. La journée est consacrée à la poursuite de l'examen des faits et à l'audition de l'épouse d'Imad Lahoud.

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  • Quand ben Laden s'invite au procès Clearstream

    Dominique de Villepin a jugé jeudi qu'Oussama ben Laden était indirectement à l'origine de l'affaire Clearstream, lors de la troisième audience du procès en appel de l'affaire. Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud poursuivent quant à eux leur charge contre l'ex-Premier ministre.

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  • Imad Lahoud : "Je n'ai ajouté qu'un seul nom, Nagy et Bocsa"

    Le mathématicien Imad Lahoud a assuré mercredi devant la cour d'appel de Paris n'avoir ajouté qu'un seul nom sur les listings Clearstream, celui de Nicolas Sarkozy.

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  • Clearstream : le procès en appel s'ouvre dans un climat apaisé

    Le procès en appel de l'affaire Clearstream s'est ouvert lundi à Paris, avec en prévenu vedette Dominique de Villepin. La Cour aura quatre semaines pour notamment tenter de déterminer à partir de quand l'ex-Premier ministre a su que les listings étaient faux.

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Plus d'infos

Dans un courrier adressé à la cour à l'ouverture du procès et diffusé dans la presse, l'énarque et ancienne inspectrice des Finances assure avoir remis en 2007 le manuscrit de son époux, Un coupable idéal, à Philippe Faure, alors secrétaire général du Quai d'Orsay, afin qu'il le remette à Dominique de Villepin qui avait souhaité le lire. Elle l'aurait ensuite récupéré avec pour consigne à son mari d'en modifier deux passages embarrassants pour l'ancien Premier ministre.

 

11h40 : L'audience reprend. Tailleur noir strict, chemise blanche, visage fermé et cheveux courts, Anne-Gabrielle Heilbronner se présente à la Cour. Alors qu'elle souhaite prêter serment, la présidente refuse en raison de ses liens de parenté avec l'un des prévenus. L'épouse de l'informaticien Imad Lahoud est venue témoigner à charge contre Dominique de Villepin. Après s'être excusée sur la diffusion de sa lettre dans la presse avant que la Cour n'en ait elle-même eu connaissance, l'épouse d'Imad Lahoud explique, la voix tremblante : "cette affaire, c'est un cauchemar, un cauchemar pour moi. Avant Clearstream, Imad a déjà eu des ennuis et là tout a recommencé".
 
11h45 : A la Cour, l'énarque réaffirme qu'elle a elle-même transmis le manuscrit de son mari à Philippe Faure, à l'époque secrétaire général du quai d'Orsay. "Quand M. Faure dit que c'est faux, c'est un mensonge parce que c'est moi qui lui ai donné le manuscrit". "C'était quand ?", lui demande la présidente. "-Je ne me souviens pas""-C'est important?""-Je ne me souviens pas, c'était très probablement fin 2006 (...) je travaillais très fréquemment avec Philippe Faure. Un jour, il m'a demandé le manuscrit d'Imad Lahoud car Dominique de Villepin voulait le voir. Je lui ai remis dans son bureau dans une enveloppe kraft". Quelques jours plus tard, il la fait revenir dans son bureau et lui demande de modifier deux passages à la demande de Dominique de Villepin, "concernant l'épisode du Blackberry et le nombre de rencontres avec Gergorin", explique-t-elle Et de préciser : "J'ai transmis la demande à Imad. Après tout, qu'est-ce qu'il me demandait? De poser une question à mon mari".
 
11h55 : "Vous avez été entendue à trois reprises par les policiers et vous ne parlez pas du tout de cela. Au  contraire, vous dites que votre mari ne connaissait pas Dominique de Villepin ? "Je n'ai pas dit cela. J'ai répondu à toutes leurs questions. La question ne m'a pas été posée", répond l'épouse de l'informaticien. Et d'expliquer : "Je n'ai pas été témoin de rendez-vous directs entre Dominique de Villepin et Imad Lahoud. Mais je peux dire que le nom de Villepin était partout, dans toutes les conversations.(...) C'était la référence. Jean-Louis (ndlr : Gergorin) n'avait que ce mot à la bouche". "Il y a plein de choses que je n'ai pas vues ou que je n'ai pas comprises. J'ai monté une muraille de Chine pour protéger ma famille. Mais j'ai bien compris que Gergorin était le personnage central. Et s'il appelait Imad, il se rhabillait et il partait".

12 h : La présidente lit la lettre publiée par Philippe Faure  dans Le Monde, dans laquelle le diplomate la taxe d'ambitieuse. "Madame la Présidente, si j'étais vraiment ambitieuse, croyez-vous que je serai toujours avec Imad lahoud ?", lance énervée Anne-Gabrielle Heilbronner.
 
12h05 : Dominique de Villepin intervient à son tour et dément tout en bloc, calmement : "Je ne connais pas la femme d'Imad Lahoud, ni Imad Lahoud. Je n'ai jamais eu le manuscrit entre mes mains. Je vous confirme que Philippe Faure est mon ami." Et d'ajouter, avec un trait d'humour : "Etant écrivain moi-même, j'ai beaucoup de respect pour la liberté de plume. Pourquoi voulez-vous que je me soucie d'un éventuel livre qu'il écrivait ?".

12:25 : Attaquée par la défense de Dominique de Villepin, notamment Me Olivier Metzner, Anne-Gabrielle Heilbronner ne vacille pas. Elle répète : "Monsieur Faure ment (...) Il a fait une belle lettre (...) Mais, moi aussi, je suis un très haut fonctionnaire très respecté. Ce que j'ai vécu, c'est la vérité, je veux que la Cour le sache". Depuis le début de sa prise de parole, son mari, assis juste derrière, ne quitte pas son épouse des yeux.

12:45 : La cour revient sur les interceptions des conversations téléphoniques entre Imad Lahoud et son épouse en 2005. Un nom revient souvent, celui d'Eric Woerth, dont Anne-Gabrielle Heilbronner est alors la directrice de cabinet. "Je cherche à protéger Eric Woerth", explique-t-elle.

13:05 : Alors qu'elle est interrogée sur une conversation téléphonique remontant au 15 mai 2006, qu'elle a eue avec Nathalie Kosciusco-Morizet, Anne-Gabrielle Heilbronner perd ses mots un instant. La présidente lui propose de s'asseoir. Elle refuse. On lui apporte un verre d'eau. L'audience se poursuit. "C'est difficile, madame la présidente, car le 13 mai 2006 Imad avait fait une tentative de suicide", rappelle Mme Heilbronner pour justifier cette faiblesse passagère. "Quand Nathalie m'appelle, j'essaie de trouver une porte de sortie car Imad n'y arrive pas (...) La pression médiatique est effrayante. Et quand je dis qu'il faut que d'autres noms sortent, je pense à d'autres détenteurs du fichiers", et non à d'autres noms dans les listings. "Je ne veux pas qu'Imad porte tout tout seul".

13:20 :  "Savez-vous si votre mari a bien rencontré Oussama ben Laden ?" lui demande la défense de Villepin. "Je ne le lui ai pas demandé. Je ne m'intéresse pas à ça (...) Je suis désolée si cette attitude ne vous convient pas, mais c'est la mienne". "-Est-ce que Lahoud dit la vérité, ou ment-il, quand il dit qu'il a rencontré ben Laden trois fois, dont la dernière fois six mois avant les attentats du 11 septembre 2001 ?", poursuit l'avocat. "-Imad a complètement changé lors des années 2000-2004. Il n'a fait que des bêtises et c'est pour cela que nous sommes tous là aujourd'hui. Aujourd'hui, il est redevenu comme je l'ai connu. Quand il dit quelque chose, oui, je le crois".

13:30 : Jean-Louis Gergorin revient sur ses visites présumées très fréquentes chez les Lahoud. "Après le mois de novembre 2004 et notre mise en cause conjointe sur le plan médiatique, nos relations se sont développées. J'étais persuadé que cette affaire était un grand combat politique. Je suis effectivement allé chez Imad à plusieurs reprises", concède-t-il.

13:35 : Alors que Kami Haeri, l'avocat d'EADS interroge Anne-Gabrielle Heilbronner sur les motivations qu'auraient pu avoir son mari dans cette affaire, celle-ci répond, après avoir marqué un temps : "C'est difficile de répondre. Franchement, je en sais pas"

13h45  : A la fin de l'audition d'Anne-Gabrielle Heilbronner, l'audience est de nouveau suspendue jusqu'à 15h. Le reste de l'après-midi devait être consacré à la poursuite de l'examen des faits et notamment à la lecture des lettres du "corbeau", alias Jean-Louis Gergorin, envoyé au juge Renaud Van Ruymbeke.

Villepin :  d'autres ministères auraient pu stopper la manipulation Clearstream

Dominique de Villepin a affirmé lundi que d'autres que lui au sein de l'appareil d'Etat étaient conscients de la manipulation et auraient pu stopper la calomnie dès 2004. "Le ministère de la Justice est informé depuis début mai. Le ministère des Finances, qui est quand même bien placé pour connaître le fonctionnement d'une chambre de compensation (telle que Clearstream, ndlr), qu'est-ce qui l'empêche de mener une enquête? Et le ministère de la Défense, il ne saisit personne!" s'est étonné l'ancien Premier ministre. Le parquet général reproche à Villepin de n'avoir pas stoppé la machination visant à imputer des comptes bancaires factices à des personnalités dont Nicolas Sarkozy, alors qu'il savait que les listings étaient faux. "Je veux bien qu'on me reproche une abstention, a-t-il ironisé, mais cette abstention c'est celle de l'Etat", qui a agi "par précaution". A cette époque, "un juge est saisi et pas n'importe quel juge", rappelle Dominique de Villepin, en faisant référence au juge Renaud van Ruymbeke qui enquête depuis mai 2004 sur les listings que lui a soumis l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin. "Comment peut-on parler d'inaction dès lors que c'est l'un des meilleurs juges français qui est saisi?" Quant à la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), qui dépend du ministère de la Défense alors dirigé par Michèle Alliot-Marie, "que dit-elle" quand elle a connaissance en juillet 2004 de l'article du Point révélant l'affaire?

Par Alexandra Guillet le 09 mai 2011 à 12:44
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5 Commentaires

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  • asnieres22, le 09/05/2011 à 21h44

    Villepin,mal barré...

  • juniorgros1475, le 09/05/2011 à 18h28

    Tiens, pas de commentaires pour dire que c'est la faute à mitterand ou au PS... ça doit pourtant en démanger certains

  • jbparis18, le 09/05/2011 à 16h40

    PASQUA , VILLEPIN , TIBERI , CHIRAC etc etc selon que vous ...............................................

  • pilonduroi, le 09/05/2011 à 16h38

    Tout le monde sait que villepin est dessous tout cela... C'est lui qui avait interré de faire tomber Sarko

  • goleador56, le 09/05/2011 à 14h13

    Villepin pom pin pom pin pom....

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