Clearstream : quand Villepin s'emporte

le 12 mai 2011 à 19h38 , mis à jour le 12 mai 2011 à 19h43

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Alors que le général Rondot a tenu bon jeudi, réaffirmant avoir averti Dominique de Villepin de la falsification des listings dès l'été 2004, ce que nie l'ancien Premier ministre, ce dernier est sorti de ses gonds.

[Expiré] clearstream villepin © AFP/BENOIT PEYRUCQ

Le général Philippe Rondot a continué jeudi à décortiquer face à la cour d'appel de Paris les carnets où il a consigné les épisodes-clés de l'affaire Clearstream, mettant une nouvelle fois à rude épreuve la défense de Dominique de Villepin qui a fini par sortir de ses gonds. L'ancien agent de renseignement a troqué son costume anthracite contre l'ensemble kaki qu'il avait étrenné en première instance. Si la tenue a changé, l'aplomb est resté le même. Le militaire, qui a enquêté sur l'affaire Clearstream, a réaffirmé avoir eu connaissance de la falsification des listings dès juillet 2004 et en avoir averti immédiatement l'ancien Premier ministre. Ce que nie Dominique de Villepin. Ce point est central pour l'accusation qui affirme que le prévenu, alerté de la calomnie, aurait pu y mettre fin.

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Plus d'infos

 
A cette époque, l'officier rentre de Suisse où les autorités viennent d'opérer des vérifications qui l'ont convaincu que les listings ont été falsifiés et que certains noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, y ont été ajoutés pour les discréditer. Le 19 juillet 2004, lors d'une réunion au ministère de l'Intérieur, "j'informe Dominique de Villepin de la certitude, j'insiste sur ce mot, que nous avons Philippe Marland (le directeur de cabinet de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, ndlr) et moi-même de la fausseté des listings", assène le général Rondot. Dans une note qu'il a rédigée juste après, l'officier écrit : "Mes vérifications ne sont pas venues étayer la thèse de Jean-Louis Gergorin. Mes doutes et interrogations demeurent". Plus loin, il cite une remarque qu'aurait eue alors Dominique de Villepin: "Si nous apparaissons, le PR (le président de la République, ndlr) et moi, nous sautons". Philippe Rondot a redit jeudi, mais cette fois avec une indéboulonnable assurance, qu'il était alors convaincu que "les listings étaient faux". "Mes doutes et interrogations concernent seulement l'origine du montage et comment ça s'est passé."
 
"Farfelues"
 
Pour Dominique de Villepin, c'en est trop. Lui, qui depuis mercredi redoublait de courtoisie à l'égard du général, sort de ses gonds. "Moi, je veux bien qu'on fasse des hypothèses, tonne-t-il, mais ce n'est absolument pas ce qui est dit" dans les notes du militaire. Ces déclarations sont "farfelues". "Est-ce que j'aurais saisi le général Rondot si j'étais au courant de la fausseté des listings?! (...) Je ne sais toujours pas aujourd'hui ce qu'on me reproche. Comme ministre, j'ai obéi à des principes et je n'y ai jamais dérogé!" Il se rassoit. Solennel. La salle fait silence. Imperturbable, le général Rondot reprend sa place derrière le pupitre. "Bon, je poursuis..."
 
Quelques minutes plus tard, l'ancien diplomate repart à l'assaut pour contester la citation qui lui est attribuée sur le président et lui-même qui "sauteraient", semble-t-il si on apprenait leur rôle dans la dénonciation calomnieuse. Il la reconnaît mais en modifie l'interprétation. C'est qu'à l'époque, rappelle-t-il, "il y a des gens dans Paris qui disent que c'est le président de la République et Dominique de Villepin qui sont les responsables d'une manipulation. (...) Mes inquiétudes, elles sont politiques et médiatiques, au vu de ce qui circule car nous savons que Nicolas Sarkozy et son entourage désignent" des responsables. "Il y a eu dès l'origine l'impression qu'il y avait des coupables, le président de la République et moi-même". Le général Rondot aurait mal compris, car "la prise de notes est un exercice difficile. Il notait à la volée, sur son ventre, ça peut parfois conduire à différentes interprétations", dit Dominique de Villepin, qui immédiatement rassure en un large sourire: "je vous dis cela avec tout le respect que je porte au talent du général Rondot".

le 12 mai 2011 à 19:38
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8 Commentaires

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  • pimpampooom, le 13/05/2011 à 11h59

    Monsieur de Villeppin est venu ... il a vu ... et il l'a eu dans le ... bref ! à trop pavoiser ces derniers temps ... on l'entend moins, l'impression que le vent tourne ??!

  • lolo.75010, le 13/05/2011 à 10h19

    Il n'y a que la vérité qui fache.

  • 89max, le 13/05/2011 à 10h12

    Bien sur NS est un ange de vertu!

  • ettenaf, le 13/05/2011 à 10h07

    Pourquoi cela l'a été une fois

  • asnieres22, le 13/05/2011 à 08h54

    Villepin,très très mal barré...

  • lalys59, le 13/05/2011 à 01h20

    M.De Villepin, je ne vous crois pas, je ne vous ai jamais cru, vous avez toujours détesté M.Sarkosy et certains autres apparemment, et en politique beaucoup se croient obliger de salir d'autres (même de leur propre camp) pour les évincer , très bientôt cette manière d'agir reprendra avec les PS, ça ne fait pas l'ombre d'un doute , un jeu de quille ce métier ! ! !

  • enghien, le 12/05/2011 à 23h19

    De Villepin ne manque pas de culot......quel applomb........il est très décevant et sa quote de popularité montre bien que personne ne croit à ses mensonges

  • clementine1218, le 12/05/2011 à 22h57

    C'est pas son année !

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