"Quelqu'un d'autre ici sait comment fonctionnent les renseignements"

Par , le 11 mai 2011 à 14h44 , mis à jour le 11 mai 2011 à 22h43

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Sur place - Auditionné comme témoin par la cour d'appel de Paris, le général Rondot est revenu mercredi matin sur les raisons pour lesquelles il a rédigé ses fameuses notes sur l'affaire Clearstream et n'a pas manqué d'adresser, au cours de son monologue, une première pique à Dominique de Villepin.

[Expiré] Le général Rondot à son arrivée au palais de justice le 11 mai 2011 © AFP

Il est arrivé à la barre peu avant midi. Costume gris anthracite, cravate bleue, sacoche en cuir marron à la main. Le général décline son identité "Philippe Rondot, né le 5 octobre 36, officier général de la deuxième section", avant de prêter serment. "Vous allez nous expliquer dans quel contexte vous vous êtes retrouvé en relation avec Monsieur Lahoud", explique alors la présidente de la cour. "Si vous permettez, madame la présidente, Je vais d'abord reprendre l'exposé que j'ai fait le 5 octobre 2009, dans ses grandes lignes, en y ajoutant quelques précisions ou rectifications car certains points ont été mal interprétés depuis".

  • Clearstream : "votre robe, ce n'est pas le tablier de boucher"

    Les trois avocats de Dominique de Villepin ont demandé mercredi à la cour d'appel de Paris de prononcer à l'égard de leur client "une relaxe franche et sans équivoque".

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  • Clearstream: l'heure du réquisitoire sonne pour Villepin

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  • Villepin arrondit les angles face au général Rondot

    C'est avec un aplomb plus affirmé qu'en première instance que le général Philippe Rondot a contredit mercredi Dominique de Villepin à propos de plusieurs épisodes de l'affaire Clearstream devant la cour d'appel de Paris.

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  • Clearstream : "Cette affaire, c'est un cauchemar"

    <b> Sur place -</b> L'audience de lundi matin était notamment consacrée à l'audition de l'épouse d'Imad Lahoud. Cette dernière a confirmé devant la cour d'appel de Paris que Dominique de Villepin avait demandé à ce que le manuscrit de son mari sur l'affaire Clearstream soit modifié pour ne pas le mettre en difficulté. TF1 News était présent.

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  • "Ne vous moquez-vous pas de la Cour, monsieur Lahoud ?"

    <b>TF1 News, en direct du procès Clearstream - </b>Suivez, minute par minute, le procès en appel de l'affaire Clearstream avec notre envoyée spéciale. La journée est consacrée à la poursuite de l'examen des faits et à l'audition de l'épouse d'Imad Lahoud.

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    Le procès en appel de l'affaire Clearstream s'est ouvert lundi à Paris, avec en prévenu vedette Dominique de Villepin. La Cour aura quatre semaines pour notamment tenter de déterminer à partir de quand l'ex-Premier ministre a su que les listings étaient faux.

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Le militaire rappelle qu'à l'époque des faits, il était conseiller pour les opérations spéciales au ministère de la Défense. "C'est une fonction de conseiller et non de coordinateur des services de renseignement que sont la DGSE, DRM et COS (ndlr : Direction générale des services extérieurs, Direction du renseignement militaire et Commandement des opérations spéciales), précise-t-il. Je n'ai aucune autorité sur ces services. En revanche, quand je demande une assistance auprès de ces services, ils me l'accordent".
 
"Mes notes, ce n'est pas du mezzé" !
 
Le général Rondot, qui quittera ses fonctions en décembre 2005 sans avoir de successeur, revient ensuite de son propre chef sur les fameuses "notes" récupérées en mars 2006 lors des trois perquisitions à ses domiciles. "Je précise que ces documents étaient destinés à rejoindre le service historique de la Défense". Parmi ces documents figuraient notamment des verbatims de ses entretiens avec sa hiérarchie.  De nombreux passages, dans ces documents versés à l'enquête, discréditent la parole de Dominique de Villepin et se retrouvent donc au cœur de cette affaire judiciaire.

"Concernant les fameux verbatims qui intéressent tant, c'est moi qui les ait écrit, c'est moi qui peut les interpréter. Ce n'est pas un mezzé, ce plat libanais où chacun picore ce qu'il veut pour mettre dans son assiette. Ces verbatims, on doit les prendre comme un exercice de mémoire", explique-t-il d'un ton monocorde, le verbe toujours précis. "J'ai été traité de scribe, j'accepte ce terme". Et d'expliquer qu'il est issu d'une famille de militaires qui tenaient tous un "journal de marche". "Naturellement et très tôt, j'ai pris aussi cette habitude. Je redis aujourd'hui, ce journal a été détruit quand j'ai quitté mes fonctions en 2005", explique-t-il.
 
 Gergorin était "sincère" et Lahoud "un escroc aux renseignements"

Pousuivant son monologue devant la cour, le général Philippe Rondot en vient aux prévenus dans cette affaire. Jean-Louis Gergorin ? "Je crois à sa sincérité", explique-t-il. "Je l'ai connu au Centre d'Analyses et de Prévisions", rappelle le militaire. Jean-Louis Gergorin est une "personnalité attachante, c'est un ami  et ce n'est pas parce qu'il est en difficulté aujourd'hui que je lui retire mon amitié", avant d'ajouter :"mais c'est aussi quelqu'un d'impulsif, d'une intelligence qui bousculait la notre à côté de la sienne. Je l'écoutais et suivais ses recommandations". "Bien sûr, il a une nature débordante, l'obsession du complot. Mais il a rendu aussi d'éminents services à son pays".

Concernant sa "source", l'informaticien Imad Lahoud, les mots du militaire sont nettement moins élogieux. Sans le regarder une seule fois, alors qu'il se tient à deux mètres de lui, il précise qu'il ne l'a "jamais tutoyé", n'a "jamais dîné" avec lui. De lui, il dit "Lahoud a beaucoup menti. Il a tellement  menti que même si un jour il lui arrivait de dire la vérité, il ne serait pas cru. Bien sûr, M. Imad Lahoud m'a abusé. C'est un escroc aux renseignements. Mais ce n'est pas facile de faire le tri dans les sources que l'on a", martèle-t-il pour répondre aux attaques qu'il a subi à ce sujet lors du premier procès.

Premier tacle contre Villepin

"Je récuse toutes les critiques que j'ai pu subir sur ma capacité  d'officier de renseignement. (...) Je récuse les commentaires des personnes qui ont pour seules connaissances OSS 117 et James Bond", insiste l'ancien agent de renseignement auprès du ministère de la Défense, qui poursuit son monologue depuis une demi heure maintenant. "En revanche, poursuivi-t-il, il est quelqu'un ici qui sait comment fonctionnent les services de renseignement, c'est monsieur Dominique de Villepin, en tant que ministre des Affaires étrangères, en tant que ministre de l'Intérieur et en tant que Premier ministre. Il sait de quoi il parle en tant qu'initiateur ou de donneur d'ordres".
 
"Sans vouloir jeter la pierre, car chacun porte une part de  responsabilité", le général évoque ensuite, sous l'œil attentif de son avocat Eric Morain, discrètement installé au fond de la salle d'audience, la tentative avortée de juillet 2003 pour libérer Ingrid Betancourt des FARC en Colombie. "Le gouvernement a essayé de monter une opération de sauvetage. L'affaire a été un fiasco, Dominique de Villepin a été montré du doigt et  nos services jetés aux orties", rappelle-t-il. Et d'en tirer une leçon "Dans le traitement des sources", il faut savoir "rester humble". Dominique de Villepin ne bronche pas, mais l'attaque est directe. Malgré les protestations du général, qui souhaite finir son monologue, la présidente lève la séance, le temps d'une pause déjeuner. L'après-midi devait se poursuivre par des questions de la cour et des avocats des trois prévenus. 

Par Alexandra Guillet le 11 mai 2011 à 14:44
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3 Commentaires

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  • nicapae, le 11/05/2011 à 18h35

    Bof, en france avez vous deja vu un haut responsable politique condamné ?

  • ivopera, le 11/05/2011 à 17h55

    Villlepin sent la malhonneteté à plein nez. Mais gardons la présomption d'innocence, il reste aujourd'hui un innocent au regard du droit.

  • asnieres22, le 11/05/2011 à 17h24

    Villepin est mal barré

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