Villepin arrondit les angles face au général Rondot

le 11 mai 2011 à 22h26 , mis à jour le 11 mai 2011 à 23h03

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

C'est avec un aplomb plus affirmé qu'en première instance que le général Philippe Rondot a contredit mercredi Dominique de Villepin à propos de plusieurs épisodes de l'affaire Clearstream devant la cour d'appel de Paris.

[Expiré] Le général Rondot à son arrivée au palais de justice le 11 mai 2011 © AFP

Après avoir chatouillé l'honneur du général Rondot en première instance, Dominique de Villepin a fait assaut de courtoisie en appel. Mais cette déférence appuyée n'a pas empêché l'officier d'ébranler sérieusement la défense de l'ancien Premier ministre. "Le général Rondot a raison!" Dès qu'il le peut, mercredi, Dominique de Villepin soutient le militaire et multiplie les sourires. Alors qu'en première instance, il n'avait cessé de contester les notes prises par le général Rondot dans le cadre de l'affaire Clearstream, l'ancien Premier ministre opère un virage à 180 degrés. Il est même "d'accord à 100%" avec le général.

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  • "Quelqu'un d'autre ici sait comment fonctionnent les renseignements"

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  • Clearstream : Villepin à l'épreuve du général Rondot

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Pourtant cet accord parfait n'est que de façade. Car Dominique de Villepin ne choisit dans les déclarations du général que celles qui l'exonèrent des accusations de "complicité" dans cette affaire de dénonciation calomnieuse où des listings bancaires ont été falsifiés afin de faire croire que des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, trempaient dans des affaires mafieuses. Ainsi du récit que le militaire fait de la réunion du 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay, en présence de Dominique de Villepin et de son co-prévenu Jean-Louis Gergorin, l'ancien ministre ne retient qu'une chose : "Nous sommes d'accord: ce n'est pas une réunion de conspirateurs". Pourtant un gouffre les sépare : alors que le général Rondot affirme que le ministre s'est recommandé d'une instruction du président Jacques Chirac, Dominique de Villepin dément avoir donné une instruction concernant le dossier Clearstream. Mais peu importe pour le fondateur de République solidaire, il s'agit juste d'"un ressenti différent", "des événements secondaires au regard de l'essentiel".
 
Rondot se refuse à passer pour "l'idiot du village"
 
A deux autres reprises, le même scénario se reproduit. Ainsi le général Rondot affirme qu'il a eu connaissance de la falsification des listings Clearstream dès juillet 2004 et qu'il en a immédiatement averti Dominique de Villepin. Il assure également qu'en mars 2004, le ministre lui a téléphoné pour qu'il fasse libérer Imad Lahoud, le faussaire présumé, alors en garde à vue pour une affaire d'escroquerie. Quand Dominique de Villepin redouble de précautions oratoires et se contente de dire qu'il n'a pas sur ces points "le même souvenir" que le général Rondot, celui-ci reste courtois mais sa réponse ne laisse pas place au doute: "je dis que nous sommes en désaccord".
 
Alors qu'au premier procès, l'agent de renseignement semblait tétanisé face à l'ancien Premier ministre, mercredi, le septuagénaire s'est refusé à passer pour un "berniche", un terme qui dans le Morvan désigne "l'idiot du village"."Mon honneur a été touché", a-t-il prévenu, rappelant qu'il avait peu goûté, devant le tribunal, de se faire traiter de "militaire rigide" ou de "général menteur". Quant à ses carnets, a-t-il mis en garde, "ce n'est pas comme un mezze libanais, c'est-à-dire une multitude de plats où chacun picore ce qu'il aime pour en faire son assiette."

Pour la première fois, l'officier a livré son sentiment sur le véritable cerveau de la machination. Alors que le jugement de janvier 2010 fait de Jean-Louis Gergorin le grand instigateur du complot, Philippe Rondot a dit mercredi sa conviction que l'ancien responsable d'EADS n'avait pas agi de mauvaise foi. "Bien sûr, il a une nature débordante, parfois fantasmagorique. Mais il a rendu aussi d'éminents services à son pays", a expliqué Philippe Rondot, avant d'ajouter: "Je crois à sa sincérité". Le militaire s'est montré moins élogieux à l'égard du mathématicien Imad Lahoud. Il "a beaucoup menti. Il a tellement menti que même si un jour il lui arrivait de dire la vérité, il ne serait pas cru." L'audition du général Rondot doit s'achever jeudi après-midi.

le 11 mai 2011 à 22:26
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2 Commentaires

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  • snakeyes-92, le 12/05/2011 à 09h29

    Out of ring 2012

  • chl92, le 11/05/2011 à 23h17

    Villepin out !

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