Condamnés dangereux : les maires ne seront pas prévenus

Par , le 12 janvier 2012 à 16h52 , mis à jour le 12 janvier 2012 à 17h04

Dossier : Délinquants sexuels: quel suivi ?

Lors de l'examen du projet de loi sur l'exécution des peines, les députés ont repoussé de justesse un amendement UMP qui permettait à un maire d'être informé de la présence de condamnés considérés comme dangereux et susceptibles de récidiver.

L'amendement, déposé par Richard Mallié (UMP) et signé par près de 200 députés du même bord, prévoyait qu'"à sa demande", un maire puisse être informé par le parquet de la présence d'une personne "faisant l'objet d'une surveillance judiciaire" (au moins dix ans de prison avec risque de récidive)  ou d'une "surveillance de sûreté" (après une période de rétention de sûreté).    

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Le texte a finalement été repoussé de justesse jeudi par les députés, avec les voix de la gauche, qui le jugeait "dangereux", et a fait l'objet d'un long débat divisant la majorité, lors de l'examen du projet de loi sur l'exécution des peines. Le ministre de la Justice, Michel Mercier, a soutenu l'initiative estimant que cela allait permettre à un maire "de prendre des décisions" tout en soulignant qu'il "n'avait pas pour objectif de le transformer en auxiliaire de justice". Le texte "On marche sur du sable", a mis en garde Marylise Lebranchu (PS), ex-ministre de la Justice. "Il va pleuvoir des plaintes au titre qu'ils savaient et qu'ils n'ont pas agi" car ils ne peuvent rien faire, a-t-elle ajouté.
  
Le rapporteur du projet de loi, Jean-Paul Garraud (UMP), s'est lui aussi montré réticent, craignant "un piège pour les maires". "Que va-t-il faire de cette information?" impossible à divulguer, du fait du secret professionnel. "Il faudrait qu'il puisse partager l'information avec la police ou avec le directeur d'école", a-t-il plaidé. Emile Blessig (UMP) a dit craindre lui aussi que cela se "retourne contre le maire" et Patrice Martin-Lalande (UMP) a jugé l'amendement "dangereux".

Information des établissements scolaires. Si l'amendement sur les maires a été retoqué, en revanche, les élus ont adopté un amendement prévoyant qu'"en cas de placement sous contrôle judiciaire pour des crimes ou délits violents ou de nature sexuelle, la justice informe les responsables des établissements scolaires de cette mesure et de la nature des faits commis". Cette mesure fait suite au meurtre en novembre dernier dans la Haute-Loire d'une adolescente, Agnès, par un lycéen de son internat qui avait été mis en examen pour viol en 2010 dans le Gard. Un amendement de l'UMP Jean-Paul Gara a également été adopté qui propose d'améliorer l'échange d'informations "entre la justice et les médecins qui suivent les personnes poursuivies ou condamnées pour des crimes ou délits violents ou de nature sexuelle ou justifiant un traitement et qui sont soumis à une obligation de soins ou une injonction de soins".
 
Incitation financière pour les experts psychiatres. Des internes en psychiatrie pourront obtenir une incitation financière pour pallier la pénurie d'experts psychiatres que connaît la justice, s'ils s'engagent à suivre un cursus en sciences criminelles ou psychiatrie, a également voté jeudi l'Assemblée. Ils devront aussi s'engager à être inscrits pour deux ans au moins, une  fois leurs études finies, sur une des listes d'experts judiciaires près les cours d'appel, lorsque le nombre des experts y figurant est insuffisant. Pour augmenter le nombre d'experts psychiatres judiciaires, le projet de  loi prévoit aussi une indemnité pour perte de ressources de 300 euros, en complément du tarif de l'expertise elle-même, lorsque l'expertise sera conduite par un psychiatre libéral.
  
24.000 places de prison supplémentaires. Dès mercredi soir, les députés avaient voté la création de 24.000 places de prisons supplémentaires d'ici 2017, dont une partie sera construite dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), et dont certaines seront réservées aux détenus condamnés à moins d'un an de prison. "C'est une nécessité absolue aujourd'hui", a plaidé le député Eric Ciotti (UMP). Il s'agit de réduire de 35.000, sur 87.000 actuellement, le nombre de  peines en attente d'exécution d'ici 2017. Ces peines ne concernent que les délits, et non les crimes. "Tout est concentré sur l'enfermement ferme", a déploré Dominique Raimbourg  (PS). "Cela veut dire 15.000 surveillants en plus, je ne suis pas sûr que vous avez les budgets", a interrogé pour sa part l'ancienne ministre de la Justice socialiste, Marylise Lebranchu.

A aussi été adopté la création de 20 centres éducatifs fermés supplémentaires ainsi que la généralisation des bureaux d'éxécution des peines  et des bureaux d'aide aux victimes.
 
Ce texte, qui devrait être le dernier de la législature en matière pénale, est examiné en urgence, avec une seule lecture par chambre. Le vote solennel des députés est prévu mardi prochain.    

Par Alexandra Guillet le 12 janvier 2012 à 16:52
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23 Commentaires

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  • cathyrurale, le 13/01/2012 à 11h12

    Maintenant on saie ce que va être la France si la gauche passe en 2012.

  • m.fred, le 13/01/2012 à 11h09

    Madame Le ministre de la Justice, et nos élus, oublient que les maires sont OPJ (Offcier de police judiciaire...)Michel Mercier, a soutenu l'initiative estimant que cela allait permettre à un maire "de prendre des décisions" tout en soulignant qu'il "n'avait pas pour objectif de le transformer en auxiliaire de justice".

  • 732..poitier, le 13/01/2012 à 10h51

    Et voila la gauche comme toujours est contre... la liberté sans conditions pour tous les voyous. et cinglé.s....et peu importe si des innocents paient de leur vie....la gauche à dit non....

  • tongji01, le 13/01/2012 à 06h25

    Ce systematisme maladif qu'a la Gauche a s'opposer a quoi que ce soit venant de la Droite est honteux.Qu'y a t il de si terrible qu'on previenne un elu local d'un danger potentiel dans sa commune ?

  • bill_boquet, le 13/01/2012 à 06h16

    Les maires qui ne sont pas prévenus peuvent toujours démissionner. Ce sera sans doute un bon moyen de favoriser leur information. Quand il n'y aura plus de maire ou d'adjoint dans 35000 communes de France, les préfets seront débordés par les tâches administratives. Il devront sans cesse se déplacer pour célébrer les mariages et gérer les affaires courantes. Ils auront l'avantage, eux, de savoir où se trouvent les condamnés dangereux.

  • edg66, le 13/01/2012 à 06h15

    Il serait bon pourtant que les citoyens sans histoires soient informés des antécédants de leur(s) voisin(s) condamnés pour des faits graves, cela éviterait sans doute que des enfants soient en contact avec des prédateurs sexuels ou autres inhumains....

  • bod51, le 13/01/2012 à 04h16

    Inadmissible

  • ilesmarquises, le 13/01/2012 à 04h15

    Oui, même si les directeurs sont informés, que peuvent-ils faire ? Il ne vont pas accrocher une pancarte au cou de l'élève jugé dangereux, et les jeunes filles continueront à côtoyer des violeurs ou assassins en puissance sans être prévenues ! Le mieux c'est que ce genre de personnage ne puisse pas être accepté dans le circuit normal , il faut protéger en priorité les victimes, pas les coupables.

  • clementine1218, le 13/01/2012 à 02h57

    Et oui encore la gauche !

  • 1raleur, le 12/01/2012 à 21h02

    Si tous les députés UMP avaient été présents à l'assemblée , n'étaient pas divisés , étant donné qu'ils sont majoritaires , le projet de loi aurait été voté sans problème.. Je comprends , quand par exemple , on est en même temps maire , député , avocat , leader d'un parti politique et en pleine campagne électorale, qu'on aie pas de temps à perdre à l'assemblée .

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