Le site Copwatch. © TF1/LCI
- Copwatch : polémique autour du site anti-abus policiers - 02 min 15 s
Guéant veut s'attaquer de nouveau à "Copwatch"
Le ministre de l'Intérieur assure qu'il va "redemander" la fermeture du site qui fiche les policiers, et qui est de nouveau actif depuis mardi après plusieurs mois d'interruption sur ordre de la justice.
Publié le 29/01/2012
Copwatch fait son retour
Bloqué en octobre 2011 après un référé du ministre de l'Intérieur, le site internet de fichage des policiers Copwatch a été réactivé mardi, suscitant des réactions syndicales policières "indignées".
Publié le 25/01/2012
La justice bloque Copwatch
Le tribunal des référés de Paris a ordonné vendredi aux fournisseurs français d'accès à internet de bloquer l'accès, à partir du territoire français, au site internet qui fiche policiers et gendarmes au nom de la lutte contre les "violences policières".
Publié le 14/10/2011
La justice va-t-elle faire bloquer le site Copwatch ?
Le tribunal de grande instance de Paris examine mercredi un référé du ministre de l'Intérieur Claude Guéant visant à obtenir le blocage des "pages diffamatoires et injurieuses" du site internet Copwatch, qui fiche policiers et gendarmes sur le net.
Publié le 12/10/2011
Le "copwatch" (littéralement, surveillance de flics) est une pratique lancée aux Etats-Unis par le mouvement des Black Panthers dans les années 60. Et elle est encore aujourd'hui bien implantée outre-Atlantique, notamment grâce au web. En France, le site "Copwatch Nord IDF" s'attire, depuis son apparition, les foudres des syndicats de police, qui y voient un instrument destiné à intimider les policiers et une incitation aux représailles, et du ministère de l'Intérieur. Dernière pression en date : le ministère a déposé un référé d'heure à heure, qui sera examiné le 12 octobre par le Tribunal de grande instance de Paris, visant à obtenir des fournisseurs d'accès le blocage de pages jugées "diffamatoires et injurieuses" du site.
Cette démarche marque un changement de stratégie de l'Intérieur, qui vise non plus seulement le site lui-même, mais s'efforce aussi de limiter son accès. Elle s'ajoute à deux plaintes en diffamation déjà déposées cette semaine par la place Beauvau, alors que Claude Guéant s'est publiquement indigné de "ce fichage (...) absolument insupportable et scandaleux". Cette nouvelle demande du ministère s'appuiera notamment sur la plainte déposée lundi en Seine-et-Marne par un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris, qui a reçu une cartouche de chasse dans sa boîte aux lettres. Dans sa plainte, il explique qu'il a été "fiché" sur Copwatch, où il figurait en photo. Alliance, deuxième syndicat de gardiens de la paix, avait déjà annoncé le 30 septembre que "des dizaines de policiers fichés" sur Copwatch avaient déposé plainte contre le site. Mais cela ne concernait que le "fichage" et non des menaces directes.
Bases de données ou travail sur le terrain ?
Le site au coeur de la polémique, qui se veut l'oeuvre d'un "collectif de citoyens souhaitant lutter par la transparence et l'information contre les violences policières", publie des photos de policiers à qui il attribue des propos et auxquels il donne des appréciations. Ainsi, un brigadier dont, selon Alliance, le nom est affiché sous sa photo, est qualifié de "stratège des guet-apens et chasses aux pauvres" qui "n'hésite pas à faire tabasser des personnes sur les marchés" et "les placer en garde à vue". Ces photos, rapporte le syndicat, sont bien celles de policiers, parisiens pour la plupart, et ont "sans doute été prises à leur insu à l'aide de téléphones portables". Mais les informations diffusées sur le site sont parfois aussi tirées des pages personnelles des fonctionnaires laissées sur différents réseaux sociaux. En 2010, la direction de la police nationale avait mis les fonctionnaires en garde sur l'usage de ces réseaux, en leur rappelant leurs "obligations déontologiques" et le "secret professionnel", et en ajoutant qu'ils s'exposaient à d'éventuelles actions de malveillance.
Mais pour le syndicat Alliance, les informations diffusées vont plus loin : le syndicat policier reproche au site de fournir "des renseignements précis sur l'ensemble des forces de l'ordre par le biais d'articles (de presse), d'images photo et vidéo mais aussi et surtout de trois larges bases de données sur la police". Un "fichage contraire à la loi", assure Alliance. Ce que réfutent les responsables du site Copwatch Nord IDF, en affirmant qu'une telle base de données n'existe pas, et que toutes les informations diffusées proviennent d'un "travail de terrain" mené sur de nombreux mois. Tout en faisant explicitement référence à l'exemple américain : "Nous vous présentons ce que les 75 groupes de copwatch des USA ont créé ces 20 dernières années : une base de donnée nationale regroupant des informations de 212.000 officiers de police américains", soulignent-ils à titre de comparaison. Avant d'ajouter : "La CIA et le FBI n'ont jamais réussi à la supprimer".
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Guéant veut s'attaquer de nouveau à "Copwatch"
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