Les réponses n'ont pas tardé à la publication jeudi en début d'après-midi du rapport final du BEA, l'organe chargé de l'enquête technique sur l'accident du vol d'Air France Rio-Paris qui a fait 228 morts le 1er juin 2009. Rapport qui conclut à des causes humaines et techniques ainsi qu'à des problèmes de formation et de prévention (lire notre article >Crash du Rio-Paris : les pilotes, mal formés, ont "perdu la situation"), tout en estimant que la catastrophe aurait "sans doute" pu arriver à d'autres équipages.
La compagnie aérienne Air France a assuré que l'équipage du Rio-Paris était resté "engagé dans la conduite du vol jusqu'aux derniers instants", après la remise du rapport définitif du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) sur les causes du tragique accident. "Le rapport du BEA décrit un équipage qui agit en fonction des informations fournies par les instruments et systèmes de bord, et du comportement de l'avion tel qu'il était perceptible dans le cockpit", indique Air France dans un communiqué. Air France énumère ainsi les "indications des instruments, déclenchements et arrêts des alarmes, bruits aérodynamiques" ou encore "les vibrations de l'appareil". "La lecture qui en a été faite ne leur a pas permis d'appliquer les actions appropriées", poursuit la compagnie. Elle tient à rendre hommage au "courage" du commandant de bord et des deux officiers pilotes de ligne "et à leur détermination dans ces conditions extrêmes". La compagnie "souhaite à nouveau rendre hommage à la mémoire des passagers et membres d'équipage qui ont perdu la vie dans cet accident, et adresse ses pensées les plus sincères à leurs familles".
De son côté, le transporteur aérien Airbus a promis qu'il prendrait "toutes les mesures" nécessaires pour améliorer la sécurité aérienne. Airbus "prendra toutes les mesures qui permettront de contribuer à cet effort collectif en faveur de l'optimisation de la sécurité aérienne", dit-il dans un communiqué. Le groupe "a déjà commencé à travailler au niveau industriel afin de renforcer les exigences relatives à la résistance des sondes Pitot" mises en cause dans l'accident, ajoute Airbus. Chargé de l'enquête technique, le BEA, qui émet 41 recommandations de sécurité dont 25 nouvelles par rapport à juillet 2011, pointe du doigt à la fois des défaillances résultant de l'ergonomie de l'avion (un Airbus A330) et des actions inappropriées des pilotes aux commandes soumis à un fort stress. S'agissant du point de départ de la catastrophe, le BEA retient définitivement le givrage des sondes de vitesse Pitot (fabriquées par Thales), qui a conduit à une incohérence temporaire entre les vitesses mesurées. "La publication du rapport final du BEA fournit aujourd'hui l'occasion de réfléchir aux leçons à tirer de ce drame et aux mesures à prendre pour éviter qu'un tel accident ne se reproduise", note Airbus, qui "va étudier ce rapport en détail".









