Procès des pirates : l'ex-otage met à mal la thèse des "pauvres pêcheurs"
Sauf pour un des six accusés, le témoignage du marin français a mis à mal lundi devant la cour d'assises de Paris la défense des pirates se dépeignant comme de modestes pêcheurs. "Avant de dire du mal des prévenus, j'aurais voulu leur serrer la main", a d'emblée déclaré Jean-Yves Delanne.
Publié le 21/11/2011
Yémen : le mari tué par les pirates en voulant protéger sa femme
Le plaisancier français âgé de 55 ans, disparu jeudi au large du Yémen, a été tué lors de l'assaut de son catamaran par des pirates en voulant protéger son épouse Evelyne. Celle-ci a pu être sauvée samedi lors d'une opération militaire contre ses ravisseurs.
Publié le 12/09/2011
Ces six Somaliens avaient été faits prisonniers en septembre 2008 dans le golfe d'Aden après que des commandos français eurent libéré par la force un couple pris en otage sur le voilier Carré d'as. Les accusés devaient être jugés en cour d'assises des mineurs, donc à huis clos - sans public et sans presse -, du fait de la présence parmi eux d'un jeune de moins de 18 ans. La défense ne demandant plus le huis clos, le procès est finalement ouvert au public. Le jury ayant été constitué mardi matin, l'audience devait se poursuivre dans l'après-midi avec la lecture des faits reprochés aux accusés.
Poursuivis pour "détournement de navire, enlèvements, séquestrations avec demande de rançon, association de malfaiteurs et vol en bande organisée", ils encourent la perpétuité dans ce procès qui doit aboutir début décembre. Le groupe formé par les accusés réclamait d'abord quatre, puis deux millions de dollars pour la vie de Jean-Yves Delanne et son épouse Bernadette, retenus prisonniers dix jours avant l'opération militaire ayant conduit à leur libération. Ils envisageaient aussi de demander la libération de six autres pirates détenus à Paris pour une autre prise d'otages. Certains des accusés admettent leur rôle, d'autres expliquent avoir eu un simple rôle d'employés des ravisseurs et disent avoir été contraints de participer à la séquestration.
Un "manuel de bonne conduite"
Certains disent vouloir demander l'asile politique en France à l'issue de leur peine. Ils auraient tous travaillé, a conclu l'enquête, pour un gang de mer dirigé par un ex-douanier somalien, Youssouf Haji Shiré, qui n'a pas été capturé. Me Gustave Charvet, un des avocats de la défense, souligne qu'au moins 20 personnes ont participé à l'attaque du Carré d'As et que les accusés de Paris ne sont donc à ses yeux que des "petites mains".
Après le dossier Carré d'As, la France devra juger six Somaliens écroués depuis avril 2008 après la prise de trente otages à bord du Ponant et trois autres capturés lors de l'assaut du voilier Tanit, où un otage français avait péri d'une balle militaire française en 2009. Il faudra aussi traduire en justice un groupe de sept derniers hommes accusé de l'attaque en septembre dernier d'un catamaran où un Français avait été assassiné.
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