Dorénavant, il faudra respecter l'avis du CSM pour nommer les magistrats

le 13 janvier 2012 à 14h20 , mis à jour le 13 janvier 2012 à 15h32

Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi que le gouvernement allait dorénavant respecter l'avis du Conseil supérieur de la magistrature pour les nominations des procureurs, souvent critiquées, qui dépendent du ministère de la Justice.

Le palais de Justice de Paris procès correctionnelle assises jugement verdictLe Palais de Justice de Paris/Image d'archives © A.Ga.

En présentant vendredi ses voeux aux hautes juridictions, Nicolas Sarkozy a décidé de frapper un grand coup : il a annoncé que le gouvernement allait dorénavant respecter l'avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour les nominations des procureurs, souvent critiquées, qui dépendent du ministère de la Justice, comme c'est le cas pour les magistrats du siège.
 
le chef de l'Etat a indiqué vouloir dorénavant demander "au conseil supérieur de la magistrature de rendre un avis conforme pour la nomination des magistrats du parquet, comme c'est le cas avec la nomination des magistrats du siège". Non pas qu'auparavant le chef de l'Etat passait outre ces avis : "Nous respectons systématiquement l'avis du Conseil supérieur de la magistrature pour les nominations" de magistrats du siège, a indiqué M. Sarkozy, "eh bien nous allons franchir un pas de plus, nous allons mettre le droit en accord avec les pratiques et nous allons susciter l'avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature" pour ceux du parquet. Nicolas Sarkozy n'a pas précisé le calendrier de ses intentions.

Nominations "politiques"
 
A l'heure actuelle, les avis du CSM sur les propositions de nomination des procureurs peuvent être "favorables" ou "défavorables" et ne sont pas contraignants. Le ministre de la Justice a donc la possibilité de passer outre. Les nominations de procureurs provoquent régulièrement la polémique, car les magistrats du parquet sont soumis hiérarchiquement à l'autorité du ministère de la Justice, donc du pouvoir politique. Le gouvernement est ainsi régulièrement accusé de procéder à des nominations "politiques" dans les parquets.
 
Lors de son discours vendredi, Nicolas Sarkozy en a profité pour rendre hommage aux magistrats du parquet. "Je trouve profondément injustes, pour tout dire déplacées, les critiques qui sont adressées aux membres du parquet, dont je rappelle qu'ils sont des magistrats à part entière et qu'ils exercent leur métier en toute conscience", a-t-il déclaré. Le chef de l'Etat a également insisté sur l'importance de sa décision de renoncer à présider, en tant que chef de l'Etat, le CSM. "Je pense que ce n'est pas qu'un geste symbolique, c'est une décision majeure", s'est-il félicité, "désormais le Conseil supérieur de la magistrature est une institution totalement indépendante, dont la composition a été élargie aux plus importantes personnalités de la société civile".  "Quand j'entends commenter tel ou tel projet de nomination, est-ce qu'on prend la peine de rappeler qu'aucun chef de l'Etat français n'a limité son propre pouvoir de nomination comme je l'ai fait, en soumettant ce pouvoir de nomination à l'avis du CSM ?", s'est interrogé Nicolas Sarkozy.

Sarkozy veut généraliser les jurés populaires en correctionnelle dès 2013

Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi son intention d'avancer d'un an, à 2013, la généralisation de la présence de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, estimant qu'elle "répond à l'attente" des Français "d'une plus grande sévérité de notre justice".
"Cette réforme est expérimentée dans deux cours d'appel, celle de Dijon et celle de Toulouse. Je souhaite qu'à la lumière de ce démarrage réussi, nous puissions avec le Parlement accélérer la généralisation du dispositif avant le terme actuellement prévu en 2014 et étendre les jurés populaires à l'ensemble des juridictions dès 2013", a déclaré M. Sarkozy, en présentant à l'Elysée ses voeux aux hautes juridictions.
Depuis le 1er janvier, deux citoyens assesseurs siègent aux côtés de trois magistrats professionnels, en première instance et en appel, pour juger les délits les plus graves d'atteinte aux personnes, passibles de cinq à dix ans de prison (agressions sexuelles, vols avec violence...), ainsi que dans les tribunaux d'application des peines.

le 13 janvier 2012 à 14:20
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7 Commentaires

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  • morob..., le 14/01/2012 à 06h20

    Et que j'te ratisse et que j'te ratisse!!!....il y a quelques mois en arrière, c'était hors de question, sa majesté avait la main mise sur les magistrats!

  • artibel, le 13/01/2012 à 17h43

    Où est logé le CSM ?

  • postagualen, le 13/01/2012 à 17h42

    Aucune crédibilité dans une annonce qui n'est qu'électorale et surtout après avoir mis les personnes qu'il voulait ou il le voulait avant de prendre cette décision.

  • huguesetcaro, le 13/01/2012 à 17h35

    Monsieur HOLLANDE , merci

  • sky_92, le 13/01/2012 à 15h48

    Parce que le CSM n'est pas politisé, peut etre ?? Il faut arréter avec des nominations comme celà.. La seule solution, que les procureurs soient élus...

  • pipcho, le 13/01/2012 à 15h33

    Le Conseil Supérieur de la Magistrature... Une institution respectable, qui punit les siens par des mutations en province quand ils poussent au suicide.

  • ted39130, le 13/01/2012 à 15h25

    Facile de dire ça : ses nominations gênantes viennet de passer et les prochaines seront faites par Hollande !

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