A 16 ans, Aurore (1) menait une vie d'ado sans histoires. Un jour de l'été 2008, tout a basculé. Jeudi, la jeune femme est jugée devant la Cour d'assises des mineurs du Val-de-Marne, soupçonnée d'avoir participé à sept braquages de banques dans le département. Le procès devrait se dérouler à huis-clos.
La jolie blonde, aujourd'hui âgée de 19 ans, avait été "recrutée" pour son minois rassurant. Elle jouait les "ouvreuses". A visage découvert, elle entrait dans les banques sans susciter la moindre méfiance, dégainait une arme factice et forçait les guichetiers à ouvrir le sas à ses trois complices. "Il y a chez elle une grande naïveté. On lui a mis dans la tête qu'elle ne serait jamais identifiée parce qu'elle n'avait jamais eu affaire à la justice", souligne un de ses avocats, Me Elias Stansal auprès de l'AFP.
Du 2 au 23 juillet 2008, en deux tentatives et cinq braquages, la petite bande amasse environ 70.000 euros sans faire de blessé grave. Et Aurore dépense sa part du butin comme une ado de son âge: dans les magasins de mode et à Eurodisney... Ses motivations profondes ? Selon plusieurs sources, son passage à l'acte a été sans doute facilité par les failles de l'adolescence et une grande "immaturité".
"On sait qu'elle ne récidivera jamais"
Dépeinte par ses parents comme "douce" et "obéissante", Aurore est la benjamine d'une famille recomposée de six enfants, financièrement "pas à l'aise" mais "très structurée", résume une source judiciaire. Sa scolarité est alors erratique mais la jeune femme ne se laisse pas aller: elle cherche des formations et enchaîne les petits boulots, notamment les baby-sittings. "A la maison, elle donnait le change et l'image d'une jeune fille calme. Mais à l'extérieur, elle bravait les interdits. Ses parents sont tombés des nues", observe la source judiciaire.
Selon l'acte d'accusation, Aurore avait enduré "un cumul d'épreuves", notamment le décès de ses deux filleuls et de leur mère, dont elle était très proche. "Elle cherchait de l'argent pour payer les obsèques", assure la source judiciaire. "C'est arrivé à un moment de grande fragilité. Il n'y avait pas chez elle de fascination pour la délinquance. C'est plus lié à un processus de mise en danger, à un besoin d'argent", complète l'un de ses défenseurs. Influençable, Aurore a d'abord adhéré au projet avant de continuer sous la "pression" de co-accusés qui, lors du dernier braquage, ont pris la fuite en l'abandonnant derrière eux, rappelle l'accusation.
Après un an de détention provisoire, Aurore risque en théorie jusqu'à vingt ans de réclusion. Mais le verdict, attendu le 25 février, devrait être bien plus clément. "Une des finalités de la sanction est déjà atteinte", affirme la source judiciaire. "On sait qu'elle ne récidivera jamais."
(1) le prénom a été modifié
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