Euthanasie à Bayonne : mis en examen, le médecin reste libre

Par , le 12 août 2011 à 16h08 , mis à jour le 12 août 2011 à 21h48

Dossier : Euthanasie: le débat

L'urgentiste soupçonné d'euthanasie active sur au moins quatre patients âgés a été mis en examen, vendredi, pour "empoisonnement" sur personnes particulièrement vulnérables. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Centre hospitalier de BayonneCentre hospitalier de Bayonne © TF1/LCI

 
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Plus d'infos

Après 48 heures de garde à vue, Nicolas B. a été présenté, vendredi, à un juge d'instruction et mis en examen pour "empoisonnement sur personnes particulièrement vulnérables". Responsable du court séjour au pôle réanimation-urgences à l'hôpital de Bayonne, ce médecin est soupçonné d'euthanasie active sur au moins quatre patients âgés.  

Le procureur adjoint de Bayonne, Marc Mariée, a fait savoir au cours d'une  conférence de presse qu'il avait remis le dossier à deux juges d'instruction  "compte tenu de la complexité du dossier" et que le parquet avait demandé le  placement sous mandat de dépôt du médecin. Une demande finalement non suivie : le médecin a été remis en liberté sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention. "Le contrôle judiciaire est assorti de plusieurs conditions, dont l'interdiction d'exercer sa profession et l'interdiction de rencontrer les personnes concernées par les faits qui lui sont reprochés", a précisé la procureur-adjoint de la République de Bayonne. Toutefois, le parquet a décidé de faire appel de cette décision. Cet appel sera interjeté dans le délai légal de cinq jours auprès de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau.

Des injections à base de curare

Selon le procureur-adjoint, le médecin urgentiste, âgé de 50 ans, a reconnu "avoir utilisé les produits mentionnés", dont le Norcuron, un médicament à base de curare pouvant entraîner la paralysie des muscles respiratoires. "Il s'agit d'actes d'une  extrême gravité et totalement prohibés par la loi", a déclaré Marc Mariée. En l'état de l'enquête, ces agissements concerneraient quatre décès survenus au cours des cinq derniers mois, dont celui d'une patiente âgée de 92 ans, décédée le 3 août. Les faits se seraient tous déroulés dans le service des urgences de cet établissement.

Aucune des familles concernées n'a porté plainte jusqu'à présent, a souligné le magistrat, précisant que Nicolas B. avait rencontré certaines d'entre elles. Il n'a pas pu dire si le praticien avait obtenu ou non leur consentement. "Même si il y avait eu accord des familles, cela n'aurait pas justifié les actes", a martelé Marc Mariée.

Le médecin "ne regrette pas", veut lever "l'omerta" sur l'euthanasie 

Nivolas B., de son côté, ne "regrette pas son geste et a préféré prendre le problème (de l'euthanasie) à bras le corps", a déclaré dans l'après-midi son avocat, Me Arnaud Dupin. Son client "n'a pas démenti les faits, il a expliqué les circonstances de décisions prises face à sa conscience pour abréger les souffrances de personnes qui allaient décéder dans les minutes suivantes", a ajouté Me Dupin, du barreau de Bordeaux. "La notion d'assassinat est complètement absurde", a encore dit l'avocat, estimant que, dans cette affaire, son client était "un bouc émissaire". Me Dupin a souhaité que "l'omerta sur ce qui entoure la fin de vie soit levée. L'euthanasie, "ça se pratique et ça existe dans tous les hôpitaux", a-t-il affirmé.

Le vice-procureur a rappelé que la loi Leonetti sur l'euthanasie fixait "un cadre extrêmement strict et notamment deux conditions : celle du consentement de la personne ou de sa famille et celle de la collégialité" qui doit réunir les avis de plusieurs médecins. Pour l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf),il s'agit d'un événement d'une "gravité majeure" et on envisage un problème personnel. "Nous soulignons l'insuffisance générale de suivi des médecins hospitaliers par la médecine du travail dont le rôle devrait être majeur pour que les praticiens hospitaliers rencontrant des difficultés soient accompagnés dans l'exercice de leur travail", dit-elle dans un communiqué.

Par Alexandra Guillet le 12 août 2011 à 16:08
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27 Commentaires

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  • etudiant81, le 14/08/2011 à 01h20

    Encore ? Après le nucléaire on va passer notre vie dans les urnes... Votez en 2012 c'est tout.

  • tosca66, le 13/08/2011 à 16h15

    Tout à fait d'accord avec vous!!

  • woman06, le 13/08/2011 à 15h44

    Certains ne se rendent pas compte de la dérive que cela peut engendrer. Ma mère a 91 ans, a part une petite démence elle est en pleine forme mais si on écoutait mes frères il faudrait "l'euthanasier". Bien sûr elle est en train de manger leur héritage. Donc s'ils trouvaient un médecin complaisant, elle serait déjà morte! Il faut être très prudent avec ce genre de procédure. Je vous rappelle que pour beaucoup les vieux gênent

  • woman06, le 13/08/2011 à 15h36

    Certains ne se rendent pas compte de la dérive que cela peut engendrer. Ma mère a 91 ans, a part une petite démence elle est en pleine forme mais si on écoutait mes frères il faudrait "l'euthanasier". Bien sûr elle est en train de manger leur héritage. Donc s'ils trouvaient un médecin complaisant, elle serait déjà morte! Il faut être très prudent avec ce genre de procédure. Je vous rappelle que pour beaucoup les vieux gênent

  • gloryaa, le 13/08/2011 à 13h50

    Tout a fait d accord !!!!

  • mimioui02, le 13/08/2011 à 13h47

    Recevez tout mon respect affectueux

  • jiss, le 13/08/2011 à 12h15

    Qui a dénoncé le médecin au procureur ???? iL doit y avoir une rivalité dans cette affaire Le geste du médecin est humain Les familles n'ont pas porté plainte !!!!!!! C'est encombrer la justice pour une banalité !!!! IL y a des affaires nettement plus importantes a régler

  • jaul51, le 13/08/2011 à 11h24

    Ok avec vous

  • mcg35, le 13/08/2011 à 11h17

    Si la maladie est fatale, et si les souffrances sont intolérables, je suis favorable à une fin de vie "douce", pour mes proches comme pour moi. J'ai d'ailleurs fait un papier en ce sens. Et pourtant, je suis catholique.

  • pamina78, le 13/08/2011 à 11h13

    Pour les dons d'organe, il y a une association, une carte à porter et les proches à avertir. Je la possède depuis des années. Je suis aussi membre de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) : même disposition. Il y a la loi Léonetti, incomplète de l'avis de l'ADMD. En essayant d'être objective, je me pose la question de savoir si les personnes souffraient et/ou si elles avaient souhaité en finir. Si c'est le choix du médecin seul, c'est hors-la-loi.

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