Euthanasie: l'affaire du médecin de Bayonne relance le débat

le 13 août 2011 à 21h40 , mis à jour le 13 août 2011 à 21h48

Dossier : Euthanasie: le débat

L'urgentiste soupçonné d'euthanasie active sur au moins quatre patients âgés a été mis en examen, vendredi, pour "empoisonnement" sur personnes particulièrement vulnérables. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Centre hospitalier de BayonneCentre hospitalier de Bayonne © TF1/LCI

Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat sur un sujet hautement sensible. La mise en examen du médecin de Bayonne pour "empoisonnement sur personnes vulnérables" fait l'objet de réactions souvent passionnées parmi les professionnels de santé de la région alors qu'aucune plainte n'a été pour l'instant déposée par les familles de patients dont la mort est pourtant considérée comme suspecte par la justice.
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Plus d'infos

 
Rappel des faits : Nicolas Bonnemaison, 50 ans, médecin du service des urgences de l'hôpital de Bayonne, a été mis en examen vendredi mais remis en liberté sous contrôle judiciaire, une décision contestée par le parquet qui a fait appel.  Le médecin urgentiste mis en examen revendique ouvertement l'administration de substances ayant entraîné la mort de patients âgés alors qu'il se trouvait "seul à décider, en son âme et conscience, dans le droit fil du serment des médecins", selon les termes de son avocat, Me Arnaud Dupin. La mise en examen de Nicolas Bonnemaison concerne quatre décès survenus au cours des cinq derniers mois, le dernier étant celui d'une patiente de 92 ans, morte le 3 août. De son côté, le procureur de la République adjoint, a confirmé samedi qu'aucune plainte n'avait à ce jour été déposée par les quatre familles concernées.

"Très choqué"
 
Quoiqu'il en soit, l'affaire suscite de nombreux commentaires samedi, en particulier sur la "validité" de l'actuelle législation en matière de traitements de fins de vie. Sous le sceau de l'anonymat, Un médecin bayonnais s'insurge contre l'attitude de l'urgentiste, estimant qu'un "praticien n'est jamais complètement seul, encore moins à l'hôpital". "Il y a toujours une famille à qui parler, assure-t-il, à moins qu'il ne s'agisse d'un SDF non identifié". Ce médecin, très "choqué" par l'affaire de l'hôpital de Bayonne, rappelle par ailleurs qu'il existe un réseau local -Palliadour- spécialisé dans les soins palliatifs et toujours disponible pour, avec un médecin référant, assister un médecin placé devant une "situation de fin de vie difficile".
 
Un autre confrère, proche de l'urgentiste mis en examen, admet, lui aussi, que "les actes commis sont totalement répréhensibles en l'état actuel de la loi", mais souligne que les médecins peuvent être "confrontés à des situations insupportables où des malades n'ont plus leur conscience". "Il faut aller plus loin en matière de législation. La loi Leonetti (sur l'euthanasie) reste opaque, les Français ne sont pas prêts (pour l'euthanasie active) alors que dans des pays voisins comme la Suisse, ça existe", commente ce médecin.

Pétition de soutien
 
Le quotidien Sud Ouest publie le témoignage du mari de l'une des "victimes présumées", Pierre Buille, qui, visiblement, n'a rien à reprocher au service dans lequel travaillait le Dr Bonnemaison. "J'ai passé une semaine aux urgences. La disparition (de mon épouse) est naturelle, en aucun cas programmée et je ne pense pas qu'il y ait eu quelque manipulation", a déclare M. Buille.
 
L'affaire risque d'agiter pendant de nombreuses semaines les partisans et les adversaires de l'euthanasie. Déjà, une pétition de soutien au médecin de Bayonne circule depuis vendredi sur internet, affirmant que le praticien a toujours exercé sa profession avec "humanité". La pétition, en ligne sur le site http://www.mesopinions.com/ est adressée au ministère de la Santé et a récolté plusieurs centaines de signatures en moins de 20 heures. Elle entend poser la question du refus de l'euthanasie, qui, selon le texte, est "hypocrite" et ne tend pas au "respect de la vie".

le 13 août 2011 à 21:40
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16 Commentaires

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  • yoyo755, le 16/08/2011 à 14h08

    Non lieu ? C'est la meilleure ! Je vous rappelle que ce medecin n'a pas sollicité les familles, ni les victimes. C'est donc un assassinat pur et simple. Et 4 cas en si peu de temps, il était temps d'arrêter ce criminel et j'espère qu'il sera enfermé pendant longtemps !

  • lilas7777777, le 15/08/2011 à 13h05

    Sa fera peur de laisser nos malades dans les hôpitaux , n'importe quel médecin peut agir de cette façon et quelque soit l'âge du malade. Je suis contre l'euthanasie: On ne verra plus de nos bons centenaires Certaine famille se réjouiront de leur part d' 'héritage , ce jour là les familles sableront le champagne ou l'état quand il n'y aura pas d'héritier. La souffrance elle est parfois là qui vous porte toute votre vie et parfois à la fin de sa vie on l'abandonne et on s'en débarasse comme un sac trop lourd. La souffrance n'est elle pas liée à Dieu ?pourquoi ne pas s'abandonner à lui pour puisser dans cette force de supporter cette souffrance jusqu'a une mort naturelle , comme un saint !

  • dani59880, le 15/08/2011 à 08h07

    Ce medecin a sans doute dut agir par compassion .

  • gege, le 14/08/2011 à 20h06

    Je comprend la souffrance du soignant et son contexte en soins palliatifs....

  • hc46, le 14/08/2011 à 16h33

    Ici,il a disposé de la vie des autres ,c'est celà qui est intolérable

  • erleg71, le 14/08/2011 à 16h18

    C'est du bon sens.

  • woman06, le 14/08/2011 à 15h08

    Je pense que si on a un tant soit peu un sens de l'Ethique on ne peut que comprendre que ce médecin n'avait absolument pas à disposer de la vie de 4 personnes. Il n'en a pas parlé aux familles que je sache? La loi n'a pas encore été modifiée? Donc ce médecin a agi en toute illégalité et je m'étonne que certains ne voient pas les dérives dangereuses que cela peut engendrer. Faisons une loi et encadrons cela pour éviter des drames.

  • vingue, le 14/08/2011 à 12h31

    Le tabou le plus absolu, c'est le suicide chez les personnes âgées. "Ainsi, quand le taux est de 17,1 suicides pour 100.000 habitants dans la population générale, il est de 32 pour les 75-84 ans, de 46 pour les 85-94 ans et de 38,8 chez les plus de 95 ans, selon les chiffres de l'Institut national de recherche médicale (Inserm)". De toutes les manières tout ce qui est vieux, souffrant, improductif, malade et moche à voir ?..ben on ne veut pas voir, on ne veut pas en parler. Chut ! Quelle belle hypocrisie. Je ne connais pas cet urgentiste ni la situation qui l'a conduit à euthanasié plusieurs personnes, mais il est présenté comme un tueur en série dans la presse alors même qu'un conducteur ivre tuant plusieurs piétons sera lui présenté ..... comme un conducteur ivre, pas comme un tueur en série. C'est bizarre non. Selon un sondage récent, une très forte majorité de Français (94%) se déclare favorable à une loi autorisant l'euthanasie dans certains cas comme une maladie incurable. Le gouvernement se refuse obstinément, à ouvrir un véritable débat débouchant sur une réglementation claire te précise fixant les droits et obligations de chacun (Médecins, Patient, Famille). 94% cela devrait être suffisant pour obliger les candidats à la présidentielle à prendre un engagement précis de lancer rapidement le débat qui permettra une législation qui corresponde aux attentes des citoyens (patients et professionnels de la santé). J'attends ces engagements.

  • gp34090, le 14/08/2011 à 12h31

    Le seul bien inaliénable que chacun de nous a, riche ou pauvre, est notre propre vie. Je ne comprends pas que nous ne puissions pas en disposer. C'est un abus de pouvoir intolérable de la société et de son législateur.

  • enjy14, le 14/08/2011 à 12h23

    Ayant vécu exactement la même chose avec ma mère pendant 9 longues années, je comprends votre douleur.... et vous souhaite beaucoup de courage...

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