Fadettes: le patron du renseignement mouillerait celui de la police

le 18 octobre 2011 à 13h37 , mis à jour le 18 octobre 2011 à 16h49

Dossier : Affaire Bettencourt

Selon le PV d'audition de Bernard Squarcini publié par Le Monde, c'est en "commun accord" avec Frédéric Péchenard qu'avaient été examinées les factures téléphoniques d'un journaliste du quotidien enquêtant sur l'affaire Bettencourt. Une version contestée par l'avocat de Squarcini.

Le chef de la Direction centrale du renseignement interieur (DCRI), Bernard SquarciniLe chef de la Direction centrale du renseignement interieur (DCRI), Bernard Squarcini © B.Langlois

  • Fadettes : pas de mise en examen pour Péchenard

    Le patron de la police nationale a été entendu vendredi comme témoin assisté par les juges qui enquêtent sur le dossier des "fadettes". Audition à l'issue de laquelle il n'a pas été mis en examen. Ce dont s'est aussitôt félicité Claude Guéant.

    Publié le 28/10/2011 Fadettes : pas de mise en examen pour Péchenard
  • Fadettes: le chef de la police chez le juge

    Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale était entendu vendredi après-midi comme témoin assisté chez la juge qui enquête sur l'espionnage téléphonique d'un journaliste du Monde par la police pour identifier ses sources.

    Publié le 28/10/2011 Fadettes: le chef de la police chez le juge
  • "Fadettes" : droite et gauche s'affrontent sur le cas Squarcini

    Mis en examen pour avoir fait espionner les correspondances téléphoniques d'un journaliste du Monde enquêtant sur le dossier Bettencourt, le patron des services secrets français reste pourtant en poste. Gauche et écologistes dénoncent. Le gouvernement évoque la présomption d'innocence.

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  • L'avocat de Squarcini contexte l'interprétation du texte de loi de 1991

    L'avocat de Bernard Squarcini, patron des services de renseignements a été mis en examen lundi dans une enquête sur des investigations occultes sur la presse, a annoncé son avocat. Me Maisonneuve contexte en revanche l'interprétation de la loi de 1991.

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  • Pour Eva Joly, l'affaire Squaricini est "énorme", il doit partir

    Eva Joly a estimé mardi que le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, devait démissionner ou être démis de ses fonctions, vu le caractère ""énorme"" des soupçons pesant sur lui.

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Fait sans précédent dans l'histoire des services secrets français, Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur, a été mis en examen lundi dans l'enquête sur l'espionnage présumé de journalistes du Monde. Des faits qu'il a reconnus, tout en niant qu'ils constituent une infraction. Ce mardi, le quotidien Le Monde, au coeur de l'affaire donne un compte-rendu et livre des extraits du PV de l'audition du responsable policier par la juge Sylvia Zimmermann. Et selon le journal, devant la juge, le patron de la DCRI aurait affirmé avoir décidé "d'un commun accord" avec le chef de la police nationale Frédéric Péchenard d'examiner ces fameuses factures.

En se procurant auprès d'un opérateur téléphonique, sous contrainte légale, les factures détaillées de téléphone (dites fadettes), de Gérard Davet à l'été 2010, le but était de connaître l'informateur du journaliste à l'origine d'un article concernant la procédure judiciaire visant Liliane Bettencourt et mettant en cause Eric Woerth, alors ministre UMP du Budget. Bernard Squarcini parle toutefois d'un travail de routine ayant visé, selon lui, non pas la presse mais le fonctionnaire qui avait violé à ses yeux ses obligations en livrant un procès-verbal d'audition du dossier Bettencourt au reporter. Lors de la parution de l'article du Monde qui avait déclenché toute l'affaire, le 17 juillet 2010, il se trouvait en Corse où il était invité à un mariage. "Je reçois un coup de fil sur mon portable du directeur général de la police nationale vers 13 heures", raconte-t-il dans les extraits de PV d'audition publiés par Le Monde. "Il me fait part d'un article du Monde qui vient de sortir et que je n'ai pas lu."

"Une vérification technique"

Au cours de cette conversation, relate le patron du renseignement intérieur, Frédéric Péchenard lui aurait assuré que ces fuites au Monde ne pouvaient provenir que d'un "circuit court", à savoir "de la brigade financière, du parquet général de Versailles, de la DACG (direction des affaires criminelles et des grâces) et du cabinet de la chancellerie". D'où la décision prise à ce moment-là par les deux hommes : "Etant donné que les soupçons pèsent sur cette chaîne et qu'on est en présence de personnes exerçant de hautes responsabilités, nous décidons d'un commun accord de faire une vérification technique sur les fadettes de M. Davet sur quatre jours uniquement." Et le patron de la DCRI d'ajouter ce commentaire : "Je fais ce que l'on me dit de faire avec les outils que l'on me donne".

Une version toutefois contestée par Me Maisonneuve, l'avocat de  Bernard Squarcini : selon lui, lors de son audition lundi, "contrairement à ce qui est publié dans Le Monde, M. Squarcini n'a jamais indiqué que M. Péchenard serait intervenu au niveau de la décision et de la mise en oeuvre de vérifications techniques sur les fadettes. M. Péchenard a simplement demandé à M. Squarcini d'identifier la source qui avait violé le secret de l'instruction", sans donner de consigne opérationnelle. Me Maisonneuve s'est en outre étonné que Le Monde, qui a accès aux pièces du dossier en tant que partie civile, ait été en mesure de publier des extraits des PV d'audition au lendemain même de la mise en examen de son client : "L'audition de M. Squarcini s'est terminée à 19 heures hier lundi. Nous-mêmes ne disposons pas des PV d'audition. Nous en avons demandé copie et nous ne les aurons que dans quelques jours". En conséquence, l'avocat a dit "envisager de déposer plainte contre X dès maintenant pour violation du secret de l'instruction".

La polémique devient politique

Quoi qu'il en soit, la juge Sylvia Zimmermann ne semble guère avoir été convaincue : toujours selon le quotidien, elle estime dans le PV d'audition de Bernard Squarcini que la défense de ce dernier "n'est conforme ni à la lettre ni à l'esprit de la loi". Quant à Frédéric Péchenard, le chef de la police nationale auquel il faisait explicitement référence, il est convoqué prochainement comme témoin assisté par la juge pour s'expliquer sur cette affaire. En septembre, il avait assumé sur France Info avoir demandé à la DCRI "d'identifier le haut fonctionnaire qui, soumis au secret professionnel et ayant un accès direct à des documents confidentiels, divulguait des informations confidentielles".

Une affaire hautement politique (Bernard Squarcini étant un proche de Nicolas Sarkozy, et toujours à la tête du renseignement français, puisqu'il n'envisage pas de démissionner malgré sa mise en examen) qui continue à faire pousser les hauts cris dans l'opposition (lire notre article  : "droite et gauche s'affrontent sur le cas Squarcini") : celle-ci réclame sa démission.

le 18 octobre 2011 à 13:37
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8 Commentaires

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  • kline972, le 18/10/2011 à 23h36

    Bien joué !!!

  • celyna1963, le 18/10/2011 à 17h46

    Une belle phrase bravo ! mais cela est tout Depuis quand ceux qui sont sensés la donner (la loi) est il déterminant, quant à un potentiel respect des délinquants vis à vis de celle ci ? Allez passer quelques jours dans un commissariat et vous verrez le quotidien des policiers,

  • 1peu2rififi, le 18/10/2011 à 16h46

    Ce monsieur ne balance pas,il evoque.

  • jghttc1, le 18/10/2011 à 16h33

    Nous avons ici tout les ingrédients d'un bon"polar" politique : Une dame âgée miliardaire en conflit ouvert avec sa fille pour une sombre histoire d'héritage et qui doit être mise sous tutelle curative, qui distribue" des envellopes" à un parti politique, sous couvert d'un ancien ministre des finances, lui même mis en examen pour une histoire de vente frauduleuse d'un hippodrome ayant apparetenu à l'état, des journalistes qui enquêtent sur ces "affaires" et qui sont espionnés par le chef des renseignements qui agit sur ordre du ministre de l'intérieur, lui même agisant sur ordre de l'Elysée, dont le locataire était, l'on suppose, l'un des destinataires des " envellopes" de la veille dame milliardaire, et, enfin, un patron de la police "mouillé" par son collègue des renseignements généraux, qui de son côté met en cause la justice d'être à l'origine des "fuites" ayant profité à la presse ( et aux journalistes espionnés)... vous suivez toujours ? Il ne manque plus que quelques cadavres " exquis" pour parfaire le tableau ! On attend même déjà les premiers scénarii du côté de Hollywood !

  • 64hard, le 18/10/2011 à 15h56

    La question est pourqui pourquoi sous l ordre de qui

  • lezom974, le 18/10/2011 à 15h55

    Trop fort de voir comment ça balance même (et surtout) au plus haut niveau. Les petits malfrats ont plus d'honneur, ils ne donnent jamais leurs copains.

  • bob420, le 18/10/2011 à 15h50

    Mais quel est le dénominateur commun de toutes ces affaires???

  • postagualen, le 18/10/2011 à 14h50

    Pourquoi demandé aux délinquants de respecter la loi si ceux qui sont censés donner l'exemple ne le font pas ?

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