Guéant : "La DCRI n'est pas au service du pouvoir"

Par A.Gu., le 19 janvier 2012 à 12h24 , mis à jour le 19 janvier 2012 à 17h42

Le ministre de l'Intérieur a défendu jeudi la Direction centrale du renseignement intérieur et son patron, Bernard Squarcini, accusés dans un livre d'avoir placé des personnalités politiques sous écoute pour le compte de l'Elysée. Ce dernier a par ailleurs annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre les auteurs.

"Je démens tout à fait que la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir", a déclaré Claude Guéant jeudi matin sur France Inter. "C'est absolument faux. La DCRI n'écoute pas de personnalités politiques, évidemment non"(...). "La DCRI, c'est un instrument qui est à la disposition des Français pour lutter contre les menaces qui pèsent sur notre pays au service de l'intérêt général", a-t-il insisté. Le ministre de l'Intérieur réagissait aux accusations formulées dans un livre de journalistes du Point et du Canard enchaîné, intitulé "L'espion du président", qui paraît jeudi et dont Le Point publie des extraits.

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Claude Guéant a pris la défense de Bernard Squarcini et dénoncé une campagne contre les hommes de confiance de Nicolas Sarkozy. "C'est un directeur qui est extrêmement compétent", a dit Claude Guéant de Bernard Squarcini sur France Inter. "Vous ne m'empêcherez pas d'observer qu'en ce moment, il y a une sorte de mise en cause systématique de ceux qui sont censés avoir la confiance du président de la République". Dans "L'espion du président" (Editions Robert Laffont), publié jeudi, les  journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé dressent un portrait au vitriol du numéro un de la DCRI, à partir de  témoignages le plus souvent anonymes. Ils lui reprochent d'avoir créé à la DCRI un groupe "d'opérations spéciales" capable de "rentrer n'importe où". L'intéressé avait contesté ces accusations mercredi soir auprès de l'AFP,  affirmant n'être "l'espion de personne".
 
"Il y a des règles qui s'appliquent à la DCRI comme à tous les services de police"
 
"Il n'y a pas de groupe de ce genre-là", qui poserait des micros ou s'introduirait dans les systèmes informatiques, comme l'affirme le livre, a également lié le ministre, selon lequel, certes, la DCRI "dispose de moyens techniques pour faire le travail qui est le sien", mais "dans un cadre légal", a-t-il assuré. Dans ces domaines, "il y a des règles qui s'appliquent à la DCRI comme à tous les services de police", a poursuivi Claude Guéant, et "les écoutes téléphoniques sont possibles sur décision judiciaire ou dans le cadre d'une procédure très réglementée de façon administrative", a-t-il rappelé. "Il ne peut pas y avoir d'initiative de la part des policiers de la DCRI", a-t-il insisté.
 
Synergie (second syndicat d'officiers de  police) a également apporté jeudi son "soutien" à la DCRI. "Les policiers français sont profondément républicains et pas enclins à se  livrer à (...) de basses besognes", écrit le syndicat dans un communiqué. Les policiers de la DCRI "ne sauraient être assimilés à des voyous agissant pour le compte" d'"intérêts obscurs et illégitimes". Ils "remplissent leurs missions avec courage, abnégation et discernement". Synergie ajoute que lorsqu'il s'"est agi d'écouter illégalement des centaines de personnalités ou d'incendier une paillote en Corse", il n'a pas été fait "appel" aux policiers, "respectueux de la légalité". Le syndicat, citant ces affaires survenues sous les gouvernements de gauche, fait référence aux gendarmes - sans les citer - qui avaient été impliqués dans celles-ci.

Bernard Squarcini, par la voix de son avocat Me Maisonneuve, a annoncé jeudi son intention de porter plainte contre les auteurs de "L'Espion du président". "Des plaintes avec constitution de partie civile vont être déposées entre les mains du doyen des juges d'instruction du tribunal de Paris pour diffamation à l'encontre des trois auteurs du livre", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Par A.Gu. le 19 janvier 2012 à 12:24
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3 Commentaires

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  • gpar2, le 19/01/2012 à 15h33

    Ben voyons, quel idiot peut croire cela.

  • propolis60, le 19/01/2012 à 15h12

    C'est juste une Police d'Etat en effet...

  • 123tdc, le 19/01/2012 à 13h19

    Dans l'absolu, oui en effet la DCRI, comme la justice, n'est pas au service du pouvoir, mais voila, en france on est dans le relatif.......

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