Eric Woerth/Image d'archives © ABACAJusqu'au bout, l'Office national des forêts s'est opposé à la cession de l'hippodrome de Compiègne en mars 2010, en refusant de signer l'acte de cette vente qui est, aujourd'hui, l'objet d'une enquête pour "prise illégale d'intérêts" visant Eric Woerth. C'est ce qu'affirme Bernard Gamblin, un responsable de l'ONF, entendu le 10 juin dernier par la brigade financière. Dans cette affaire, le maire de Chantilly est soupçonné d'avoir bradé pour 2,5 millions d'euros, lorsqu'il était ministre du Budget, cette parcelle de la forêt domaniale de Compiègne comportant un hippodrome et un golf. Devant les enquêteurs, Bernard Gamblin a fourni un témoignage à charge, en se disant dit surpris que Bercy ait accepté de vendre ce terrain de gré à gré à la Société des Courses de Compiègne.
L'hippodrome de Compiègne vendu au tiers du prix ? L'avocat de Woerth dément
Les terrains de l'hippodrome de Compiègne auraient été vendus au tiers de leur prix, avance samedi Mediapart, en citant un rapport d'experts remis récemment à la Cour de justice de la République. "Faux" rétorque l'avocat d'Eric Woerth qui parle d'une "présentation tendancieuse" du rapport.
Publié le 21/01/2012
Eric Woerth : "J'ai été livré aux chiens"
L'ex-ministre du Budget, qui a perdu son poste au gouvernement en novembre pour s'être retrouvé englué dans l'affaire Bettencourt, estime "avoir été livré aux chiens", dans une interview au Figaro.
Publié le 10/05/2011
Eric Woerth risque-t-il la Cour de justice de la République ?
La CJR va se pencher jeudi sur l'affaire de la vente de l'hippodrome de Compiègne, pour décider de l'ouverture ou non d'une enquête à l'encontre de l'ex-ministre du Budget.
Publié le 02/12/2010
Eric Woerth et l'affaire des casinos
Le ministre du Travail est-il intervenu dans le dossier fiscal d'un casinotier lorsqu'il était ministre du Budget ? Libération affirme s'être procuré un courrier du ministre. Eric Woerth dément toute intervention dans cette affaire.
Publié le 10/09/2010
Eric Woerth
Ex-Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique.
Publié le 21/05/2008
"J'ai été étonné, notamment au regard de la rapidité de l'acquisition et au non-respect de la procédure d'appel d'offres", a indiqué le directeur technique et commercial bois de l'ONF, selon le procès-verbal de son audition. "J'ai d'ailleurs refusé de signer l'acte de vente qui ne me paraissait pas répondre complètement au déroulé normal de la procédure. Tous les collaborateurs ONF ont d'ailleurs refusé de signer alors que classiquement la vente de foncier de l'Etat est toujours co-signée de l'ONF", a affirmé ce cadre de 61 ans, salarié de l'Office depuis 1975.
"Je rappelle que c'est interdit"
Dans une note du 22 juillet 2009, Bernard Gamblin avait déjà fait part d'un "avis totalement défavorable" de l'ONF, s'inquiétant que la cession entraîne le "démantèlement d'un patrimoine historique d'une très grande valeur". "On ne peut aliéner une forêt, sauf par une déclaration d'utilité publique ou par voie d'échange", a-t-il réaffirmé le 10 juin aux enquêteurs, qui l'interrogeaient sur cet avis consultatif. "Quand on m'annonce en l'espèce que c'est une vente sèche qui est envisagée, je rappelle que c'est interdit."
Malgré cet avis, Eric Woerth devait informer le président de la Société des Courses de Compiègne, Antoine Gilibert, du feu vert de l'Etat, dans un courrier du 29 octobre 2009. Un accord contesté par Pascal Viné, directeur de cabinet du ministère de l'Agriculture, dans une lettre du 17 novembre. L'Agriculture acceptait finalement cette vente en mars 2010, en exigeant de récupérer le produit de la transaction afin d'acquérir d'autres forêts, "après déduction de 15% au bénéfice du désendettement de l'Etat", selon un rapport de février 2011 de la sénatrice PS Nicole Bricq.
Pour l'avocat de l'ancien ministre, Jean-Yves Leborgne, la signature de l'ONF n'était pas nécessaire pour cette vente dès lors que son autorité de tutelle, le ministère de l'Agriculture, avait finalement apporté son soutien à cette transaction. Mais pour les parties civiles, l'absence de feu vert de l'établissement gérant les forêts publiques est un élément de plus pour caractériser l'irrégularité de la vente.
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