Les auteurs de "La Frondeuse" doivent être jugés ce lundi au Tribunal de grande Instance de Paris pour "diffamation et atteinte à la vie privée" de la compagne de François Hollande. Valérie Trierweiler réclame 80.000 euros de dommages et intérêts et 5.000 euros de frais de justice aux auteurs, Christophe Jakubyszyn, aujourd'hui en charge du service politique de TF1-LCI, et Alix Bouilhaguet, grand reporter au service politique de France 2, et à leur éditeur Yves Derai (Editions du Moment). Les auteurs y évoquent une relation intime qu'auraient eue dans le passé Valérie Trierweiler et le président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian.
Dans la lettre qu'il a rédigée sur papier sans en-tête de la présidence et révélée par RTL, François Hollande, "(tient) à dénoncer comme pure affabulation les passages du livre La Frondeuse (p. 46 et 47) concernant une prétendue lettre jamais écrite et donc jamais parvenue à son prétendu destinataire". "L'invention ne peut être un procédé dans un essai politique sauf à être présenté comme un roman", ajoute-t-il.
Dans une deuxième lettre avec cette fois l'en-tête du ministère de l'Intérieur, également adressée au tribunal, Manuel Valls confirme pour sa part avoir reçu en juin dernier l'un des auteurs, Christophe Jakubyszyn, dans le cadre de la rédaction de son ouvrage, "qui devait selon l'auteur lui être favorable". "Les propos qui me sont prêtés, dans ce livre, sont souvent approximatifs, partiels et sortis de leur contexte", affirme le ministre dans cette courte lettre, ajoutant que certains propos cités dans six pages lui "sont attribués alors même qu'(il) ne les (a) pas tenus".
A quelques heures de l'ouverture de l'audience, Olivier Pardo, l'avocat des journalistes, estime que dans cette affaire "la séparation des pouvoirs a été violée". "Le président de la République est garant de l'indépendance de la magistrature. C'est absolument incroyable ! On nage en plein délire", a-t-il dit devant des journalistes. "Je pense que l'audience va se retourner contre Valérie Trierweiler et contre François Hollande qui avait dit qu'il n'interviendrait jamais dans les affaires de justice" durant la campagne présidentielle, a-t-il poursuivi. Sollicités par l'AFP, l'Elysée et l'Intérieur n'avaient pas réagi en milieu de matinée.
A l'UMP aussi, on s'indigne. "Intervention ahurissante et choquante du chef de l'Etat et du ministre de l'Intérieur auprès du TGI de Paris dans l'affaire Trierweiler", commente sur son compte twitter Eric Ciotti, député R-UMP, soutien de François Fillon. "Mélange de genres ? Confusion des pouvoirs ?", s'interroge Bruno Beschizza, secrétaire national à l'UMP, dans un communiqué. Ce dernier relève que "dans les 60 engagements de François Hollande, au titre de l'engagement n°53, celui-ci avait promis d'interdir les interventions du gouvernement dans les dossiers individuels. Ce n'est finalement qu'un énième reniement de plus", conclut-il.











