Si pour Me Metzner, avocat de la défense, la relaxe prononcée en appel dans l'affaire de l'hormone de croissance représente "la victoire de la vérité", pour Monique Leterne, mère d'une victime, "c'est inacceptable". © LCI
Relaxes au procès de l'hormone de croissance : la stupeur des familles
Après de 20 ans de combat judiciaire, la cour d'appel a confirmé la relaxe générale dans l'affaire des hormones de croissance. 120 jeunes traités avec ces hormones sont morts depuis 1991. Leurs familles n'ont pas caché leur déception et leur colère.
Publié le 05/05/2011
Hormone de croissance: les familles attendent beaucoup du procès en appel
20 ans après le décès des premières victimes françaises de l'hormone de croissance, contaminées par la maladie de Creutzfeldt-Jacob, la cour d'appel de Paris dira jeudi s'il existe des responsabilités dans ce drame. En première instance, le tribunal n'avait prononcé aucune condamnation.
Publié le 05/05/2011
L'hormone, fabriquée à partir de glandes prélevées sur des cadavres, s'était révélée porteuse de l'agent de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, affection incurable du cerveau. Elle a été administrée de 1980 à 1988 à 1.698 enfants avant d'être remplacée par une hormone synthétique. Après plus de vingt ans de procédure, les prévenus avaient été renvoyés devant le tribunal pour "tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires". La défense a toujours mis en avant l'impossibilité de prévoir le risque de transmission du fait de l'insuffisance des connaissances médicales de l'époque sur la maladie de Creutzfeldt-Jacob.
L'Etat a déjà versé 31 millions d'euros d'indemnités et en première instance, l'existence d'une faute civile a été aussi reconnue, avec d'autres indemnités à la clé pour les victimes. Comme dans de nombreuses affaires sanitaires, dont le dossier du sang contaminé, l'enjeu de la procédure était donc, non pas la reconnaissance d'une faute, déjà admise, mais la reconnaissance d'un délit pénal. C'est sur ce point que le tribunal avait prononcé la relaxe pénale en première instance, estimant qu'on ne pouvait établir avec certitude que les prévenus connaissaient le risque. Deux des prévenus relaxés en première instance sont morts entre le premier et le second procès, Jean-Claude Job, ex-président de l'association France Hypophyse, et Marc Mollet, ancien responsable de la Pharmacie centrale des hôpitaux, distributrice de l'hormone.
Tous les enfants ayant reçu les mêmes soins à cette époque et, devenus jeunes adultes aujourd'hui, restent sous la menace de développer la maladie, dont l'incubation peut dépasser 30 ans.
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