Hormone de croissance : relaxe confirmée en appel

le 05 mai 2011 à 10h15 , mis à jour le 05 mai 2011 à 12h11

Un scientifique et un médecin jugés en appel après la mort de 119 personnes victimes d'une hormone de croissance contaminée dans les années 1980 ont été relaxés jeudi à Paris.

Hormone de croissance: la relaxe "est inacceptable"Si pour Me Metzner, avocat de la défense, la relaxe prononcée en appel dans l'affaire de l'hormone de croissance représente "la victoire de la vérité", pour Monique Leterne, mère d'une victime, "c'est inacceptable". © LCI

Relaxés. Pour la seconde fois. La cour d'appel de Paris a jugé mercredi  "qu'aucune faute" pénale n'avait été commise par les deux scientifiques poursuivis  dans l'affaire de l'hormone de croissance qui a fait 119 morts. Ils étaient accusés d'avoir commis une série de négligences et d'imprudences  dans les phases d'élaboration du traitement où ils intervenaient. Cette relaxe générale a été prononcée, comme en première instance en janvier 2009, contre l'avis du ministère public. Ce dernier avait requis trois ans de prison avec sursis contre Fernand Dray, ex-responsable d'un laboratoire de l'institut Pasteur qui fabriquait l'hormone, et six mois à une an de prison avec sursis contre Elisabeth Mugnier, médecin impliqué dans la collecte.
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L'hormone, fabriquée à partir de glandes prélevées sur des cadavres, s'était révélée porteuse de l'agent de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, affection incurable du cerveau. Elle a été administrée de 1980 à 1988 à 1.698 enfants avant d'être remplacée par une hormone synthétique. Après plus de vingt ans de procédure, les prévenus avaient été renvoyés devant le tribunal pour "tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires". La défense a toujours mis en avant l'impossibilité de prévoir le risque de transmission du fait de l'insuffisance des connaissances médicales de l'époque sur la maladie de Creutzfeldt-Jacob.

L'Etat a déjà versé 31 millions d'euros d'indemnités et en première instance, l'existence d'une faute civile a été aussi reconnue, avec d'autres indemnités à la clé pour les victimes. Comme dans de nombreuses affaires sanitaires, dont le dossier du sang contaminé, l'enjeu de la procédure était donc, non pas la reconnaissance d'une faute, déjà admise, mais la reconnaissance d'un délit pénal. C'est sur ce point que le tribunal avait prononcé la relaxe pénale en première instance, estimant qu'on ne pouvait établir avec certitude que les prévenus connaissaient le risque. Deux des prévenus relaxés en première instance sont morts entre le premier et le second procès, Jean-Claude Job, ex-président de l'association France Hypophyse, et Marc Mollet, ancien responsable de la Pharmacie centrale des hôpitaux, distributrice de l'hormone.

Tous les enfants ayant reçu les mêmes soins à cette époque et, devenus  jeunes adultes aujourd'hui, restent sous la menace de développer la maladie, dont l'incubation peut dépasser 30 ans.

le 05 mai 2011 à 10:15
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7 Commentaires

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  • fleched, le 06/05/2011 à 06h12

    Dans les préparations des médicament il n'y à pas assez de transparence et pas assez de recul pour définir les risque que les gens auront à subir. Mais il faut quand méme que les responsable soit juger pour les victimes

  • clementine1218, le 06/05/2011 à 03h02

    En même temps ce médicament a été approuvé puis détourner au moment de la prescription .Quand on prescrit un médicament pour le diabète et que l'on le propose en coupe faim les médecins sont tout aussi coupable. Dans cette affaire beaucoup de responsable et pas pour rembourser la sécu ou indemniser les victimes sur ce point vous avez raison.

  • dur6200, le 05/05/2011 à 18h30

    Un scandale ,tout simplement,pot de terre comme pot de fer,comme d'"ab" !!!

  • al38240, le 05/05/2011 à 14h02

    Et entre 1980 et 19988, quels ont été les avis de l'autorité de santé et des ministres de la santé ??????

  • docdent69, le 05/05/2011 à 14h02

    Ce procès était le pot de terre contre le pot de fer....l'issue à mon avis était prévisible malheureusement.

  • bt972, le 05/05/2011 à 13h32

    Bien sur cette hormone a provoqué des drames. Mais n'arretons pas les progrés de la sience .il y a 50 ans on mourrait de maladies qui aujourd'hui sont sans conséquences. Pour ce qui est des OGM, il faudra bien nourrir la population mondiale , et au prix actuel des matiéres premiéres la mortalité par sous-nutition augmente déja beaucoup! Securisons au maximum les OGM, mais n'arretons pas ce progrés qui permettra de produire plus à moindre cout!

  • alain-paris, le 05/05/2011 à 11h11

    Voilà qui devraient réjouir et encourager les supporters des OGM : Si dans 20-30 ans, ils provoquent une catastrophe sanitaires: ils ne risquent rien

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