Le 5 décembre 2011, des militants de Greenpeace s'introduisaient dans deux centrales, à Nogent-sur-Seine et à Cruas, déjouant la surveillance des gendarmes pendant près de 14 heures en tout. Objectif : jeter un coup de projecteur sur les failles de la sécurité des installations nucléaires. L'opération avait fait réagir jusqu'à l'Elysée : Nicolas Sarkozy avait estimé "assez irresponsable de prendre des risques avec sa vie et avec la vie des autres". Au même moment, des opérations similaires étaient tentées en vain sur d'autres sites.
Les neufs militants interpellés à Nogent, six femmes et trois hommes âgés de 22 à 60 ans, ont comparu vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Troyes. Le procureur a requis de quatre à six mois de prison avec sursis à leur encontre. Il a, en outre, demandé une peine d'amende de 1.000 à 1.500 euros pour chacun des prévenus, poursuivis pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion. Ils encourent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.
Les neuf militants avaient réussi à découper à l'aube les trois grillages de l'enceinte de la centrale avant de grimper sur le dôme d'un des deux réacteurs pour déployer une banderole proclamant : "Le nucléaire sûr n'existe pas". Interpellés en fin de matinée, ils avaient été placés en garde à vue jusqu'au lendemain matin puis déférés au parquet avant leur libération sous contrôle judiciaire.
"On a rendu service"
Vendredi matin, à l'ouverture de l'audience, plusieurs dizaines de militants de Greenpeace étaient venus apporter leur soutien aux prévenus devant le palais de justice. "Nous sommes en droit d'attendre une forme de clémence de la part des magistrats car notre action a permis d'identifier une faille dans la sécurité des centrales, on a rendu service au gouvernement comme à l'exploitant nucléaire", a plaidé Sophia Majnoni, chargée de la campagne nucléaire de Greenpeace.
Un mois après les faits, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui avait reconnu des "défaillances", avait profité d'une visite à la centrale nucléaire de Chinon pour annoncer un renforcement des mesures de sécurité dans ces installations. Les deux militants qui s'étaient introduits à la centrale de Cruas, en Ardèche, doivent quant à eux comparaître le mardi 24 janvier devant le tribunal correctionnel de Privas, poursuivis également pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion.










