En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES
DOSSIER : Jérôme Kerviel

Jugé en appel, Jérôme Kerviel accuse


le 04 juin 2012 à 05h30 , mis à jour le 04 juin 2012 à 09h23.
Temps de lecture
4min
Jérôme Kerviel, ex-trader de la Société Générale, à Paris en avril 2012

Jérôme Kerviel, ex-trader de la Société Générale, à Paris en avril 2012 / Crédits : Mousse/ABACA

À lire aussi
JusticeAlors que le procès en appel de l'ex-trader de la Société générale s'ouvre ce lundi à Paris, Jérôme Kerviel entend accuser son ancien employeur de mensonge et de manipulation. En affirmant que non seulement la banque savait tout, mais qu'elle a dissimulé des indices quand tout a mal tourné.

En première instance, Jérôme Kerviel avait été condamné à trois ans de prison ferme pour une perte historique de 4,9 milliards d'euros subie par la Société générale en 2008. Il lui avait aussi été imposé de rembourser le préjudice, ce qui prendrait environ 180.000 ans en reversant tout son actuel salaire net mensuel de 2300 euros de consultant informatique. Ceci fait de lui, selon son avocat, "l'homme le plus lourdement condamné de l'Histoire". Le gigantisme même du remboursement réclamé, tout comme les faits qui sont reprochés à son client, devraient être au coeur des arguments développés par le défenseur de Jérôme Kerviel alors que s'ouvre ce lundi, à Paris, le procès en appel de l'ancien trader.

Malgré un changement d'avocat, David Koubbi remplaçant l'expérimenté Olivier Metzner, Jérôme Kerviel est décidé à renforcer sa ligne de défense consistant jusqu'ici à accuser sa hiérarchie d'avoir fermé les yeux sur son travail.  Il dit maintenant qu'elle en connaissait tout et a caché ce fait par des manipulations quand l'affaire a mal tourné. Faisant ainsi de lui un parfait bouc émissaire... Une accusation qui pourrait trouver un certain écho dans l'actualité, alors que les "incidents" de trading comme celui qui est reproché à Kerviel, alimentant les doutes et les critiques politiques contre les marchés, ont suscité des réglementations jusqu'ici sans grande portée. La justice fait d'ailleurs face à d'autres dossiers, à Paris où un ex-trader de la Caisse d'Epargne poursuivi pour une perte de 751 millions d'euros en 2008 attend son procès, comme à Londres où l'ex-trader d'UBS Kweku Adoboli, qui a perdu en septembre 2,3 milliards de dollars, plaide non coupable.

Les données du bras-de-fer

Les échanges s'annoncent donc tendus à Paris entre, d'un côté, le prévenu et son nouvel avocat, de l'autre, la banque et ses trois conseils, dont le célèbre avocat d'affaires Jean Veil. Ces dernières semaines, Me Koubbi a porté plainte pour faux et pour escroquerie contre la Société Générale, qui a riposté par des plaintes en dénonciation calomnieuse. La première plainte de David Koubbi porte sur une supposée escroquerie au jugement, l'avocat reprochant à la banque d'avoir omis de dire au tribunal qu'elle avait récupéré grâce à un mécanisme fiscal 1,7 des 4,9 milliards perdus. Par la deuxième, pour faux et usage de faux, l'ancien trader accuse la banque d'avoir tronqué des enregistrements à charge, ce qu'elle nie fermement. Il y a quelques jours, l'avocat a même annoncé avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour des propos tenus en première instance par le président du tribunal, le très respecté Dominique Pauthe, à qui il reproche d'avoir traité Jérôme Kerviel de "faussaire".

Poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque, Jérôme Kerviel encourt pénalement cinq ans ferme et 375.000 euros d'amende. Il lui est reproché d'avoir pris, à l'insu de sa hiérarchie, des positions spéculatives hors normes sur des marchés à risque et d'avoir déjoué les contrôles avec des opérations fictives, de fausses écritures et des mensonges répétés. En première instance déjà, les carences des systèmes de contrôle étaient avérées, mais le tribunal avait jugé l'ancien trader entièrement responsable de ce gouffre qui avait failli couler la banque, en pleine crise financière mondiale, et ne lui avait trouvé aucune excuse.

Mais si Jérôme Kerviel admet avoir joué avec le feu, s'être trouvé pris dans une spirale infernale, il a toujours affirmé avoir eu pour seul but de faire gagner de l'argent à la banque et répète invariablement que ses supérieurs hiérarchiques étaient au courant de sa façon de travailler, qu'ils cautionnaient tant qu'il "gagnait". Au premier procès, son ancien avocat, Olivier Metzner, avait vainement tenté de démontrer que la banque "ne pouvait pas ne pas savoir" comment opérait son trader.

Commenter cet article

      Nous suivre :
      DiCaprio devient "messager de la paix pour le climat"

      DiCaprio devient "messager de la paix pour le climat"

      logAudience