© AFPRobes noires, rouges et hermine, les magistrats ont manifesté jeudi dans toute la France leur révolte contre leur mise en cause par Nicolas Sarkozy. Cette fronde sans précédent ralliait également greffiers, avocats, gardiens de prison et même policiers. Des milliers d'entre eux ont ainsi battu le pavé à Bordeaux, Lyon, Versailles, Metz, Nancy, Caen, Colmar, Bayonne, Laval, Reims, Poitiers... Les marches du palais de justice de Paris étaient pleines à craquer. "Il n'y a jamais eu autant de personnes mobilisées dans toute la France pour défendre le service public de la justice", s'est époumoné au mégaphone le vice-président du TGI et membre du Syndicat de la magistrature (SM), Serge Portelli.
Trois trafiquants relâchés faute d'avoir été jugés
Conséquence de la fronde des magistrats, ceux-ci respectent désormais à la lettre la "circulaire Lebranchu" qui recommande de ne pas dépasser six heures d'audience. A Draguignan, trois trafiquants de drogue ont ainsi échappé à la comparution immédiate. Et ont été libérés.
Publié le 20/02/2011
La révolte des magistrats se poursuit
Les magistrats ont décidé vendredi de poursuivre leur mouvement de protestation après les propos tenus jeudi soir sur TF1 par Nicolas Sarkozy, qui n'a pas pris selon eux la mesure de leur malaise.
Publié le 11/02/2011
Sarkozy sur TF1 pour reconquérir l'opinion
Confronté à une cote de popularité en berne et à une série de polémiques, le chef de l'Etat va tenter ce soir de répondre aux préoccupations des Français lors de la deuxième édition de "Paroles de Français".
Publié le 10/02/2011
Quand Sarkozy passe à la télé, Copé mobilise sur le web
Alors qu'Aubry et Bayrou envoient d'ultimes piques au chef de l'Etat avant son passage sur TF1, Copé écrit aux militants UMP, notamment les internautes, pour les inviter à livrer sur le net leurs réactions afin de contrer la "désinformation de l'opposition et de certains médias".
Publié le 10/02/2011
Lettre d'un magistrat avant son suicide : "J'ai tout donné à la justice"
Le site internet du Nouvel Observateur publie ce jeudi la lettre d'un magistrat qui s'est suicidé en septembre dernier en expliquant qu'il était impossible de faire face à la charge de travail.
Publié le 10/02/2011
Les Français derrière les magistrats
65% d'entre eux soutiennent le mouvement de protestation dans la justice provoqué par les déclarations de Nicolas Sarkozy. De nombreuses manifestations sont prévues jeudi..
Publié le 09/02/2011
La révolte des magistrats gagne tous les tribunaux
L'Union syndicale des magistrats s'est dite "écoeurée" par les déclarations de François Fillon qualifiant notamment de "réaction excessive" le mouvement de protestation des magistrats, tandis que le Syndicat de la magistrature a parlé d'"autisme".
Publié le 08/02/2011
Meurtre de Laëtitia : qui sont ces "SPIP" dans la ligne de mire de Sarkozy ?
<b>Interview - </b>La grogne des magistrats est partie des propos de Nicolas Sarkozy demandant des sanctions contre le Service pénitentiaire d'insertion et de probation qui n'aurait pas bien suivi Tony Meilhon, le meurtrier présumé de Laetitia. Qui sont ces fonctionnaires ?
Publié le 08/02/2011
Grogne des magistrats de Bordeaux
A Bordeaux, comme dans de nombreux tribunaux, les magistrats sont en grève. Ils défilent jeudi dans les rues pour montrer leur colère.
Publié le 10/02/2011
Baroin juge "excessif" le mouvement des magistrats
Interrogé sur RTL jeudi matin, le porte-parole du gouvernement a tenté de justifier l'attitude du chef de l'Etat, qui a mis en cause une "faute" de la justice dans la mort de Laetitia.
Publié le 10/02/2011
Paroles de magistrats
Eux-mêmes surpris par l'ampleur de la mobilisation au sein du monde de la justice, des magistrats parlent de leur quotidien difficile.
Publié le 10/02/2011
La fronde des magistrats fait tache d'huile
La riposte du monde judiciaire aux propos de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Laëtitia n'a cessé de s'étendre mardi dans toute la France. La contestation des professionnels de la justice atteint une ampleur inédite.
Publié le 09/02/2011
Justice : une contestation sans précédent
La fronde des magistrats a gagné mercredi la quasi-totalité des tribunaux et des cours d'appel de France. Pas d'audiences donc, sauf les plus urgentes. Jeudi aura lieu une grande manifestation.
Publié le 09/02/2011
Moment fort de la journée : le défilé national à Nantes. C'est de là qu'est partie la révolte, lorsque le président de la République, le 3 février, a promis des sanctions pour les "fautes" et "dysfonctionnements" à l'origine selon lui de la remise en liberté du meurtrier présumé de la jeune Laetitia Perrais, dans la région nantaise. Les magistrats n'ont pas supporté d'être déclarés coupables avant même que soient connus les résultats des enquêtes en cours, et alors qu'ils tirent depuis des années la sonnette d'alarme quant au manque de moyens de la justice. Ils ont voté le renvoi des audiences non urgentes dans la quasi-totalité des tribunaux de France et la magistrature est descendue dans la rue comme jamais.
Sarkozy annonce une concertation avec eux
Jeudi, le père adoptif de la jeune Laetitia, Gilles Patron est venu demander aux magistrats de "continuer à se battre pour qu'il n'y ait plus de cas Laetitia". Dans les défilés, les pancartes et banderoles disaient "Tous nantais", "Justice délabrée, à qui la faute", "Justice attaquée, démocratie en danger", "Justice surchargée = drames assurés", "présumé coupable"...
En début de semaine, les magistrats avaient été critiqués par le gouvernement et la majorité, certains semble-t-il que l'opinion n'était pas du côté des juges. Deux sondages semblent leur donner tort, établissant l'un à 65%, l'autre à 60%, la proportion des Français soutenant les magistrats. Une lettre de la Chancellerie envoyée à la hiérarchie judiciaire a par ailleurs été rendue publique par les syndicats, demandant que lui soit transmise la liste des grévistes. Démarche habituelle, selon le ministère, mais qualifiée "d'intimidation" par les magistrats. "Je veux que les magistrats soient considérés", a déclaré le ministre de la Justice, Michel Mercier, en déplacement à Agen. "Un fossé s'est creusé", a-t-il estimé, sans dire entre qui et qui. Les syndicats de magistrats ne comptent pas en rester là et prévoient de nouvelles assemblées générales vendredi. Lors de l'émission "Paroles de Français" jeudi soir, Nicolas Sarkozy a annoncé une concertation "dès demain" avec les organisations de magistrats tout en assurant qu'il y aurait des sanctions s'il s'avère qu'il y a eu faute dans l'affaire Laetitia. L'intervention du président a déclenché la "déception" de plusieurs magistrats nantais qui assistaient à l'émission, compte tenu de l'absence d'annonce de nouveaux moyens et des "approximations" du chef de l'Etat. Il "a essayé d'écarter le problème des moyens alors que c'est au coeur des dysfonctionnements qu'on peut observer dans la justice", a déclaré Jean-Bastien Risson, substitut du procureur de Nantes, membre de l'USM (union syndicale des magistrats). "Il n'a pas annoncé de moyens supplémentaires pour les magistrats et greffiers, dans les tribunaux ce sera la déception", a-t-il ajouté.
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Trois trafiquants relâchés faute d'avoir été jugés
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