Karachi : Takieddine en appelle à Sarkozy... et vise Chirac

le 30 septembre 2011 à 13h45 , mis à jour le 30 septembre 2011 à 18h29

Dossier : Affaire Karachi : scandale d'Etat ?

L'homme d'affaires franco-libanais, acteur-clé de l'affaire Karachi, où deux proches de Nicolas Sarkozy sont poursuivis, en appelle publiquement au chef de l'Etat pour faire la lumière sur ce dossier et reconnaître son rôle.

Mis en examen le 14 septembre pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" dans le volet financier de l'affaire Karachi, Ziad Takieddine veut s'expliquer publiquement. Coup sur coup, en deux jours, l'homme d'affaires franco-libanais vient de donner des entretiens à trois médias pour réaffirmer son innocence et faire état de sa supposée proximité avec le président de la République, qu'il a même appelé "le patron" sur BFM TV. Il demande à Nicolas Sarkozy la levée "dans les 24 heures" du secret-défense sur deux contrats d'armement passés dans les années 1990 avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, afin, dit-il, de démontrer son innocence et celle du chef de l'Etat. Sur BFM TV, il a exigé de rencontrer le chef de l'Etat. "Il y a intérêt, je pense, et la France y a intérêt", a-t-il dit. La présidence de la République a fait savoir qu'elle se refusait à tout commentaire sur ces propos.
  • Karachi : un ex-haut fonctionnaire met en cause Sarkozy

    Le quotidien Libération affirme ce lundi que le président était au courant du versement de commissions en marge de la signature d'un contrat d'armement entre la France et le Pakistan à l'époque où il était ministre du Budget.

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  • Karachi : Donnedieu de Vabres a admis avoir imposé des informateurs

    L'ex-ministre, mis en examen dans l'affaire Karachi, a admis avoir imposé des informateurs, dont le Franco-Libanais Ziad Takieddine, dans la négociation de contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite en 1994, selon un PV consulté samedi par l'AFP.

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  • Affaire Karachi : Fillon déclassifie des documents financiers

    François Fillon a donné son feu vert vendredi à la déclassification de documents secret-défense réclamée par des juges dans le volet financier du dossier sur l'attentat de Karachi.

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  • Hortefeux-Sarkozy : un couple "inoxydable" ?

    Sans contact avec le chef de l'Etat depuis la publication du "verbatim" de ses appels téléphoniques à Thierry Gaubert en marge de l'affaire Karachi, Brice Hortefeux assure dans le JDD que ses "liens avec le président de la République sont inoxydables".

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  • Affaire Karachi : Hortefeux a eu "une intuition"

    Invité vendredi soir de France 2, l'ex-ministre de l'Intérieur a dénoncé les "pseudo-révélations" dans les affaires qui n'auraient comme objectif que d'"atteindre Nicolas Sarkozy". Quant à l'appel passé à l'un de ses amis en garde à vue ? Une "intuition", assure-t-il.

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  • Affaire Karachi : Hortefeux "soulagé" d'avoir témoigné

    L'ex-ministre de l'Intérieur a été entendu vendredi matin comme témoin par la police dans l'enquête ouverte pour violation du secret professionnel après la révélation de ses conversations téléphoniques avec un protagoniste du dossier Karachi, Thierry Gaubert. Il se dit "soulagé".

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  • Hortefeux cité en correctionnelle en marge de l'affaire Karachi

    L'ancien ministre de l'Intérieur va être cité en correctionnelle à l'initiative de l'avocat des victimes de l'attentat de Karachi qu'il aurait menacé dans des propos au Nouvel Observateur.

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  • Sarkozy "concerné par aucune affaire judiciaire"

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  • Karachi : la gauche dénonce, Guaino au secours de Sarkozy

    <b>Réactions - </b>Les appels à des "explications" se multipliant, l'entourage du président monte au créneau. Conseiller spécial du président de la République, Henri Guaino a affirmé samedi sur France2/France3 que Nicolas Sarkozy "n'était en rien concerné" par le volet financier de l'affaire Karachi.

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  • Affaire karachi : Hortefeux veut être entendu par la justice

    L'ex-ministre de l'Intérieur a demandé vendredi soir "à être entendu par la justice" après avoir été mis en cause dans l'affaire Karachi. Il menace d'attaquer en diffamation.

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  • Karachi : Hortefeux a alerté Gaubert

    L'ex-ministre de l'Intérieur a confirmé vendredi avoir prévenu par téléphone son ami Thierry Gaubert, qui vient d'être mis en examen dans le cadre du volet financier du dossier Karachi, que sa femme "balançait tout". Mais il nie avoir eu accès au dossier.

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  • Affaire Karachi : un démenti de l'Elysée qui fait polémique

    Réagissant à la mise en cause de deux proches du chef de l'Etat, l'Elysée a assuré que le nom de Nicolas Sarkozy n'apparaissait "dans aucun des éléments du dossier". Les magistrats s'insurgent : comment le savoir... sans violation du secret de l'instruction ? A gauche aussi, les critiques fusent.

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  • Karachi : l'Elysée dénonce "calomnie et manipulation politicienne"

    L'Elysée a démenti, jeudi, dans un communiqué, tout lien entre Nicolas Sarkozy et le financement de la campagne électorale d'Edouard Balladur en 1995, après la mise en examen de deux de ses proches : Thierry Gaubert et Nicolas Bazire.

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  • Karachi : un deuxième proche de Sarkozy mis en examen

    Après Thierry Gaubert mercredi, Nicolas Bazire, l'ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur et proche de Nicolas Sarkozy a lui aussi été mis en examen jeudi pour "complicité d'abus de biens sociaux".

    Publié le 22/09/2011 Karachi : un deuxième proche de Sarkozy mis en examen
  • Affaire Karachi : la presse évoque "l'étau" autour de Sarkozy

    <b>Revue de presse - </b>Alors que la justice s'intéresse de près à deux proches du chef de l'Etat dans l'affaire Karachi, la presse voit déjà l'ombre du Pakistan se profiler sur la campagne présidentielle.

    Publié le 22/09/2011 Affaire Karachi : la presse évoque "l'étau" autour de Sarkozy
  • Karachi: deux proches de Sarkozy dans le collimateur de la justice

    Thierry Gaubert, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen mercredi dans l'enquête sur le financement de la campagne présidentielle de 1995. Parallèlement, Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur, a été placé en garde à vue.

    Publié le 21/09/2011 Karachi: deux proches de Sarkozy dans le collimateur de la justice
  • Takieddine mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi

    L'intermédiaire franco-libanais été mis en examen mercredi pour abus de biens sociaux, dans le volet financier du dossier. Selon nos informations, l'enquête aurait repéré des mouvements de fonds entre ses comptes suisse et parisien au même moment où Edouard Balladur recevait de l'argent liquide sur ses comptes de campagne.

    Publié le 14/09/2011 Takieddine mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi
  • Affaire Karachi : Fillon accuse la gauche d'une "faute morale"

    A l'Assemblé nationale, le Premier ministre s'en est pris mardi à l'opposition, l'accusant de "fouler aux pieds la présomption d'innocence", après les propos de Noël Mamère qui a accusé certains membres de la majorité d'avoir du sang sur les mains.

    Publié le 27/09/2011 Affaire Karachi : Fillon accuse la gauche d'une "faute morale"
  • Nicolas Bazire, de la politique aux affaires

    Directeur général de Groupe Arnault depuis 1999, Nicolas Bazire, en garde à vue dans l'enquête sur le financement de la campagne présidentielle de 1995, a été le très jeune directeur du cabinet du Premier ministre Edouard Balladur de 1993 à 1995.

    Publié le 21/09/2011 Nicolas Bazire, de la politique aux affaires
Plus d'infos

L'enquête judiciaire ainsi qu'une mission d'information parlementaire ont montré que des commissions d'un montant de l'équivalent de 84 millions d'euros pour un contrat pakistanais de sous-marins et 200 millions pour un contrat saoudien de frégates avaient été décidées. Ziad Takieddine, qui jouait le rôle d'intermédiaire, est soupçonné d'avoir participé à un détournement partiel de ces commissions et à leur retour en France pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, d'où le terme de "rétrocommissions". Mais la levée du secret-défense sur ces commissions relève des ministères de l'Economie et du Budget. Ces deux ministères ont refusé de remettre au juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke les documents relatifs à ces contrats, aux commissions commerciales légales et à leurs bénéficiaires.

Takieddine veut "rafraîchir" la mémoire de Guéant

Quant à Ziad Takieddine, il nie haut et fort dans ses divers entretiens avec la presse le rôle qu'on lui prête, mais se présente en facilitateur de grands contrats générateurs d'emplois. Il dit avoir rencontré Nicolas Sarkozy à ce titre deux fois quand il était à l'Intérieur, ainsi que Claude Guéant, actuel ministre de l'Intérieur. Ce dernier ayant pris ses distances avec lui dans des entretiens à la presse, il lui a lancé sur BFM : "Je lui dis 'rafraîchissez-vous un peu la mémoire' et je demande des excuses de sa part." Aux micros de France Info et de RTL vendredi, il a par ailleurs expliqué que Jacques Chirac accusait en 1996 l'Arabie saoudite d'avoir financé la campagne d'Edouard Balladur, en montrant un contrat classé secret-défense. Selon Ziad Takiedinne, Jacques Chirac serait ainsi responsable de ne pas avoir déclenché de poursuites sur cette affaire à ce moment, de même que Dominique de Villepin, son secrétaire général à l'Elysée.

Nicolas Sarkozy est désigné par un rapport de police luxembourgeois, versé au dossier judiciaire du juge Van Ruymbeke, comme le maître d'oeuvre de la mise en place de circuits financiers au Luxembourg, où ont transité les commissions. Edouard Balladur a dit à une mission d'information parlementaire et à la presse que les quelque 20 millions de francs (l'équivalent de trois millions d'euros) en grosses coupures versés à ses comptes de campagne provenaient de dons de militants ou de la vente de T-shirts et de gadgets.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, pour sa part critique le magistrat instructeur. "Un juge qui n'a pas fait aboutir la plupart des affaires dont il a été chargé. N'est-ce pas le juge de l'affaire Clearstream ?", dit-il dans un entretien accordé au journal Les Echos publié vendredi. Renaud Van Ruymbeke avait enquêté sur les listes de comptes bancaires Clearstream, censées compromettre notamment Nicolas Sarkozy, dont il a finalement démontré qu'il s'agissait de faux. Sa carrière est bloquée par une poursuite disciplinaire visant la manière dont il a reçu les faux listings.

Takieddine également mis en examen pour faux témoignage

Outre sa mise en examen du 14 septembre pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux", Ziad Takieddine a été mis en examen le 19 septembre pour "faux témoignage" par le juge d'instruction parisien René Cros, a indiqué vendredi Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi. Une information judiciaire avait été ouverte à l'automne 2010, à la suite d'une plainte des familles des victimes, qui accusent M. Takieddine d'avoir menti devant le juge antiterroriste Marc Trévidic lors d'une audition en avril 2010.
L'homme d'affaires, avait affirmé au juge qu'il n'avait "rien eu à voir" avec le contrat Agosta de vente de sous-marins conclu en 1994 avec le Pakistan. "M. Takieddine s'est bien gardé d'expliquer devant la presse qu'il avait été mis en examen pour faux témoignage du fait de ses déclarations niant sa participation au contrat Agosta", a déclaré vendredi Me Morice à l'AFP. "M. Takieddine n'est pas un grand serviteur de l'Etat. Il est en revanche un bonimenteur, pour les familles de victimes", a-t-il ajouté. Les avocats de Ziad Takieddine et le parquet de Paris n'ont pas pu être contactés dans l'immédiat pour confirmation.

le 30 septembre 2011 à 13:45
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5 Commentaires

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  • morob..., le 01/10/2011 à 09h00

    C'est exact! dans d'autres pays, les politiques impliqués dans des affaires pas nettes, ou condamnés ont au moins le courage et la décence de démissionner, voire même de ne plus faire de politique. Courage, décence, mots oublié chez nous.

  • levioloniste06, le 30/09/2011 à 20h04

    Tu lève le secret défense, tout le monde tombe...De toute façon le secret défense n'a jamais été levé pour qui que ce soit depuis son concept...

  • yzae84, le 30/09/2011 à 19h01

    Et des pin"s ça chiffre tout de même !!!!

  • dom145, le 30/09/2011 à 17h47

    "Gérard Longuet, pour sa part critique le magistrat instructeur"; longuet, avec les gamelles qu'il traine, devrait la mettre en veilleuse; si la france avait de l'honneur, elle devrait interdire la nomination de ministres, condamnés précédemment !!! Quand à balladur, à qui va t'il faire croire que les millions d'euros proviennent de tee-shirt à son effigie (lol) ???

  • auero, le 30/09/2011 à 17h46

    J'aimerais savoir dans quoi ce Mr a t il fait fortune il semblerais qu'elle soit de 100 millions d'euros

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