Jean-Louis Porchier est ex-contrôleur général des armées. A ce titre, il a réalisé entre 1997 et 1999 deux rapports sur le contrat de vente de sous-marins Agosta au Pakistan. Ce même contrat que des juges antiterroristes soupçonnent d'être à l'origine de l'attentat de Karachi, en 2002, au cours duquel 11 Français travaillant à la construction de sous-marins avaient été tués. Les magistrats ont orienté leurs investigations vers la piste de représailles pakistanaises après l'arrêt des versements de commissions, ordonné en 1995 par Jacques Chirac, en raison de forts soupçons de rétrocommissions. Outre ses deux rapports sur ces contrats, Jean-Louis Porchier avait été auditionné en 2009 par la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi. Ses propos de l'époque, publiés aujourd'hui par Mediapart, font état de ses doutes et de ses interrogations sur le montant, à ses yeux "excessif", de ces commissions.
Léotard évoque la piste indienne dans l'affaire Karachi
"L'attentat a été directement provoqué par "l'arrêt des commissions" et "la vente à l'Inde par le gouvernement français de sous-marins plus performants que ceux qui avaient été livrés au Pakistan auparavant", écrit l'ancien ministre sur Rue89. Il va témoigner ce lundi devant le juge Trévidic.
Publié le 30/01/2011
Karachi: d'autres anciens ministres, un ex-président entendus ?
Après l'audition de l'ex-ministre de la Défense François Léotard devant un juge d'instruction, les familles de victimes réfléchissent à la possibilité d'un "confrontation générale de ces ministres pour qu'on sache exactement ce qui s'est passé" en 2002.
Publié le 31/01/2011
Karachi: Alain Juppé décide de déclassifier les documents demandés
Le ministre de la défense a décidé mercredi de déclassifier tous les documents demandés par le juge Trévidic, chargé du dossier de l'attentat de Karachi, pour lesquels la commission sur le secret défense a émis un avis favorable.
Publié le 06/01/2011
L'Assemblée refuse de transmettre des documents sur Karachi
Le bureau de l'Assemblée nationale a refusé mercredi de communiquer au juge antiterroriste Marc Trévidic les documents et enregistrements des auditions réalisées par la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi en 2002.
Publié le 15/12/2010
Retrocommissions : nouvelle enquête judiciaire sur un marché d'armement
Le parquet de Paris va ouvrir une information judiciaire sur un marché d'armement conclu dans les années 1990 en Arabie saoudite, appelé "Sawari II", et qui aurait pu donner lieu à une corruption en France.
Publié le 14/12/2010
Karachi : le député Candelier a remis des PV au juge Trévidic
Le député communiste Jean-Jacques Candelier a annoncé mercredi avoir remis les PV d'auditions de la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi au juge antiterroriste Marc Trévidic.
Publié le 01/12/2010
Celles qui n'étaient "pas destinées aux parties françaises sur le contrat pakistanais s'élevaient à 555 millions de francs" (soit 84,6 millions d'euros), décrivait ainsi l'ex-contrôleur général des armées lors de son audition en décembre 2009. "Venaient ensuite s'ajouter, et cela constituait une grosse irrégularité, quelques dizaines de millions de francs pour la Sofma, 108 millions de francs pour les Chantiers de l'Atlantique et 100 millions pour DCNI", ajoutait l'ancien responsable sans préciser leur destination. "On arrivait ainsi à un total de 800 millions de francs de commissions (122 millions d'euros), ce qui est totalement excessif et injustifié si on rapporte ce montant aux 1083 millions de francs de la part de la DCN dans le contrat".
Un "recyclage d'argent pas très net"
Jean-Louis Porchier relatait en outre les doutes d'un haut responsable du secrétariat général de la Défense nationale, Michel Ferrier, sur l'utilité de ce contrat. "Ce contrat ne sert à rien (...). Ce contrat permet le recyclage d'argent pas très net du côté du Pakistan, et du côté français il permet de verser des rétrocommissions", aurait déclaré Michel Ferrier, selon le contrôleur général Porchier. Avant de détailler : "Il y a 10% de rétrocommissions sur l'ensemble des FCE (commissions, ndlr). Sur ces 10%, il y en avait une partie pour la campagne électorale de M. Balladur et une autre pour M. Léotard". Le contrôleur des armées a précisé à l'époque n'avoir pas eu les moyens de vérifier ces déclarations. Auditionné à son tour par la mission parlementaire, Michel Ferrier a déclaré qu'il était "possible" qu'il ait tenu ces propos... mais probablement au conditionnel.
Ces commissions pourraient avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne d'Edouard Balladur, selon des témoignages et rapports versés au dossier, ce que ce dernier a toujours démenti. Parallèlement, le juge Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur un volet financier de l'affaire Karachi, a entendu l'ancien patron de la Direction générale de la sécurité extérieure, Jacques Dewatre, à propos d'une éventuelle enquête des services secrets sur les soupçons de rétrocommissions. "Je n'ai jamais eu connaissance d'une enquête demandée à la DGSE sur les commissions ou rétrocommissions des marchés d'armement", a-t-il assuré, selon la retranscription de son audition par Mediapart.
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