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DOSSIER : Yvan Colonna

L'illégalité des gardes à vue, nouvelle défense de Colonna

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le 02 mai 2011 à 16h34 , mis à jour le 02 mai 2011 à 17h12.
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3min
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JusticeAu premier jour du troisième procès du berger de Cargèse devant la cour d'assises spéciale de Paris pour le meurtre du préfet Erignac, ses avocats ont plaidé la nullité des gardes à vue de ses accusateurs.

"Depuis le début il proclame son innocence, sa ligne de défense n'a pas changé", a déclaré lundi matin Me Pascal Garbarini, un des conseils d'Yvan Colonna, au premier jour de son 3e procès devant la cour d'assises spéciale de Paris pour le meurtre du préfet Erignac. Simplement, a-t-il ajouté, "il a compris que l'accusation avait toujours cherché à le dépeindre comme quelqu'un capable de tuer", alors "il a décidé de s'expliquer davantage". Il a en outre un "ressort psychologique nouveau" depuis son mariage en détention début mars.

En ce premier jour consacré à des questions de procédure, les cinq avocats de l'accusé ont tenté de convaincre la cour de ne pas tenir compte des premières dénonciations de ses complices présumés, passées en 1999 lors de gardes à vue "illégales". Sous l'impulsion de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), du Conseil constitutionnel et de la Cour de cassation, une réforme de la garde à  vue, imposant la présence d'un avocat, est entrée en vigueur le 15 avril. "S'il n'y a plus les gardes à vue, il ne reste rien" à l'accusation, a affirmé un autre conseil d'Yvan Colonna, Me Eric Dupond-Moretti. Les accusateurs d'Yvan Colonna "ont réitéré leurs déclarations devant un juge d'instruction, en présence de leur avocat", a objecté Me Vincent Courcelle-Labrousse, conseil de Robert Erignac, frère du préfet assassiné.



Avant de se rétracter, plusieurs membres du commando - dont six ont  été condamnés en 2003 - avaient accusé Yvan Colonna d'avoir participé à  l'assassinat, certains le désignant même comme celui qui avait abattu le préfet  de trois balles dans la nuque, le 6 février 1998 à Ajaccio. Colonna avait pris la fuite après les arrestations de ses complices présumés en mai 1999. Après quatre ans de cavale, il avait été arrêté en juillet 2003. Il a été condamné par deux fois à la perpétuité. En appel en 2009, sa peine a été alourdie d'une période de sûreté de 22 ans, mais ce verdict a été annulé en juin 2010 par la Cour de cassation pour un vice de procédure. Yvan Colonna a assumé lors de ses deux premiers procès son passé de militant nationaliste, mais en affirmant avoir quitté la lutte pour l'indépendance de l'île en 1989-90, après la naissance de son fils.

De nouveaux experts attendus à la barre

Pour l'accusation, il est le 7e membre du "groupe des anonymes", qui aurait  fomenté l'assassinat de Claude Erignac ainsi que l'attaque en septembre 1997 de  la gendarmerie de Pietrosella, au cours de laquelle l'arme du crime avait été  dérobée. Outre les premières mises en cause de ses présumés complices, l'accusation se base sur des relevés téléphoniques montrant de nombreux contacts pendant la période de préparation de l'assassinat et le lendemain, et sur sa fuite.

La défense annonce la venue à la barre de nouveaux experts. Elle va notamment faire citer de nouveaux experts en balistique et en téléphonie, "afin de confirmer que le scénario décrit par les accusateurs n'est pas crédible". Une reconstitution, dont le refus avait provoqué le départ d'Yvan Colonna et ses avocats au dernier procès, sera demandée "selon le déroulement des débats".

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