L'illégalité des gardes à vue, nouvelle défense de Colonna

Par A.Gu. (avec agences), le 02 mai 2011 à 16h34 , mis à jour le 02 mai 2011 à 17h12

Dossier : Yvan Colonna

Au premier jour du troisième procès du berger de Cargèse devant la cour d'assises spéciale de Paris pour le meurtre du préfet Erignac, ses avocats ont plaidé la nullité des gardes à vue de ses accusateurs.

"Depuis le début il proclame son innocence, sa ligne de défense n'a pas changé", a déclaré lundi matin Me Pascal Garbarini, un des conseils d'Yvan Colonna, au premier jour de son 3e procès devant la cour d'assises spéciale de Paris pour le meurtre du préfet Erignac. Simplement, a-t-il ajouté, "il a compris que l'accusation avait toujours cherché à le dépeindre comme quelqu'un capable de tuer", alors "il a décidé de s'expliquer davantage". Il a en outre un "ressort psychologique nouveau" depuis son mariage en détention début mars.

Dossier
  • Colonna : "Mais tu m'aides pas !"

    S'il a réaffirmé mardi à l'audience qu'Yvan Colonna ne faisait pas partie du commando qui a abattu le préfet Erignac, Martin Ottaviani, condamné pour complicité en première instance, a refusé d'en dire plus. Même s'il a admis qu'il pouvait exister des membres du commando "non identifiés".

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  • Procès Colonna : le commando Erignac à la barre

    Martin Ottaviani, Marcel Istria et Alain Ferrandi, déjà condamnés pour leur implication à des degrés divers dans l'assassinat de Claude Erignac, vont être appelés à témoigner au procès d'Yvan Colonna.

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  • Incident au procès Colonna

    Le procès d'Yvan Colonna a été interrompu vendredi en raison de la présence dans le public d'un témoin compromettant la régularité de l'audience.

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  • Procès Colonna : les gardes à vue n'étaient pas illégales

    La cour d'assises a rejeté mardi la requête des avocats d'Yvan Colonna concernant les gardes à vue à leurs yeux "illégales" de ses accusateurs en 1999. Elle a, en revanche, accepté de ne pas faire état des débats du précédent procès.

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  • Yvan Colonna se marie en prison en présence de Mgr Gaillot

    L'homme de 50 ans, qui sera jugé à partir du 2 mai pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, s'est marié jeudi matin avec une femme de 38 ans à la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne.

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  • Yvan Colonna aura la bague au doigt ce jeudi

    Le berger corse âgé de 50 ans se marie jeudi matin à la prison de Fresnes. A partir de mai, il sera jugé pour la troisième fois pour l'assassinat du préfet Erignac.

    Publié le 03/03/2011 Yvan Colonna aura la bague au doigt ce jeudi
  • Colonna condamné à un an ferme pour détention d'armes

    Le berger corse était en possession de ces armes lors de son arrestation. Des peines de dix mois à trois ans de prison avec sursis ont en outre été prononcées contre quatre des cinq personnes soupçonnées de l'avoir aidé durant sa cavale.

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  • Il y aura un troisième procès Colonna

    La Cour de cassation a annulé mercredi pour des raisons de forme la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna, pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac, ouvrant la voie à un troisième procès d'assises.

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  • Coup de filet dans l'enquête sur l'assassinat de Colonna

    Huit personnes ont été interpellées depuis lundi par les enquêteurs qui essaient de retrouver les assassins de Jean-Claude Colonna. Des armes et des stupéfiants ont été saisis lors des perquisitions.

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  • Reconstitution au procès Colonna : les avocats se renvoient la balle

    La reconstitution du meurtre du préfet Erignac en 1998 s'est tenue sous très haute surveillance dans la nuit de lundi à mardi à Ajaccio.

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  • Procès Colonna : "ce n'est pas la partie civile qui fait le verdict"

    Me Eric Dupont-Moretti, l'avocat du berger corse, répond aux critiques de la famille du préfet Erignac, qui dénonce la "lâcheté des assassins".

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  • Affaire Colonna : "Cette fois, on va avoir un vrai procès"

    Invité de LCI dimanche soir, à la veille du 3e procès d'Yvan Colonna, Pascal Garbarini, son avocat, a fait part de l'espoir qu'il plaçait dans ce troisième volet de l'affaire.

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Plus d'infos

En ce premier jour consacré à des questions de procédure, les cinq avocats de l'accusé ont tenté de convaincre la cour de ne pas tenir compte des premières dénonciations de ses complices présumés, passées en 1999 lors de gardes à vue "illégales". Sous l'impulsion de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), du Conseil constitutionnel et de la Cour de cassation, une réforme de la garde à  vue, imposant la présence d'un avocat, est entrée en vigueur le 15 avril. "S'il n'y a plus les gardes à vue, il ne reste rien" à l'accusation, a affirmé un autre conseil d'Yvan Colonna, Me Eric Dupond-Moretti. Les accusateurs d'Yvan Colonna "ont réitéré leurs déclarations devant un juge d'instruction, en présence de leur avocat", a objecté Me Vincent Courcelle-Labrousse, conseil de Robert Erignac, frère du préfet assassiné.



Avant de se rétracter, plusieurs membres du commando - dont six ont  été condamnés en 2003 - avaient accusé Yvan Colonna d'avoir participé à  l'assassinat, certains le désignant même comme celui qui avait abattu le préfet  de trois balles dans la nuque, le 6 février 1998 à Ajaccio. Colonna avait pris la fuite après les arrestations de ses complices présumés en mai 1999. Après quatre ans de cavale, il avait été arrêté en juillet 2003. Il a été condamné par deux fois à la perpétuité. En appel en 2009, sa peine a été alourdie d'une période de sûreté de 22 ans, mais ce verdict a été annulé en juin 2010 par la Cour de cassation pour un vice de procédure. Yvan Colonna a assumé lors de ses deux premiers procès son passé de militant nationaliste, mais en affirmant avoir quitté la lutte pour l'indépendance de l'île en 1989-90, après la naissance de son fils.

De nouveaux experts attendus à la barre

Pour l'accusation, il est le 7e membre du "groupe des anonymes", qui aurait  fomenté l'assassinat de Claude Erignac ainsi que l'attaque en septembre 1997 de  la gendarmerie de Pietrosella, au cours de laquelle l'arme du crime avait été  dérobée. Outre les premières mises en cause de ses présumés complices, l'accusation se base sur des relevés téléphoniques montrant de nombreux contacts pendant la période de préparation de l'assassinat et le lendemain, et sur sa fuite.

La défense annonce la venue à la barre de nouveaux experts. Elle va notamment faire citer de nouveaux experts en balistique et en téléphonie, "afin de confirmer que le scénario décrit par les accusateurs n'est pas crédible". Une reconstitution, dont le refus avait provoqué le départ d'Yvan Colonna et ses avocats au dernier procès, sera demandée "selon le déroulement des débats".

Par A.Gu. (avec agences) le 02 mai 2011 à 16:34
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