Brigitte Bardot a reçu mardi le soutien de deux autres monstres sacrés du cinéma français, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, avec lesquels elle co-signe un appel commun aux "sages" du Conseil leur demandant d'"abolir" la tauromachie sur tout le territoire. De leur côté, les défenseurs des villes taurines arguent que la corrida "revêt un intérêt général, un pluralisme culturel, social et régional" et qu'il s'agit d'"une tradition locale ininterrompue". Ils estiment en outre que "l'animal ne bénéficie pas d'un droit absolu" et "peut être chassé ou élevé pour la consommation".
Harlem Désir, premier secrétaire intérimaire du PS, ne souhaite pas une interdiction générale de la corrida, jugeant qu'il faut laisser "chaque région" décider par elle-même. Eva Joly (EELV) s'est prononcée pour l'interdiction mais "à terme". "Il s'agit d'une tradition", a expliqué l'eurodéputée, "mais une tradition qui heurte la sensibilité à la condition animale. Nous voulons aujourd'hui qu'en France, nous respections les droits des animaux".
Selon un sondage Ifop pour Midi Libre, les Français sont partagés au sujet de l'interdiction de la corrida, 48% pensant que ce devrait être le cas partout dans le pays et 42% prônant le statu quo, son maintien dans les villes du Sud. La question fait l'objet d'un premier clivage selon la zone d'habitation, précise l'Ifop. Si les personnes issues de départements sans tradition taurine se prononcent majoritairement en faveur de l'interdiction (50% contre 40%), celles habitant dans des territoires à tradition taurine penchent davantage contre cette interdiction (39% pour l'interdiction et 50% contre). Quatre régions, l'Aquitaine, le Midi-Pyrénées, le Languedoc-Roussillon et la Provence-Alpes-Côte d'Azur, sont depuis le XIXe siècle une place forte mondiale de ce spectacle importé d'Espagne et organisé dans une quarantaine de villes.









