Le "grand patron" de la police en faveur d'une loi sur les "fadettes"

le 22 janvier 2012 à 11h46 , mis à jour le 22 janvier 2012 à 11h49

Dossier : Affaire Bettencourt

Une loi sur les factures de téléphone détaillées serait sans doute utile, estime Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, alors que Philippe Courroye a été mis en examen pour avoir fait scruter en 2010 des "fadettes" de deux journalistes du quotidien "Le Monde".

Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationaleFrédéric Péchenard, directeur général de la police nationale © ABACA

Comment et dans quelles limites la police peut-elle avoir recours aux renseignements obtenus par des factures de téléphone détaillées (les "fadettes") dans le cadre d'une enquête ? Le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, estime qu'une nouvelle loi sur leur usage pourrait contribuer à équilibrer les besoins de la police et de la défense des libertés individuelles.

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  • Affaire des "fadettes" : Courroye a violé la loi sur le secret des sources

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  • Bettencourt : Patrice de Maistre mis en examen

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    François-Marie Banier et son compagnon Martin d'Orgeval ont été mis en examen mercredi par le juge Jean-Michel Gentil et laissés libres sous contrôle judiciaire. L'ancien gestionnaire de la milliardaire, Patrice de Maistre, a à son tour été arrêté mercredi.

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Plus d'infos

Une prise de position qui intervient alors qu'un des plus célèbres magistrats français, le procureur de Nanterre Philippe Courroye, a été mis en examen mardi pour avoir fait examiner en 2010 des "fadettes" de deux journalistes du quotidien Le Monde. Il s'agit de la seconde personnalité proche du chef de l'Etat mise en cause dans les affaires de "fadettes" de journalistes, après le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, poursuivi depuis octobre dans une affaire voisine et au sein de laquelle Frédéric Péchenard a échappé aux poursuites.

"Je n'ai jamais obéi à un ordre illégal"

"La facture détaillée est un outil d'enquête important. La loi de 1991 (actuellement en vigueur) a été votée à une époque où les téléphones portables, la facturation détaillée, la géolocalisation des appareils n'existaient pas", explique Frédéric Péchenard dans un entretien accordé au Journal du Dimanche. "Donc, cette loi fait l'objet d'interprétations. Faut-il légiférer à nouveau ? Sans doute. En tout cas, il faut trouver un équilibre entre les besoins des policiers et la défense des libertés individuelles. La police doit être encadrée par la loi. Mais il faut aussi que l'on puisse être réactif. Notamment en matière de terrorisme."

Frédéric Péchenard ajoute que la DCRI ne s'est pas livrée à des écoutes téléphoniques illicites, en dépit des accusations portées par des journalistes du Point et du Canard Enchaîné dans un récent ouvrage intitulé L'espion du président. Interrogé sur cette éventualité d'écoutes sauvages, Frédéric Péchenard répond: "Non. La loi offre aux services de police, dont la DCRI, les moyens nécessaires à leur action". Un démenti direct aux propos de l'ancien et controversé "patron" des Renseignements généraux Yves Bertrand, qui a affirmé vendredi, dans un entretien au site internet Mediapart, que Bernard Squarcini était devenu l'"espion" de Nicolas Sarkozy à la tête de la DCRI, où "on fait des écoutes" comme on "mange des croissants". Et concernant sa propre action, Frédéric Péchenard, réputé proche de Nicolas Sarkozy, assure : "Je n'ai jamais obéi à un ordre illégal, qui ne m'a d'ailleurs jamais été donné. Jamais le président de la République ne m'a donné un ordre, jamais".

Concernant par ailleurs les soupçons de manipulation d'une enquête de l'IGS, Frédéric Péchenard dit ne pas croire à cette hypothèse : "La police est une maison trop transparente. Rien ne se fait, rien ne se dit sans que ça finisse par sortir. Le taux de syndicalisation est de l'ordre de 80%. On a sept syndicats représentatifs, de toutes sensibilités. Nous sommes contrôlés en permanence. Quelle administration est aussi contrôlée que la police ?"

le 22 janvier 2012 à 11:46
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2 Commentaires

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  • m.fred, le 23/01/2012 à 07h17

    Moi on peut écouter mes communications..Je n ai rien à me reprocher...

  • borebeu93, le 22/01/2012 à 19h33

    Pour moi une écoute téléphonique devrait avoir l aval d un juge et suivie par celui ci afin qu il n y ai pas d abus...

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