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France Télécom mis en examen pour harcèlement moral


le 06 juillet 2012 à 18h34 , mis à jour le 06 juillet 2012 à 22h17.
Temps de lecture
3min
Le siège de France Télécom à Paris/avril 2012

Le siège de France Télécom à Paris/avril 2012 / Crédits : AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

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JusticeLe groupe a été mis en examen en tant que personne morale dans l'enquête sur la vague de suicides qui a eu lieu en 2008 et 2009 chez l'opérateur. Il s'agit de la première mise en examen de ce chef pour une entreprise du CAC 40.

C'est une première pour une entreprise du CAC 40. Vendredi, le groupe France Télécom a été mis en examen en tant que personne morale pour harcèlement moral dans l'enquête sur la vague de suicides en 2008 et 2009 chez l'opérateur, a indiqué à l'AFP son avocate Me Claudia Chemarin.

"L'entreprise va enfin pouvoir se défendre deux ans après l'ouverture de l'enquête. France Télécom conteste avoir mis en place un système destiné à  créer des souffrances chez ses salariés", a déclaré Me Chemarin.

France Télécom évoque un "phénomène de société"

Cette mise en examen a été assortie d'un cautionnement d'un montant que l'avocate n'a pas souhaité préciser."Il s'agit d'une décision attendue et prévisible", a-t-elle ajouté, précisant que le fond du dossier n'avait pas été abordé lors de cette audition.

Dans un communiqué, France Télécom a repris les éléments développés par son avocate, tout en reconnaissant "que l'action de l'entreprise (avait) pu être mal perçue, ce qui (avait) induit un trouble collectif". "Il est tout à fait possible que ce trouble ait pu, sur des collaborateurs (qui pouvaient avoir par ailleurs des fragilités ou des difficultés) contribuer à une souffrance au travail", a ajouté le groupe. France Télécom a néanmoins évoqué un "phénomène de société", pas limité au seul opérateur téléphonique.

Les anciens patrons du groupe également mis en examen

Jeudi, l'ex-numéro deux du groupe, Louis-Pierre Wenes, et l'ancien directeur des ressources humaines, Olivier Barberot, ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire avec à la clé une caution de 75.000 euros.

L'ancien patron du groupe, Didier Lombard, à la tête de France Télécom de 2005 à 2010, avait été le premier dirigeant à être mis en examen mercredi, le cautionnement ayant été fixé pour lui à 100.000 euros. Ce dernier avait dû quitter la direction opérationnelle de l'opérateur en mars 2010, fragilisé par une trentaine de suicides de salariés entre janvier 2008 et fin 2009.

L'ancien patron a contesté tout lien entre les suicides et les plans de réduction d'effectifs de l'époque. Dans une tribune au Monde, il a déclaré qu'"à aucun moment les plans conçus et mis en oeuvre par France Télécom n'ont été dirigés contre les salariés". "Je suis conscient que les bouleversements qu'a connus l'entreprise ont pu provoquer des secousses ou des troubles. Mais je conteste avec force que ces plans indispensables à la survie de l'entreprise aient pu être la cause des drames humains cités à l'appui des plaintes", écrivait-il.

Un rapport de l'Inspection du travail et une plainte de la fédération SUD-PTT, à la fin 2009, avaient conduit à l'ouverture d'une information judiciaire pour harcèlement moral en avril 2010.

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  • kosotto1 : C'est excellent. Il est largement temps de s'attaquer à ces comportements de management par le stress et l'intimidation qui font mourir des gens et brisent des familles.

    Le 07/07/2012 à 09h15
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