Incertitudes autour du procès Chirac, qui s'ouvre ce lundi

Par , le 01 septembre 2011 à 16h50 , mis à jour le 05 septembre 2011 à 11h40

Dossier : Chirac, le procès

Renvoyé en mars en raison d'une question de procédure, le procès de l'ex-chef de l'Etat dans les affaires d'emplois présumés fictifs de la Ville de Paris et de Nanterre s'ouvre lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Mais les révélations du week-end sur son état de santé pourraient profondément bouleverser l'audience.

Jacques Chirac, à Saint-Tropez, le 7 août 2011 Jacques Chirac, à Saint-Tropez, le 7 août 2011 © ABACAPRESS

C'est un des temps forts de la rentrée judiciaire : le procès des emplois fictifs de la ville de Paris s'ouvre lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Avec en prévenu vedette Jacques Chirac, premier ancien président de la République à comparaître en justice. Le procès devait se tenir tous les après-midi, du 5 au 23 septembre.  Mais les révélations du week-end pourrait bouleverser cet agenda.
  • Procès Chirac : les autres accusés

    Dix personnes, dont l'ex-président Jacques Chirac, doivent être jugées lors du procès des emplois présumés fictifs de la ville de Paris, qui s'ouvre ce lundi 5 septembre.

    Publié le 01/09/2011 Procès Chirac : les autres accusés
  • Chirac trop "vulnérable" pour assister à son procès ?

    Le procès de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris s'ouvre lundi, mais l'ancien président n'a "plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences", selon ses avocats. L'association Anticor a vivement contesté ce rebondissement.

    Publié le 03/09/2011 Chirac trop "vulnérable" pour assister à son procès ?
  • Procès Chirac : 15 ans de procédure

    En quittant l'Elysée en 2007, Jacques Chirac a perdu l'immunité qui le protégeait. Retour sur 15 ans de procédures qui ont abouti au procès des emplois fictifs de la ville de Paris qui s'ouvre ce lundi.

    Publié le 07/03/2011 Procès Chirac : 15 ans de procédure
  • "Plus rien ne s'oppose à la reprise du procès" Chirac

    La Cour de cassation a rejeté vendredi la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à l'origine de la suspension du procès de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, un procès qui peut donc reprendre, comme l'explique Me Spinosi, avocat près de la Cour de cassation.

    Publié le 20/05/2011 "Plus rien ne s'oppose à la reprise du procès" Chirac
Plus d'infos

 
La santé de Jacques Chirac lui permettra-t-il d'être présent ?  
Comme en mars, l'ouverture du procès se fera sans le principal intéressé. Mais des révélations sur son état de santé ce week-end pourraient profondément changer la donne. Sa défense a transmis au tribunal vendredi le dossier médical de l'ancien chef d'Etat avec un rapport du professeur Olivier Lyon-Caen, chef du service de neurologie à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. "M. Chirac est dans un état de vulnérabilité qui ne lui permet pas de répondre aux questions sur son passé", dit ce rapport. (> lire notre article Chirac trop vulnérable pour assister à son procès ?) Il parle selon le Journal du dimanche d'un trouble neuropsychique appelé "anosognosie", caractérisé lorsque le patient n'est pas conscient des problèmes dont il souffre. Le tribunal, présidé par Dominique Pauthe, n'est pas lié par cette expertise privée réalisée à la demande de la famille de Jacques Chirac. Il peut ordonner une contre-expertise médicale judiciaire, ce qui le contraindrait à un nouveau renvoi. Il peut aussi accepter directement l'absence de Jacques Chirac. Jacques Chirac, 78 ans, "a toujours dit qu'il assumerait ses responsabilités, qu'il souhaitait que ce procès ait lieu et aille à son terme", a-t-il précisé.  

Chirac absent, renvoi du procès : les options

Si un problème de santé est retenu pour le dispenser de comparaître, deux options seront alors possibles. (lire notre article Chirac, et maintenant ?)Les juges peuvent tenir jusqu'au 23 septembre comme prévu un procès contradictoire, qui ne serait pas techniquement un "défaut",Jacques Chirac serait représenté par ses avocats. C'est, officiellement, la voie proposée par les avocats de la défense Jean Veil et Georges Kiejman dans un communiqué. La défense devrait cependant suggérer une autre voie, un "sursis à statuer" en attendant une hypothétique guérison, c'est-à-dire que Jacques Chirac ne serait sans doute jamais jugé. Cette demande peut être tranchée dans le jugement final après une audience normale. Le parquet n'a pas fait connaître sa position, mais il est plus que probable qu'il accepte l'absence de Jacques Chirac, le procureur Jean-Claude Marin ayant déjà annoncé qu'il ne demanderait pas de condamnation, les charges étant selon lui "insuffisamment caractérisées".
 

Pourquoi Jacques Chirac comparaît-il en correctionnelle ?
 
Jacques Chirac doit répondre de faits remontant au début des années 90, quand il était maire de Paris. Dans le principal volet de l'affaire, celui des "chargés de missions" qui a été instruit à Paris, il est poursuivi pour 21 emplois présumés de complaisance, rémunérés par la mairie de Paris de 1992 à mai 1995, date de son élection à l'Elysée. Il y a neuf autres prévenus, dont Marc Blondel, ex-secrétaire général de Force Ouvrière, et Jean de Gaulle, petit-fils du  général de Gaulle (pour connaître les faits reprochés à chacun, lire "Chirac ne sera pas tout seul sur le banc des accusés).
 
L'autre volet, instruit à Nanterre, porte sur sept emplois rémunérés par la  Ville de Paris et confiés à des permanents du RPR de 1990 à 1994. Le ministre  des Affaires étrangères Alain Juppé avait été condamné en 2004 dans ce dossier, en tant qu'ancien adjoint du maire de Paris et ex-secrétaire général du RPR, l'ancêtre de l'UMP. Jacques Chirac était pour sa part protégé par son immunité présidentielle pendant ses deux mandats à l'Elysée (1995-2007).
  
Alors que l'accusation estime que les emplois en cause ont servi ses intérêts politiques et ceux du RPR, sans bénéficier à la municipalité, Jacques Chirac a toujours récusé l'idée d'un "système organisé", disant ces recrutements "légitimes" et "utiles à la ville de Paris".
 
Que risque-t-il ?
 
Renvoyé en correctionnelle pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt", Jacques Chirac encourt en théorie dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. Mais le parquet, qui avait requis un non-lieu pendant l'instruction, devrait logiquement demander sa relaxe. Quant à la Ville de Paris, elle a renoncé à se porter partie civile suite à un accord conclu en septembre 2010 avec Jacques Chirac et l'UMP, l'indemnisant à hauteur de 2,2 millions d'euros. Il reviendra donc à l'association anti-corruption Anticor et à quelques particuliers, qui veulent se constituer partie civile, de porter la contradiction face à la défense. Anticor a notamment fait citer comme témoin Alain Juppé. Mercredi, le conseil des ministres a autorisé ce dernier à se rendre au tribunal.
 
Pourquoi le premier procès avait-il été reporté ?

Le report du premier procès avait été la conséquence d'une pirouette procédurale particulièrement habile. Maître Jean-Yves Leborgne, avocat d'un coprévenu avait contesté un point de droit ayant empêché la prescription des faits, en posant une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC). Le tribunal avait décidé de renvoyer cette question à la Cour de cassation et d'ajourner les débats en attendant une décision. Finalement, la haute juridiction avait rejeté cette QPC le 20 mai, permettant de reprogrammer les débats... au 5 septembre.

Par Alexandra Guillet le 01 septembre 2011 à 16:50
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9 Commentaires

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  • reaubaire, le 05/09/2011 à 14h50

    Non.

  • desnos75, le 05/09/2011 à 14h14

    Et de siéger au conseil constitutionnel une des plus importantes instances française !

  • qualificatif, le 05/09/2011 à 12h44

    Chirac est un homme malade et fatigué ...Nous devrions le laisser tranquille avec cette affaire qui ne doit pas arranger sa santé ... Nous n'avons pas fait de procès pour les affaires Mitterrand !!! et pourtant ???

  • __camille__, le 05/09/2011 à 12h35

    Il n'en est pas membre élu mais membre de droit en tant qu'ancien président de la République au même titre que Valérie Giscard d'Estaing et bientôt Nicolas Sarkozy.

  • docdent69, le 05/09/2011 à 12h17

    Disons que si Mr Chirac était malade du coeur ou autre, il pourrait réfléchir et répondre au cours de ce procès, mais avec une maladie comparable à un début d'Alzheimer, je doute qu'on puisse avoir un procès équitable, cela ne l'empêchant pas pour autant de boire un cocktail en terrasse, mais on voit bien que parfois son regards "part"...

  • Marco gap, le 05/09/2011 à 10h06

    Laisse le tranquil ce pas maitenant qu il fallait le questionner

  • desnos75, le 05/09/2011 à 09h58

    Si son état de santé est si désastreux, la logique voudrait qu'il démissionne du conseil constitutionnel.

  • loava, le 05/09/2011 à 09h49

    Alors c'est donc cela qui passionne les français : le procès Chirac, le retour de DSK ! je croyais qu' ils avaient d'autres préoccupations !

  • jclo38, le 05/09/2011 à 09h11

    Qu'il soit jugé mais bien sur qu'il ne fasse pas de prison!

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