Il est entré tout sourire dans le box des accusés, avant de faire un geste de la main à ses proches. "Yvan Colonna, né le 7 avril 1960 à Ajaccio, berger. Domicile actuel maison d'arrêt de Fresnes", a-t-il ensuite répondu au président de la cour d'assises spéciale qui lui demandait de décliner son état civil. Le troisième procès d'Yvan Colonna pour l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac s'est ouvert ce lundi à 11 heures devant la cour d'assises spéciale de Paris. Sans dire un mot à la presse, la famille du préfet Erignac, sa veuve, sa fille et son fils s'étaient installés peu de temps auparavant sur les places réservées aux parties civiles.
Colonna : "Mais tu m'aides pas !"
S'il a réaffirmé mardi à l'audience qu'Yvan Colonna ne faisait pas partie du commando qui a abattu le préfet Erignac, Martin Ottaviani, condamné pour complicité en première instance, a refusé d'en dire plus. Même s'il a admis qu'il pouvait exister des membres du commando "non identifiés".
Publié le 24/05/2011
Procès Colonna : le commando Erignac à la barre
Martin Ottaviani, Marcel Istria et Alain Ferrandi, déjà condamnés pour leur implication à des degrés divers dans l'assassinat de Claude Erignac, vont être appelés à témoigner au procès d'Yvan Colonna.
Publié le 24/05/2011
Incident au procès Colonna
Le procès d'Yvan Colonna a été interrompu vendredi en raison de la présence dans le public d'un témoin compromettant la régularité de l'audience.
Publié le 20/05/2011
Procès Colonna : les gardes à vue n'étaient pas illégales
La cour d'assises a rejeté mardi la requête des avocats d'Yvan Colonna concernant les gardes à vue à leurs yeux "illégales" de ses accusateurs en 1999. Elle a, en revanche, accepté de ne pas faire état des débats du précédent procès.
Publié le 03/05/2011
Yvan Colonna se marie en prison en présence de Mgr Gaillot
L'homme de 50 ans, qui sera jugé à partir du 2 mai pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, s'est marié jeudi matin avec une femme de 38 ans à la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne.
Publié le 03/03/2011
Yvan Colonna aura la bague au doigt ce jeudi
Le berger corse âgé de 50 ans se marie jeudi matin à la prison de Fresnes. A partir de mai, il sera jugé pour la troisième fois pour l'assassinat du préfet Erignac.
Publié le 03/03/2011
Colonna condamné à un an ferme pour détention d'armes
Le berger corse était en possession de ces armes lors de son arrestation. Des peines de dix mois à trois ans de prison avec sursis ont en outre été prononcées contre quatre des cinq personnes soupçonnées de l'avoir aidé durant sa cavale.
Publié le 08/07/2010
Il y aura un troisième procès Colonna
La Cour de cassation a annulé mercredi pour des raisons de forme la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna, pour l'assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac, ouvrant la voie à un troisième procès d'assises.
Publié le 30/06/2010
Coup de filet dans l'enquête sur l'assassinat de Colonna
Huit personnes ont été interpellées depuis lundi par les enquêteurs qui essaient de retrouver les assassins de Jean-Claude Colonna. Des armes et des stupéfiants ont été saisis lors des perquisitions.
Publié le 26/11/2009
Reconstitution au procès Colonna : les avocats se renvoient la balle
La reconstitution du meurtre du préfet Erignac en 1998 s'est tenue sous très haute surveillance dans la nuit de lundi à mardi à Ajaccio.
Publié le 07/06/2011
Procès Colonna : "ce n'est pas la partie civile qui fait le verdict"
Me Eric Dupont-Moretti, l'avocat du berger corse, répond aux critiques de la famille du préfet Erignac, qui dénonce la "lâcheté des assassins".
Publié le 06/05/2011
Affaire Colonna : "Cette fois, on va avoir un vrai procès"
Invité de LCI dimanche soir, à la veille du 3e procès d'Yvan Colonna, Pascal Garbarini, son avocat, a fait part de l'espoir qu'il plaçait dans ce troisième volet de l'affaire.
Publié le 01/05/2011
Jusqu'à la mi-juin au moins, Yvan Colonna, 51 ans, va être rejugé par une cour spécialement composée pour les affaires de terrorisme, composée de neuf magistrats professionnels. Ses avocats entendent soulever dès le premier jour un problème de procédure, lié au fait que les membres de cette cour, tous magistrats, voteront sur la culpabilité avec des règles moins contraignantes que les jurés populaires, ce que la défense juge irrégulier.
De nouveaux experts attendus à la barre
Yvan Colonna, qui est depuis près de huit ans en détention provisoire, a toujours clamé son innocence dans cet assassinat, pour lequel six membres du commando ont été condamnés en 2003. Il n'avait pas été jugé en même temps qu'eux car il avait pris la fuite après les arrestations de ses complices présumés en mai 1999. Plusieurs l'avaient accusé d'avoir participé à l'assassinat, certains le désignant même comme celui qui avait abattu le préfet de trois balles dans la nuque. Ils se sont ensuite rétractés. Au terme d'une cavale de quatre ans dans le maquis corse, Yvan Colonna avait été arrêté en juillet 2003. Son premier procès a eu lieu en 2007.
Il a été condamné par deux fois à la perpétuité pour l'assassinat du plus haut représentant de l'Etat en Corse, le 6 février 1998 à Ajaccio, sa peine étant alourdie par une période de sûreté de 22 ans, en appel en 2009. Ce verdict a été annulé en juin 2010 par la Cour de cassation pour un vice de procédure.
La défense d'Yvan Colonna a toujours mis en avant un manque de preuves et les revirements de ceux qui l'avaient accusé. L'équipe sera rejointe pour ce procès par le ténor du barreau Eric Dupond-Moretti, qui avait fait acquitter en 2006 un autre membre présumé du commando. Elle va notamment faire citer de nouveaux experts en balistique et en téléphonie, "afin de confirmer que le scénario décrit par les accusateurs n'est pas crédible". Une reconstitution, dont le refus avait provoqué le départ d'Yvan Colonna et ses avocats au dernier procès, sera demandée "selon le déroulement des débats".
"Ce troisième procès est capital, parce qu'il doit nous permettre de faire proclamer l'innocence d'Yvan Colonna", estime l'un de ses cinq avocats, Me Pascal Garbarini. Il doit être "l'aboutissement" d'un long combat judiciaire. A l'époque, un "postulat de culpabilité" de son client avait été posé par plusieurs responsables politiques, dont Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avant même le premier procès. "Aujourd'hui, les plateaux de la balance sont davantage rééquilibrés", veut croire l'avocat.
Une famille Erignac "un peu accablée"
L'ambiance est bien différente du côté de la famille de la victime. C'est la cinquième fois qu'elle se retrouve partie civile, en comptant les procès des autres membres présumés du commando. Et elle est "un peu accablée" à l'idée de ce nouveau procès, qui va encore raviver "tout un tas de souvenirs", souligne Me Yves Baudelot, l'un des avocats de la veuve du préfet, Dominique Erignac, et de ses enfants Marie-Christophine et Antoine.
"Mme Erignac m'expliquait l'autre jour qu'en mettant tous les procès les uns à la suite des autres, elle aura passé plus de six mois sur les bancs de la cour d'assises de Paris", ajoute-t-il. "Ça lui est extrêmement pénible. Ça fait 13 ans que ça dure, elle veut en terminer". Et pour Me Philippe Lemaire, qui assiste la veuve et les enfants du préfet assassiné depuis le tout premier procès, en juin-juillet 2003, Dominique Erignac garde la "certitude que celui qui a assassiné son mari, c'est Yvan Colonna".
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Colonna : "Mais tu m'aides pas !"

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