Ils ont perdu chacun un ami mais les voilà riches, tous les deux. Deux anciens comparses qui se disputaient un ticket gagnant d'Amigo, un jeu de la Française des Jeux devront se partager le pactole d'un millions d'euros. Ainsi en a décidé la justice vendredi.
Les juges du tribunal de grande instance d'Agen ont estimé que les attestations produites par sept témoins à l'audience, le 13 mars, corroborent les dires du patron du bar l'Ecrevisse, à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) qui affirme qu'il avait participé au pari sur le ticket gagnant. Cheikh Guendouzi, 73 ans, affirmait qu'il avait prêté de l'argent à son ami, Messaoud Boudissa, 79 ans. "Tiens, voilà 20 euros. Si tu gagnes on partage, si tu perds tu ne me devras que 10 euros", aurait ainsi lancé Cheick Guendouzi devant témoins ce 31 juillet 2011.
L'Amigo a détruit leur amitié
Mais l'avocat de M. Boudissa, Me Martial, a décidé de faire appel de la décision, et contre-attaque en portant plainte pour faux-témoignages. "J'estime que ces témoignages sont des faux", a indiqué à l'AFP Me Martial, car "je crois mon client qui dit n'avoir emprunté de l'argent à personne". "De plus, ce jour là, personne n'est venu lui dire qu'il devait partager avec qui que ce soit", a-t-il ajouté, estimant trouver "étrange" la décision du tribunal. "Sauf démonstration contraire, c'est celui qui est détenteur du ticket qui devient légitime détenteur des biens gagnés", a-t-il argué. La saisie conservatoire de la moitié de la somme sur le compte bancaire de M. Boudissa se poursuit donc jusqu'à l'audience d'appel.
Tous deux harkis, les deux hommes se connaissaient depuis 35 ans quand le patron de l'Ecrevisse était venu se réfugier en 1963 à Villeneuve-sur-Lot. Avant cette décision, Cheick Guendouzi assurait qu'il ne reparlerait "jamais" à son ancien ami car il s'estimait "trahi".








