Les jurés populaires arrivent en correctionnelle

Par , le 02 janvier 2012 à 05h00 , mis à jour le 02 janvier 2012 à 22h21

Déjà appelé pour juger les crimes, le citoyen peut désormais être sollicité pour juger les délits les plus graves. Le "citoyen assesseur" siègera aux côtés des magistrats. Voulue par Nicolas Sarkozy et vivement critiquée, cette réforme va d'abord être testée dans les cours d'appels de Toulouse et Dijon.

"La justice est rendue au nom du peuple français, désormais elle sera rendue aussi par le peuple français". Septembre 2010 : Nicolas Sarkozy souhaite la présence de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels. La volonté devient priorité, une loi est votée. Janvier 2012 : les premiers "citoyens assesseurs", selon la terminologie officielle, font leur entrée dans les tribunaux correctionnels. Pour rappel, jusqu'à présent, ils ne siégeaient que dans les cours d'assises, celles qui jugent les crimes.
  • Jurés populaires : ce que prévoit la réforme

    Michel Mercier a présenté mercredi en conseil des ministres son projet de loi sur l'introduction de jurés en correctionnelle. Le texte, qui suscite des crispations du côté des magistrats, prévoit également une réforme des cours d'assises et de la justice des mineurs.

    Publié le 13/04/2011 Jurés populaires : ce que prévoit la réforme
  • Jurés populaires : Sarkozy veut aller vite, très vite

    Nicolas Sarkozy avait évoqué une loi avant la fin de l'année sur ce sujet présenté comme "prioritaire". Un délai qui semblait déjà court aux magistrats. Mais il pourrait être encore plus court que prévu : Europe 1 parle d'un projet de loi dans les trois semaines, pour un vote avant l'été.

    Publié le 19/01/2011 Jurés populaires : Sarkozy veut aller vite, très vite
  • Quid des jurés populaires

    A compter de ce lundi, les tribunaux correctionnels de Toulouse et Dijon auront des jurés populaires. Des citoyens assesseurs prendront la place aux côtés de magistrats pour juger des délits. Comment s'organise e tribunal de Toulouse pour ces nouveaux arrivants ?

    Publié le 02/01/2012 Quid des jurés populaires
  • Toulouse et Dijon testent lundi les jurés populaires

    A partir de lundi, certains tribunaux correctionnels, comme à Toulouse et Dijon, accueilleront des jurés populaires.

    Publié le 30/12/2011 Toulouse et Dijon testent lundi les jurés populaires
  • Jurés populaires en correctionnelle : un bilan mitigé en Espagne

    En Espagne, où les jurés populaires existent depuis plus de 10 ans, les magistrats ne sont toujours pas convaincus par ce système. Un système qui s'avère en plus là-bas être coûteux.

    Publié le 13/04/2011 Jurés populaires en correctionnelle : un bilan mitigé en Espagne
  • Les jurés populaires en correctionnelle font grincer des dents

    La réforme sur les jurés populaires, dont Nicolas Sarkozy avait fait une priorité, a été présentée mercredi en Conseil des ministres. Elle prévoit d'impliquer davantage de citoyens dans les procès en correctionnelle. Un texte contesté.

    Publié le 13/04/2011 Les jurés populaires en correctionnelle font grincer des dents
  • Jurés populaires : combien ça va couter ?

    L'introduction de jurés populaires en correctionnelle concernerait 35 à 40 000 affaires par an. Mercredi, à l'issue du conseil des ministres, le garde des sceaux a promis des moyens supplémentaires pour faciliter son application. Une enveloppe de 50 millions d'euros est prévue.

    Publié le 13/04/2011 Jurés populaires : combien ça va couter ?
  • Jurés populaires, mode d'emploi

    Le gouvernement français lance mercredi la réforme visant à introduire des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels. Une réforme qui mécontente les magistrats qui y voient une remise en cause de leur travail.

    Publié le 13/04/2011 Jurés populaires, mode d'emploi
  • Robert Badinter sur les jurés populaires : " C'est absurde ! "

    L'ancien ministre de la justice de 1981 à 1986, Robert Badinter, était l'invité de Julien Arnaud ce jeudi 24 mars. Il s'est prononcé sur le projet de loi sur la présence de jurés populaires dans les tribunaux correctionnels.

    Publié le 24/03/2011 Robert Badinter sur les jurés populaires : " C'est absurde ! "
Plus d'infos

 
Le dispositif va d'abord être expérimenté. La cour d'appel de Toulouse et celle de Dijon sont les premières à le tenter. Les citoyens assesseurs seront également présents dans les tribunaux d'application des peines des juridictions de ces deux villes. En cas de résultats concluants, le dispositif sera étendu à tous les tribunaux correctionnels de France dès 2014. Le ministre de la Justice Michel Mercier a prévu une enveloppe de 50 millions d'euros pour cette réforme.
 
Concrètement, ces deux citoyens-assesseurs vont siéger aux côtés des trois magistrats professionnels des tribunaux correctionnels pour les infractions les plus graves : les atteintes aux personnes, notamment les violences, les vols avec violence et les agressions sexuelles. Des délits graves punis d'au moins 5 ans de prison. Ces cas concerneraient environ 40.000 affaires par an, sur un total de 600 000. "Le juré, on lui demandera de comprendre concrètement les faits ; si oui ou non, ces faits ont été commis et, le cas échéant, la peine à apporter", a résumé le porte-parole du ministère de la Justice lors d'une interview à LCI.
 
Qui peut être citoyen assesseur ? Tout citoyen français de plus de 23 ans inscrit sur les listes électorales, à l'exception des personnes ayant été condamnées pour un délit. Les citoyens assesseurs devront par ailleurs présenter des garanties "d'impartialité, d'honorabilité, de probité" établies à partir d'un questionnaire d'informations qu'ils devront remplir. On ne peut être assesseur qu'une fois tous les cinq ans.
 
Des magistrats plus que circonspects. Ils voient dans cette réforme une remise en cause de leur travail. Ils redoutent également un allongement des débats et donc l'engorgement. Les avocats sont également vent debout contre cette mesure adoptée dans la foulée de faits divers retentissants et qu'ils jugent démagogique. "Sous prétexte de durcir les peines à la suite du meurtre dramatique de Laetitia, le ministère a voulu mettre les juges sous la surveillance du peuple", estime l'un des ténors du barreau toulousain, Simon Cohen interrogé par l'agence Reuters. "Le résultat risque d'être inverse. Les citoyens sont moins répressifs et plus à l'écoute des problèmes sociaux qu'on ne le croit."

Par Amélie Gautier le 02 janvier 2012 à 05:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • franky37, le 03/01/2012 à 08h41

    Lilian54360 : tout s'apprend quand on veut s'y intéressé. On ne demandera pas à ces personnes de connaître parfaitement la procédure pénale, voire le droit constitutionnel (plutôt ardu), mais celle applicable au délit qu'elles auront à traiter.

  • franky37, le 03/01/2012 à 08h36

    Ce ne sont pas les tribunaux qui sont surchargés, mais son personnel.

  • franky37, le 03/01/2012 à 08h35

    Lisez l'article !

  • alain-paris, le 02/01/2012 à 16h38

    Au fait, ça va nous couter combien ? pour quel bénéfice ?

  • dacatoro, le 02/01/2012 à 15h56

    Sur quels critéres ces personnes seront-elles convoquées pour former ces jurys ?

  • vuvuzela31, le 02/01/2012 à 15h39

    Le jury populaire devrait etre la regle pour tout procès de politiciens ayant fautés dans le cadre de ses fonctions. La tolérance serait proche de zero et ca changerait de l'impunité actuelle...

  • 123tdc, le 02/01/2012 à 15h03

    Cela ne marchera pas, la justice, en france, n'est pas rendue comme elle devrait ètre, faute de moyens, cette nouvelle disposition va alourdir le dispositif judicière et le coût, il faudra bien indemniser le jury populaire, cette mesure est de nature populiste et masque le malaise profond de notre justice!

  • lilian54360, le 02/01/2012 à 12h24

    Et puis surtout on a aucune formation pour ca car c'est complexe

  • oliver12500, le 02/01/2012 à 07h38

    Ben voyons............... s'il pense amadouer les français en vue de 2012 avec de telle mesure, il se fourre un doigt dans l'oeil...

  • morob..., le 02/01/2012 à 07h05

    Ha ça va être beau le résultat!! n'importe quel quidam sans aucune formation devra donner son avis sur les peines de délit....déjà que c'est un casse tête en matière de crime...chaque affaire va prendre un temps beaucoup plus important...c'est pas comme ça qu'on va alléger les tribunaux!!!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience