Le Garde des sceaux Michel Mercier devant les députés (archives). © DRLes gardiens de l'indépendance de la justice risquent de peu goûter la proposition de Michel Mercier. Le garde des Sceaux a proposé la candidature de son directeur de cabinet, François Molins, au poste de procureur de la République à Paris.
Quand les procureurs lancent un SOS
C'est du jamais-vu. Jeudi, les procureurs de la République ont exhorté le pouvoir exécutif à promouvoir un nouveau statut garantissant leur indépendance et à sortir la justice de sa misère.
Publié le 08/12/2011
L'annonce officielle a été faite samedi par le porte-parole du ministère de la Justice, Bruno Badré : "Le garde des Sceaux a proposé au Conseil supérieur de la magistrature la candidature de François Molins au poste de procureur de la République de Paris dans un projet de mouvement plus global de près de 300 magistrats", a déclaré M. Badré. Une déclaration qui confirme une information du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).
Qui est cet homme, dont l'éventuelle nomination risque de soulever la polémqiue ? François Molins, 58 ans, est depuis juin 2009 directeur de cabinet du garde des Sceaux, d'abord de Michèle Alliot-Marie (2009-2010) puis de Michel Mercier (depuis novembre 2010). Il a effectué l'essentiel de sa carrière au sein ou à la tête de plusieurs parquets de France. Le poste de procureur de Paris est vacant depuis le 16 septembre, date à laquelle son dernier occupant, Jean-Claude Marin, a été installé comme procureur général près la Cour de cassation.
"Verrouillage"
Du côté des magistrats, l'inquiétude est grande de voir la justice mise au pas. Dans un communiqué samedi annonçant la décision du garde de Sceaux, le SM a critiqué le fait que M. Mercier propose son propre directeur de cabinet, parlant de "verrouillage" au moment "où éclosent" des affaires sensibles pour le pouvoir. "Les qualités de l'homme ne sont pas en cause. Ce qui l'est, en revanche, c'est sa proximité avec le pouvoir exécutif, objectivée par les fonctions de numéro un du cabinet du ministre de la Justice", selon le syndicat. "Le fait que ce pouvoir, quelques semaines après avoir annoncé son intention de nommer une de ses proches à Bordeaux où sont instruites les affaires dites Bettencourt, récidive désormais en préemptant le poste de procureur de la République de Paris, sonne comme un signal très inquiétant de verrouillage, au moment où éclosent plusieurs affaires susceptibles de mettre en cause des personnalités très proches de la présidence de la République", a-t-il ajouté.
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