Philippe Courroye nommé avocat général "dans l'intérêt du service"


le 03 août 2012 à 06h57 , mis à jour le 03 août 2012 à 06h58.
Temps de lecture
3min
Philippe Courroye/Image d'archives
Philippe Courroye/Image d'archives / Crédits : AFP
Partager
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
À lire aussi
JusticeLe procureur a été muté à ce poste par le ministère de la Justice pour "ramener la sérénité" au parquet de Nanterre. Philippe Courroye juge cette mutation comme une sanction disciplinaire aux motivations politiques.

Le procureur de Nanterre Philippe Courroye a été nommé avocat général à la cour d'appel de Paris par un décret officialisant  la mutation imposée au magistrat par la Chancellerie et publié vendredi au Journal officiel. Cette nomination est faite "dans l'intérêt du service", précise ce décret  du Président de la République daté de jeudi. Elle n'était plus qu'une formalité après le feu vert donné mardi par le  Conseil supérieur de la magistrature (CSM) à la mutation voulue par le  ministère de la Justice pour "ramener la sérénité" au parquet de Nanterre dirigé par M. Courroye depuis 2007.

Le procureur très décrié a annoncé, dès le lancement de la procédure, son  intention d'attaquer devant le Conseil d'Etat ce déplacement qu'il assimile à  une sanction disciplinaire aux motivations politiques. Mais son éventuel  recours n'ajournera pas sa mutation. Le magistrat a par ailleurs dit sa volonté de se mettre en disponibilité de  la profession pour devenir avocat. Philippe Courroye, 53 ans, ancien juge d'instruction, étaient mis en cause  depuis de nombreux mois pour sa proximité supposée avec Nicolas Sarkozy, sa  gestion de l'affaire Bettencourt avant qu'elle ne soit dépaysée à Bordeaux et  les tensions qu'elle a générées dans la juridiction, en particulier avec la juge Isabelle Prévost-Desprez.

Selon les avocats du magistrat, la Chancellerie a justifié sa mutation par plusieurs événements : les procédures pénales et disciplinaires engagées contre  lui dans le volet des "fadettes" de l'affaire Bettencourt, où il est accusé par  Le Monde d'avoir tenté de découvrir les sources de deux journalistes; une  motion votée par le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) du tribunal de Nanterre à la suite du suicide d'un substitut du  parquet, même si aucun lien entre ce geste et ses conditions de travail n'a été  établi. Officiellement, le ministère assure vouloir "donner un peu plus de sérénité  à une juridiction qui a connu des difficultés depuis quelques mois" et  "restaurer un bon déroulement du service et de l'institution judiciaire"

Commenter cet article

  • lmalsc : Sanctionné pour avoir essayé de trouver qui , au tribunal de nanterre ,renseignait les journalistes du monde ! Doit-on comprendre que les journalistes sont plus puissants que la justice ,dont le personnel peut être muté dans un placard , qui a sont tour est plus puissante que les politiques , qui peuvent être jugés et condamnés le cas échéant en fin de mandat ?La séparation des pouvoirs , garante d'un équilibre entre l'éxécutif , le légilatif et le judiciaire , a décidément du plomb dans l'aile !

    Le 03/08/2012 à 17h33
  • commenteur : Promotion politique d'hier, sanction politique d'aujourd'hui.

    Le 03/08/2012 à 08h02

      Les dernières infos

      logAudience