Pour Carlos, l'attentat du Capitole visait Chirac

Par , le 10 novembre 2011 à 18h46 , mis à jour le 10 novembre 2011 à 19h01

Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, a assuré jeudi à la cour d'assises spéciale de Paris qu'il n'était pas l'auteur de l'attentat commis le 29 mars 1982 contre le train Le Capitole, mais a affirmé, en revanche, qu'il était dirigé contre Jacques Chirac.

CarlosLe Vénézuélien est jugé pour une série d'attentats qui avait fait 11 morts et plus de 150 blessés dans les années 80. © TF1/LCI

Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a nié jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris toute implication dans l'attentat du Capitole, qui a fait 5 morts en 1982, jugeant "évident" que cette attaque visait Jacques Chirac, habitué de ce train et alors maire de Paris. "Il y a eu une rumeur disant que c'était dirigé contre Jacques Chirac qui, à l'époque était maire de Paris et député de Corrèze et à qui il arrivait de prendre le Capitole", a rappelé le commissaire Jean-Jacques Plasseraud, aujourd'hui en retraite. Mais, a-t-il poursuivi, "le 29 mars 1982 était un lundi, or il ne paraît pas d'usage que les parlementaires rentrent dans leur circonscription en début de semaine. Pour nous, sur le plan de l'enquête, (c'était) sans consistance". Carlos assure qu'il n'est pour rien dans cette attaque. Selon lui, quelqu'un a voulu "tuer Chirac".

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Quelle preuve en a-t-il ? La bombe, dit-il, était "cachée derrière le siège de Jacques Chirac". "C'est évident!", s'est-il énervé. "Ce jour-là, il était en retard et ça lui a sauvé la vie." "Pourquoi vous essayez de l'occulter?", interroge-t-il, convaincu qu'il s'agit d'un "blocage politique". Le révolutionnaire s'appuie notamment sur une interview télévisée de Jacques Chirac du 14 juillet 2001, où l'élu alimente la rumeur. Alors mis en difficulté par le journaliste qui l'interroge sur ces voyages "payés en espèces", le chef de l'Etat répond qu'il le fait "pour des raisons de discrétion et de sécurité". Car, affirme-t-il, il a lui-même "été l'objet d'un attentat dans le Capitole, qu('il n'a) pas pris à la dernière minute".

Et puis, de toute façon, Carlos assure n'avoir pu être l'auteur de l'attentat car ce jour-là, il était en Hongrie, "à des milliers de kilomètres". Pas besoin d'être en France, relève alors Me Francis Szpiner pour les parties civiles car, rappelle-t-il, "vous n'êtes pas accusé d'avoir personnellement mis la main à la pâte, mais d'être l'instigateur de ces attentats". Selon l'accusation, Carlos aurait voulu par cet attentat faire pression sur le gouvernement pour obtenir le libération de sa compagne Magdalena Kopp et de Bruno Bréguet, tous deux membres de son groupe et arrêtés en février 1982 avec des armes et des explosifs. Quelques jours après leur arrestation, un courrier de menaces au ministre de l'Intérieur, Gaston Defferre, réclamait leur libération "dans un délai de trente jours". Les empreintes digitales de Carlos étaient identifiées sur le document. Un mois plus tard, une bombe explosait dans la soute à bagages de la voiture 18 du train express Paris-Toulouse, faisant 5 morts et 28 blessés.

Par Alexandra Guillet le 10 novembre 2011 à 18:46
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