S'il est absent au procès des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris, excusé pour raison de santé, Jacques Chirac n'en est pas moins évoqué dans tous les témoignages de ceux qui se succèdent à la barre. Et les effets de son absence se font déjà cruellement sentir. L'ancien chef d'Etat, jugé pour des embauches réalisées alors qu'il était à la mairie de Paris, aurait pu éclairer le tribunal sur les conditions de ces recrutements. Jacques Chirac n'étant pas là pour répondre, le tribunal n'a obtenu jusqu'à présent que des explications vagues. Quels étaient les critères de ses embauches ? Appelé à la barre au deuxième jour, Michel Roussin, ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris, avait reconnu du bout des lèvres "une mission de gestion des contrats", qui ne l'avait jamais amené à se prononcer sur l'opportunité de telle ou telle création de poste. Même flou mercredi lorsque le tribunal en est venu à se pencher sur l'étrange "cellule corrézienne" de celui qui était alors maire de Paris, dont les titulaires travaillaient en Corrèze, berceau de la famille Chirac.
Procès Chirac : jugement historique attendu
Poursuivi dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris dans les années 1990, Jacques Chirac, premier ex-président à passer en correctionnelle, encourt en théorie jusqu'à 10 ans de prison mais une sanction ferme semble exclue. Le jugement sera rendu dans la journée.
Publié le 15/12/2011
Emplois fictifs : Chirac coupable
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi l'ex-chef de l'Etat à deux ans de prison avec sursis pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt" dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.
Publié le 15/12/2011
Sans Chirac, le procès Chirac entre dans le vif du sujet
Le principal protagoniste du procès étant excusé pour raison de santé, les débats doivent porter dès ce deuxième jour d'audience sur le volet parisien de l'affaire qui concerne 21 emplois présumés fictifs, rémunérés par la mairie de Paris de 1992 à 1995.
Publié le 06/09/2011
Que reproche-t-on au juste à Jacques Chirac ?
L'affaire des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris remonte au début des années 1990, quand Jacques Chirac était maire de Paris. Elle a deux volets : l'un instruit à Nanterre portant sur 7 emplois, un autre à Paris sur 21.
Publié le 05/09/2011
Une pointure de la magistrature pour juger Chirac
Clearstream, Kerviel, Chirac : Dominique Pauthe, qui va devoir juger l'ex-chef de l'Etat est un magistrat rompu aux procès dits "sensibles".
Publié le 01/09/2011
Chirac : l'UMP demande le respect à "un homme qui a beaucoup servi son pays"
<b>Réactions</b> - Plusieurs ténors de la majorité ont réagi, samedi, à l'annonce de l'absence quasi certaine de Jacques Chirac à son procès des emplois présumés fictifs de la ville de Paris, qui s'ouvre lundi, en raison de son incapacité à y participer.
Publié le 03/09/2011
Chirac trop "vulnérable" pour assister à son procès ?
Le procès de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris s'ouvre lundi, mais l'ancien président n'a "plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences", selon ses avocats. L'association Anticor a vivement contesté ce rebondissement.
Publié le 03/09/2011
Procès Chirac sans Chirac : "La justice sans l'humiliation"
Ecoutez l'analyse de François Bachy sur l'absence de Jcques Chirac au procès sur les emplois fictifs de la mairie de Paris.
Publié le 05/09/2011
La tristesse d'Alain Juppé pour Jacques Chirac
Le ministre des Affaires étrangères s'est dit "triste" lundi de voir se dégrader la santé de Jacques Chirac, dont il est très proche.
Publié le 05/09/2011
Jacques Chirac, l'animal politique affaibli par la maladie
PORTRAIT - Premier président de la République française à être condamné en justice, Jacques Chirac, âgé de 79 ans, a été un des grands fauves de la vie politique jusqu'à son départ en 2007 de l'Elysée après 12 ans à la tête du pays.
Publié le 15/12/2011
Le président de la 11e chambre, Dominique Pauthe, a tout d'abord appelé à la barre Jean-Michel Roche, un retraité de 68 ans, qui fut membre de cette fameuse "cellule corrézienne" et était affecté à la permanence du député Jacques Chirac à Ussel. Son emploi fait partie des 21 qui étaient rémunérés par la ville de Paris au début des années 90. Selon l'instruction, Jean-Michel Roche a perçu en cinq ans "un million de francs" (environ 150.000 euros), mais le "coût global" pour la mairie de Paris a été de "1,6 million de francs", a souligné Dominique Pauthe. Jacques Chirac avait expliqué aux enquêteurs que Jean-Michel Roche était le mieux à même de "faire le tri" parmi les demandes adressées par les Corréziens au maire de Paris (places de crèche, emplois, logements etc), a rappelé le président du tribunal.
"Pour moi, vous n'existez pas !"
Jean-Michel Roche a expliqué à la barre que cette période avait constitué "un intermède dans une carrière consacrée au monde agricole et rural". "J'ai pu apporter (à la ville de Paris) ma connaissance de ce milieu", a-t-il dit. "Mon activité était de recevoir les personnes qui s'adressaient à Jacques Chirac", a-t-il ajouté. Il était à l'époque "député, maire de Paris, ex-Premier ministre, ça a toujours été compliqué de faire le distinguo".
Le tribunal a aussi examiné le cas d'Annie Demichel, qui était absente. Pendant plusieurs années, cette fille d'un élu local corrézien a perçu 9000 francs par mois (environ 1400 euros) pour rédiger chez elle des "notes de lecture" pour Jacques Chirac, à partir des "centaines de livres" qu'il recevait. Elle n'a pu produire aux enquêteurs aucune trace de son activité.
"Oui ou non, y avait-il à la mairie de Paris un recrutement préférentiel des Corréziens ?", a demandé Jérôme Karsenti, avocat de l'association anti-corruption Anticor, partie civile, le parquet restant pour sa part muet. "Non !", a assuré l'un des avocats de Jacques Chirac, Me Georges Kiejman, avant d'asséner: "c'est la dernière fois que je vous réponds. Pour moi, vous n'existez pas !". La défense de Jacques Chirac conteste en effet le droit d'Anticor d'être partie civile.
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