Procès Chirac : à quoi servait la "cellule corrézienne" ?

le 08 septembre 2011 à 08h46 , mis à jour le 08 septembre 2011 à 08h50

Dossier : Chirac, le procès

Le tribunal correctionnel de Paris s'est penché mercredi sur les emplois présumés fictifs de la ville de Paris faisant partie de la "cellule corrézienne", dont les titulaires travaillaient en Corrèze, berceau de la famille Chirac.

S'il est absent au procès des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris, excusé pour raison de santé, Jacques Chirac n'en est pas moins évoqué dans tous les témoignages de ceux qui se succèdent à la barre. Et les effets de son absence se font déjà cruellement sentir. L'ancien chef d'Etat, jugé pour des embauches réalisées alors qu'il était à la mairie de Paris, aurait pu éclairer le tribunal sur les conditions de ces recrutements. Jacques Chirac n'étant pas là pour répondre, le tribunal n'a obtenu jusqu'à présent que des explications vagues. Quels étaient les critères de ses embauches ? Appelé à la barre au deuxième jour, Michel Roussin, ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris, avait reconnu du bout des lèvres "une mission de gestion des contrats", qui ne l'avait jamais amené à se prononcer sur l'opportunité de telle ou telle création de poste. Même flou mercredi lorsque le tribunal en est venu à se pencher sur l'étrange "cellule corrézienne" de celui qui était alors maire de Paris, dont les titulaires travaillaient en Corrèze, berceau de la famille Chirac.

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Le président de la 11e chambre, Dominique Pauthe, a tout d'abord appelé à la barre Jean-Michel Roche, un retraité de 68 ans, qui fut membre de cette fameuse "cellule corrézienne" et était affecté à la permanence du député Jacques Chirac à Ussel. Son emploi fait partie des 21 qui étaient rémunérés par la ville de Paris au début des années 90. Selon l'instruction, Jean-Michel Roche a perçu en cinq ans "un million de francs" (environ 150.000 euros), mais le "coût global" pour la mairie de Paris a été de "1,6 million de francs", a souligné Dominique Pauthe. Jacques Chirac avait expliqué aux enquêteurs que Jean-Michel Roche était le mieux à même de "faire le tri" parmi les demandes adressées par les Corréziens au maire de Paris (places de crèche, emplois, logements etc), a rappelé le président du tribunal.

"Pour moi, vous n'existez pas !"

Jean-Michel Roche a expliqué à la barre que cette période avait constitué "un intermède dans une carrière consacrée au monde agricole et rural". "J'ai pu apporter (à la ville de Paris) ma connaissance de ce milieu", a-t-il dit. "Mon activité était de recevoir les personnes qui s'adressaient à Jacques Chirac", a-t-il ajouté. Il était à l'époque "député, maire de Paris, ex-Premier ministre, ça a toujours été compliqué de faire le distinguo".

Le tribunal a aussi examiné le cas d'Annie Demichel, qui était absente. Pendant plusieurs années, cette fille d'un élu local corrézien a perçu 9000 francs par mois (environ 1400 euros) pour rédiger chez elle des "notes de lecture" pour Jacques Chirac, à partir des "centaines de livres" qu'il recevait. Elle n'a pu produire aux enquêteurs aucune trace de son activité.

"Oui ou non, y avait-il à la mairie de Paris un recrutement préférentiel des Corréziens ?", a demandé Jérôme Karsenti, avocat de l'association anti-corruption Anticor, partie civile, le parquet restant pour sa part muet. "Non !", a assuré l'un des avocats de Jacques Chirac, Me Georges Kiejman, avant d'asséner: "c'est la dernière fois que je vous réponds. Pour moi, vous n'existez pas !". La défense de Jacques Chirac conteste en effet le droit d'Anticor d'être partie civile.

le 08 septembre 2011 à 08:46
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3 Commentaires

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  • antoine100889, le 08/09/2011 à 16h40

    Ou bien le votre?

  • tatalof, le 08/09/2011 à 14h16

    Guérini ? Chirac ? Ce ne serait pas du même tonneau ?......

  • look165, le 08/09/2011 à 13h14

    C'est quoi la cellule correzienne ? Le neurone solitaire de Jacques Chirac ou celui de François Hollande ?

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