Procès Chirac : deux anciens directeurs de cabinet sur le gril

le 06 septembre 2011 à 21h41 , mis à jour le 06 septembre 2011 à 21h51

Dossier : Chirac, le procès

Deux anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris ont été entendus mardi lors du procès des emplois fictifs. L'un d'eux, Michel Roussin, a épargné son ancien mentor qui est jugé en son absence.

Jacques ChiracJacques Chirac © REUTERS

Le procès des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris est entré mardi dans le vif du sujet avec les interrogatoires de deux anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, qui se sont décrits comme de simples exécutants. Michel Roussin et Rémy Chardon sont poursuivis comme "complices" dans le volet parisien de l'affaire, qui porte sur 21 emplois rémunérés par la mairie

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Plus d'infos

de Paris de 1992 à 1995.
 
Le tribunal examine une trentaine d'emplois présumés fictifs accordés à l'Hôtel de ville de Paris à des proches de Jacques Chirac, entre 1992 et 1995, quand il était maire. Michel Roussin, ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris, a épargné son ancien mentor au tribunal qui le juge en son absence. Il était le premier prévenu entendu à la barre dans ce procès susceptible d'aboutir à la condamnation de l'ancien chef de l'Etat, accusé de détournement de fonds publics.

La défense s'en prend au parti socialiste
 
Michel Roussin, qui a signé les contrats litigieux de "chargés de mission", a expliqué qu'il ne connaissait pas les personnes embauchées et n'avait aucun pouvoir d'appréciation ni sur l'opportunité des recrutements, ni sur la réalité des tâches effectuées.  "Mon rôle était simple, c'était un rôle d'exécutant, de gestionnaire arithmétique", a-t-il dit. Il a assuré qu'il vérifiait uniquement la faisabilité financière des embauches qu'on lui demandait. Prié de dire qui lui demandait de les réaliser, il a répondu : "l'administration centrale" ou encore "les élus", sans citer le nom de Jacques Chirac. Pressé cependant par le président de dire si l'ancien maire lui avait demandé d'embaucher certaines personnes, il a dit : "Oui, c'était un nombre infime".
 
De son côté, Rémy Chardon, auquel la justice reproche la signature de quatre contrats de chargés de mission de 1993 à 1995, a pour sa part admis avoir reçu une seule fois une consigne orale, provenant "bien sûr" de M. Chirac et concernant l'emploi de François Debré. Ce journaliste et écrivain à la santé fragile et aux ressources irrégulières, qui décrira dans un roman publié en 1998 un parcours de toxicomane, avait estimé pendant l'instruction qu'on avait voulu "faire plaisir à son père", Michel Debré, en l'engageant.
 
La défense de Jacques Chirac est intervenue quant à elle pour demander à Michel Roussin si des contrats de chargés de mission avaient, ou non, bénéficié au groupe socialiste du Conseil de Paris. "Oui. Les différents groupes avaient droit à des emplois", a répondu Michel Roussin.  Me Georges Kiejman, avocat de Jacques Chirac, a assuré à l'audience que cette politique se poursuivait sous la direction de Bertrand Delanoë, l'actuel maire PS.

Photocopie de chèque
    
Lors de cette première journée, le tribunal a par ailleurs demandé à la défense de Jacques Chirac de produire la preuve du remboursement de 500.000 euros qu'il dit avoir fait au titre des emplois présumés fictifs dont il est accusé. Le président du tribunal Dominique Pauthe a rappelé que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait retiré la constitution de partie civile de la Ville en échange d'une promesse de Jacques Chirac de rembourser 500.000 euros, 1,7 million étant à la charge de l'UMP. Puis, il a fait remarquer à Me Jean Veil, qui représente l'ex-chef de l'Etat, qu'il lui avait déjà réclamé en vain lors d'une précédente audience en novembre 2010 de produire la preuve du paiement. L'avocat a expliqué qu'il disposait d'une photocopie d'un chèque bancaire. "Le tribunal souhaite le versement de cette pièce au dossier", a répondu le magistrat.
 
Poursuivi pour "détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêt", Jacques Chirac, 78 ans, encourt jusqu'à dix ans de prison mais des peines fermes ne sont en pratique jamais prononcées pour des faits aussi anciens. Le procès se poursuit mercredi et jusqu'au 23 septembre.

le 06 septembre 2011 à 21:41
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4 Commentaires

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  • henri_bambelle, le 08/09/2011 à 01h51

    Le fait que Chirac et l'UMP aient remboursé la Ville de Paris est un aveu.

  • claude-centre13, le 07/09/2011 à 12h59

    Pour satisfaire quelques anciens ministres intègres ou conseillers vertueux d'un parti suffisant ( P S ) dont les membres sont drapés de la candeur et du lin blanc, du premier secrétaire au maire de Marseille, d'un François à l'autre, d'une maire de Lille à une mer des sarcasmes d'un premier secrétaire par intérim à l'enfant qui vient de naître, d' une Ségolène au petit chaperon rouge et j' en oubli, j' en oubli, j' en oubli!!

  • lentpecheur2, le 07/09/2011 à 12h34

    Comment a-t'il pu écrire le deuxième tome de ses "mémoires" ???

  • chris, le 07/09/2011 à 08h36

    Pour quoi tourmenter cet homme

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